Le trouble semé par le cas de Chantal Sébire, retrouvée morte mercredi, et qui avait demandé l'autorisation de mourir dignement alors qu'elle souffrait d'une tumeur incurable, a incité le gouvernement à demander une évaluation de la loi Leonetti sur la fin de vie.
Tout en saluant cette démarche, les partisans du droit à l'euthanasie active ont relevé que ce même jour en Belgique l'écrivain Hugo Claus, souffrant de la maladie d'Alzheimer, a pu se donner la mort "comme il le souhaitait et quand il le souhaitait", selon les termes de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).
Jean Léonetti, député-maire UMP d'Antibes et rapporteur de la loi votée à l'unanimité en 2005 instaurant un droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active, a été chargé d'une mission d'évaluation pour remédier à "la méconnaissance des textes" et éventuellement à "l'insuffisance de la législation".
La loi de 2005 a fondé le rejet par la justice, lundi, de la demande de Mme Sébire.
Mercredi, son médecin, le Dr Emmanuel Debost, s'est rendu à l'Elysée, à la demande du président de la République, pour déposer son dossier médical auprès du Pr Arnold Munnich, conseiller du Président pour les questions de santé. Selon l'Elysée, le Dr Debost était assisté par le Pr Daniel Brasnu, spécialiste de la maladie dont souffrait Mme Sébire.
Le chef de l'Etat "a indiqué qu'il était particulièrement sensible à la souffrance de Mme Sébire et de sa famille ainsi qu'à l'appel qui lui était lancé", selon un comuniqué de l'Elysée.
Deux membres du gouvernement avaient plaidé mercredi en faveur du recours à l'euthanasie active pour Chantal Sébire. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et médecin, a demandé un exception à la loi, pour lui permettre de ne pas se suicider "dans une espèce de clandestinité dont tout le monde souffrirait, surtout ses proches". Nadine Morano, nommée mardi secrétaire d'Etat à la famille, s'est dite elle aussi favorable à l'euthanasie.
Le député Leonetti a répliqué à Bernard Kouchner en se disant "très irrité par (sa) réponse simpliste". "Il ne peut pas ignorer que la demande de Chantal Sébire, compréhensible sur le plan humain, est irrecevable", a déclaré M. Leonetti au quotidien La Provence. "Je trouve inadmissible que l'on fasse croire à cette personne qu'elle peut obtenir quelque chose qu'elle n’aura pas. Je crois qu'il est préférable de répondre à Chantal Sébire par le dialogue et l'accompagnement afin que l'on trouve avec elle des solutions pour qu'elle parte apaisée", avait-il ajouté.
Le président de l'ADMD, Jean-Luc Romero, a estimé que le cas de Mme Sébire faisait "clairement avancer les choses" mais que c'était "encore bien trop lent". "Il faut aller plus loin" que la loi Léonetti, "en s'inspirant des législations des pays avoisinants", a-t-il souligné.
Si quelques pays européens ont légalisé ou reconnu l'euthanasie, la Suisse est, selon l'ADMD, le seul pays qui accepte d'aider des étrangers, après vérification de leur dossier.
Marie Humbert, qui avait bénéficié d'un non-lieu après avoir aidé avec un médecin son fils tétraplégique à mourir en 2003, en a appelé mercredi à Carla Bruni-Sarkozy pour obtenir un droit à l'euthanasie active, faute de réponse à une demande d'entretien avec Nicolas Sarkozy.














