Au lendemain de son élection, le futur président taiwanais Ma Ying-jeou, partisan du dialogue avec la Chine, s'est dit prêt dimanche à accueillir le dalaï-lama et à envisager le boycott des Jeux olympiques de Pékin en cas d'aggravation de la situation au Tibet.
"S'il souhaite se rendre à Taiwan, le dalaï-lama sera plus que le bienvenu", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Si la situation s'aggrave au Tibet, nous pourrions envisager la possibilité de ne pas envoyer d'athlètes aux Jeux", a poursuivi le président élu.
Evoquant sa participation à des cérémonies en hommage aux victimes de la répression des manifestations démocratiques de la place Tiananmen, en 1989, Ma a fait valoir son "ferme engagement en faveur des droits de l'homme".
"Je déplore effectivement la situation des droits de l'homme en Chine", a-t-il insisté, excluant de revenir sur le refus de Taipeh d'accueillir les porteurs de la flamme olympique.
"La Chine continentale refuse de voir notre drapeau flotter sur le parcours de la flamme et nous ne pouvons l'accepter", a ajouté Ma, qui entamera son mandat le 20 mai.
Le candidat du parti nationaliste (Kuomintang) a remporté une victoire écrasante (58%) face à son adversaire qui avait tenté pendant la campagne d'utiliser à son profit les récentes manifestations au Tibet pour effrayer l'opinion.
Frank Hsieh, du Parti progressiste démocratique au pouvoir, avait déclaré qu'en cas de victoire de Ma, Taiwan risquait de devenir un "second Tibet".
Cette stratégie s'est retournée contre lui. "Le peuple de Taiwan espère la paix de part et d'autre du détroit, il ne veut pas la guerre", a lancé samedi le président élu à ses milliers de partisans réunis pour célébrer son élection.
Ma a toutefois pris garde de signaler qu'un accord de paix avec la Chine ne serait signé que si Pékin retirait ses missiles pointés sur l'île où les nationalistes du Kuomintang ont trouvé refuge après leur défaite contre les communistes en 1949.
La Chine a toujours considéré Taiwan comme partie intégrante de son territoire et n'a jamais renoncé à recourir à la force pour ramener l'île sous son contrôle.













