La Corée du Nord a expulsé mercredi les représentants sud-coréens d'un parc industriel géré conjointement par les deux pays et salué comme un modèle de coopération, en réaction à la position dure affichée par le nouveau gouvernement de Séoul depuis sa prise de fonctions.
L'expulsion, avant l'aube, des onze officiels sud-coréens du parc de Kaseong, situé au nord de la frontière lourdement militarisée entre les deux pays, constitue l'un des gestes les plus agressifs du Nord depuis des années.
"Le gouvernement regrette profondément cette décision du Nord", a déclaré Kim Jo-nyoun, porte-parole du ministère sud-coréen de l'Unification.
Le président Lee Myung-bak a convoqué une réunion d'urgence pour débattre de cette décision. Il est le premier conservateur à la tête du pays après une décennie de dirigeants de centre gauche qui ont dépensé des milliards de dollars d'aide pour essayer de maintenir la stabilité sur la péninsule.
En place depuis moins d'un mois, son gouvernement a appelé la Corée du Nord à améliorer son bilan en matière de droits de l'homme, à rapatrier ses ressortissants détenus par l'Etat communiste et à progresser sur le désarmement nucléaire.
Les autorités de Pyongyang n'ont toujours pas officiellement annoncé l'élection de Lee mais dans une dépêche diffusée récemment, l'agence officielle KCNA citait un responsable estimant que des éléments conservateurs à Séoul bouleversaient les relations avec le Nord en "laissant proliférer des vitupérations malveillantes et des calomnies".
Quelque 23.000 Nord-Coréens travaillent dans la zone industrielle de Kaesong qui abrite, à environ 70 km au nord-ouest de Séoul, quelque 70 usines sud-coréennes.














