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IRAK
Manifestations à Bagdad, combats à Kout
Jeudi 27 mars 2008
Des combats entre miliciens chiites et forces régulières ont gagné Kout (cf carte). Des partisans de Moqtada Sadr manifestent dans la capitale. (Récit : A. Etchverry)
Dossier Irak : cinq ans de guerreJeudi 27 mars 2008
Par AFPAprès les affrontements entre chiites et sunnites de ces dernières années, la violence déchire désormais la communauté chiite. Que pensez-vous de la situation en Irak ? Envoyez-nous vos questions en cliquant sur ‘Réagir’ en bas de la page et regardez le Débat de FRANCE 24 à 19h10 (GMT + 1).
Des combats meurtriers ont gagné la ville de Kout jeudi, alors que miliciens chiites et troupes régulières irakiennes s'affrontaient toujours à Bassorah (sud) où un oléoduc a été saboté.
Plusieurs heures d'accrochages à Kout (170 km au sud-est de Bagdad) ont fait au moins 44 tués parmi les miliciens et les forces de sécurité, selon le chef de la police de cette localité chiite, le général Abdul Hanin Al-Amara.
Ces nouvelles victimes portent à 105 le bilan provisoire et partiel des tués dans les violences qui ont commencé mardi en Irak, selon un décompte de l'AFP. Les affrontements ont également fait des centaines de blessés.
Dans le même temps, des partisans du chef radical chiite Moqtada Sadr, qui commande la puissante milice de l'Armée du Mahdi, ont manifesté à Bagdad pour exiger la démission du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.
M. Maliki s'était dit déterminé à mettre au pas ceux qu'il désigne comme des "hors-la-loi", alors que le mouvement sadriste conteste sa légitimité et exige une plus grande représentation dans les instances de décision du pays.
Le premier ministre supervise lui-même l'opération militaire "Charge des Chevaliers" lancée mardi contre l'Armée du Mahdi à Bassorah, le grand port pétrolier à 550 km au sud de Bagdad, où vivent 1,5 million d'habitants.
Jeudi, des explosions d'obus de mortiers et de roquettes étaient entendues dans le quartier de Joumhouriyah, au milieu de tirs d'armes automatiques, selon un correspondant de l'AFP. Les rues de la ville étaient désertes et les administrations et commerces restaient fermés.
Un oléoduc voisin a été visé par un sabotage qui a affecté les exportations de pétrole du pays, selon Samir Al-Maksoussi, porte-parole de la South Oil Company qui exploite les champs dans cette région. Un incendie a été maîtrisé, et les réparations devraient prendre deux ou trois jours, a-t-il dit.
Les accrochages de Bassorah se sont propagés dans le reste du sud du pays, et dans les quartiers chiites de Bagdad.
A Kout des combats dans la nuit de mercredi à jeudi ont opposé des miliciens chiites et les forces régulières irakiennes appuyées par des unités américaines, selon le général Amara.
"Quarante insurgés ont été tués et 75 ont été blessés, et quatre policiers ont été tués, a-t-il assuré. Les combats ont cessé et la police a pris le contrôle des quartiers où se sont déroulés les affrontements".
Des partisans de Moqtada Sadr ont manifesté jeudi sans incident dans les bastions du mouvement à Bagdad: Sadr City, dans le nord-est de la capitale irakienne, et Kadhimiyah, sur la rive ouest du Tigre.
Le vaste quartier populaire de Sadr City, qui abrite plus de deux millions d'habitants, a été totalement isolé par des barrages des forces de sécurité irakiennes et par des troupes américaines.
"Maliki, tu es un traître ! Maliki est un agent américain ! Maliki, quitte le gouvernement !", a scandé la foule, alors qu'à Kadhimiyah, des manifestants ont porté un cercueil sur lequel était posé un portrait du Premier ministre entouré d'un drapeau américain. Ils ont distribué des tracts exigeant la démission de M. Maliki et la fin des combats.
"Cette manifestation exige la démission du gouvernement Maliki qui a fait la démonstration de son échec", a déclaré à l'AFP Cheikh Ayad al-Kaabi, un responsable sadriste.
Des émissaires du gouvernement irakien et de Moqtada Sadr ont toutefois pris contact jeudi pour tenter d'apaiser les violences, selon Liqa ali-Yassin, député du bloc sadriste au Parlement. Ils doivent se rencontrer à Bassorah.
M. Maliki avait lancé mercredi un ultimatum, donnant 72 heures aux miliciens pour déposer les armes. Moqtada Sadr a réclamé des négociations et a appelé ses partisans à une campagne de protestation nationale contre les "attaques" dont son mouvement est la cible.
