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COLOMBIE - BETANCOURT
Bogota prêt à libérer des FARC, si Betancourt est relâchée
Vendredi 28 mars 2008
"Il suffit qu'Ingrid Betancourt soit immédiatement libérée" pour considérer un accord humanitaire avec les FARC, affirme Bogota. (Récit : E. Allain)
Dossier Ingrid Betancourt otage des FARCVendredi 28 mars 2008
Par Marco Chown Oved / FRANCE 24
C’est une offre sans précédent qui pourrait relancer les négociations de libération des otages en Colombie. Le 25 mars au soir, le président colombien Alvaro Uribe a signé un décret annonçant qu’il serait prêt à relâcher une centaine de combattants FARC actuellement emprisonnés si les guérilleros acceptaient de libérer Ingrid Betancourt.
"Il suffit simplement qu'Ingrid Betancourt soit libérée pour que nous considérions que cet accord humanitaire se réalise. Nous accepterons alors d'appliquer les bénéfices d'une suspension de peine aux membres de la guérilla emprisonnés", a déclaré Luis Carlos Restrepo, Haut commissaire à la paix colombien.
Un virage dans la politique d’Uribe, qui jusqu’ici a toujours refusé de libérer des prisonniers FARC. Une nouvelle d’autant plus surprenante que les négociations entre le gouvernement colombien et le groupe marxiste étaient dans l’impasse depuis la mort début mars de Raùl Reyes, numéro deux des FARC.
Uribe a construit sa carrière politique sur une ligne de conduite très stricte, s’opposant à des négociations avec la guérilla pour une raison très personnelle : le meurtre de son père par les FARC.
"Il a toujours soutenu que l’intervention militaire était la seule solution", explique Gauthier Rybinski, spécialiste en politique internationale à FRANCE 24.
Mais aujourd’hui la situation a changé. Les forces de la guérilla et leur influence se sont affaiblies ces dernières années. Le président colombien peut se permettre cette proposition "parce qu’il sait que parmi les guérilleros emprisonnés, il y en a de plus en plus qui ne veulent plus se battre. Uribe peut se permettre cette offre parce que s’il libère des prisonniers, il n’y a qu’une faible chance pour qu’ils rejoignent à nouveau la guerre", poursuit Gauthier Rybinski.
L’ex-mari d’Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, reste sceptique face à l’annonce du gouvernement colombien et voudrait connaître les détails de l’offre. "Il est nécessaire que le gouvernement colombien, et plus spécialement le Haut commissaire à la paix, soient plus spécifiques quand ils parlent d’accord humanitaire", a-t-il déclaré à FRANCE 24.
La franco-colombienne Ingrid Betancourt est détenue depuis six ans par les rebelles marxistes, kidnappée lors d’un déplacement pendant sa campagne présidentielle de 2002. Sa libération est devenue un véritable enjeu international, les présidents français Nicolas Sarkozy et vénézuélien Hugo Chavez en ont fait une priorité absolue.
Le dossier a fait un bond en 2008 avec la libération unilatérale de six otages par les FARC. Mais certains témoignages d’otages libérés, concernant la détérioration de l’état de santé d’Ingrid Betancourt, ont freiné les élans d’optimisme quant à sa situation. Peu après ces révélations, Bogota annonçait la mort du numéro deux des FARC, Raùl Reyes. Abattu par les forces de l’armée régulière colombienne sur le territoire équatorien, la nouvelle a immédiatement refroidi les rapports entre les deux parties.


