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Economie

Salon de l'E3 : Microsoft, Nintendo et Sony dévoilent leur stratégie

© Sebastian Seibt

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 12/06/2013

Les trois frères ennemis du jeu vidéo ont dévoilé leurs nouveautés à l'E3. L'occasion pour FRANCE 24 de demander aux responsables de Nintendo, Sony et Microsoft quel est leur plan de bataille pour conquérir le cœur des joueurs.

Ils sont venus, ils ont vu, mais lequel a vaincu ? Même si, après les premiers jours du salon de l'E3 à Los Angeles, Sony semble, grâce à sa conférence de presse, avoir déjà pris l'ascendant sur ses concurrents, tous les dès n'ont pas encore été jetés.

Les deux nouvelles consoles, la Xbox One de Microsoft et la PS4 de Sony, n'arriveront pas sur le marché avant la fin de l'année. Les joueurs vont donc devoir encore patienter avant de savoir laquelle de ces plateformes assouvira le mieux leurs désirs vidéoludiques.

En attendant, Nintendo compte bien offrir meilleure fortune à sa Wii U, qui peine, depuis sa sortie en novembre 2012, à trouver son public. Pour ce faire, le constructeur japonais a présenté à l'E3 les déclinaisons de ses plus célèbres franchises ("Pikmin", "Donkey Kong", "Mario Kart" ou encore "Zelda").

Après le bling-bling des annonces de Los Angeles, place maintenant à la guerre de mots entre les trois concurrents en attendant la période cruciale des fêtes de fin d'année. FRANCE 24 a rencontré les responsables des trois constructeurs de consoles pour essayer d'en savoir plus sur leur stratégie de conquête du marché.

Philippe Cardon, directeur de Playstation France, François Dufour, président de Xbox France, et Anne-Marie Baufine-Ducrocq, directrice marketing de Nintendo France, ont précisé leurs plans de bataille.

 

Sony : "Nous voulons donner le choix aux joueurs"

FRANCE 24 : La PS4 sera vendue 350 euros, soit 100 euros de moins que la Xbox One. N'est-ce pas reconnaître que votre offre de divertissement est moins riche ?

Philippe Cardon : Pas du tout, il n'y a qu'à regarder les jeux que nous avons dévoilés pour se rendre compte que notre offre n'a rien à envier à personne. Nos studios développent actuellement 30 jeux exclusifs sur PS4 et 20 d'entre eux seront disponibles dès le lancement.

Notre positionnement prix a été mûrement réfléchi et reflète en partie l'évolution de notre époque. Il y a, aujourd'hui, davantage de personnes qui rencontrent des difficultés économiques et c'est un constat que nous ne pouvions ignorer.

F24 : En prenant le contre-pied de la Xbox One sur deux positions de Microsoft très critiquées par les joueurs – les limitation aux prêts de jeux et l'obligation d'être toujours connecté à Internet – ne craignez-vous pas qu'on vous accuse d'opportunisme ?

P. C. : Je pense que nous avons simplement répondu aux attentes des joueurs. Ce qu'ils veulent c'est qu'on leur donne le choix. Le choix de pouvoir prêter sans contrainte des jeux et celui de ne pas forcément être connecté à Internet pour jouer.

F24 : Mais une PS4 qui n'est pas connectée à Internet, n'est-ce pas simplement une PS3 plus puissante ?

P. C. : C'est, en effet, une manière de voir les choses. Il est clair que la connexion au réseau est au cœur de l'expérience PS4, mais si, pour une raison ou une autre, le joueur ne veut pas ou ne peut pas se connecter, nous n'avons pas à le priver de la faculté de jouer.

 

Microsoft : "Nous aurions pu être plus clairs dès le début"

F24 : Pourquoi Microsoft s'entête ainsi à vouloir obliger les joueurs à être toujours connectés à Internet sur leur Xbox One ?

David Dufour : Il ne s'agit pas d'une connexion permanente. La Xbox One vérifiera une fois par jour si elle est reliée à Internet. L'accès au réseau permet de disposer en permanence des versions à jour des jeux, donne accès aux possibilités de jeux en ligne et aux fonctions sociales et de communication grâce notamment à Skype. Toutes ces options font partie intégrante de l'offre Xbox One.

F24 : Reste que les joueurs ont très mal réagi à cette obligation de connexion, tout comme aux limitations que vous envisagez à la revente ou aux prêts de jeux...

D. F. : Nous aurions pu être plus clairs dès le début. Concernant la revente des jeux achetés, nous ne sommes pas opposés au marché de l'occasion. Les joueurs pourront les revendre qu'ils soient sur support physique (CD) ou dématérialisés (jeux téléchargés) à certains commerçants. Ils pourront également les prêter à des amis.

F24 : Lorsque vous aviez annoncé la sortie de la Xbox One fin mai, Microsoft avait insisté sur ses fonctions multimédia pour toute la famille (télévision, films, Internet, etc.), mais aujourd'hui à l'E3, vous avez davantage mis l'accent sur les jeux. Au final, à qui s'adresse cette console ?

D .F. : Nous voulons que la Xbox One soit la première chose qu'on allume dans le salon. Que ce soit pour les jeux, pour regarder la télévision ou autre chose. C'est vrai que nous sommes à cheval entre deux mondes, celui du jeu et celui du divertissement au sens plus large. Je pense néanmoins que les gens entreront dans l'univers Xbox One d'abord par le biais des jeux vidéo. Mais ensuite, ils découvriront au fur et à mesure la richesse de ce que nous avons à proposer.

 

Nintendo : "Tout le monde aurait aimé voir ces jeux plus tôt"


F24 : Coincé entre la Xbox One et la PS4, n'avez vous pas peur d'être transparent à l'E3 cette année, d'autant que vous n'avez organisé aucune conférence pour annoncer vos nouveautés ?

Anne-Marie Baufine-Ducrocq : Cette année, nous voulions mettre avant tout l'accent sur la prise en main par les joueurs de nos nouveautés. C'est pourquoi nous avons décidé de maximiser l'espace alloué aux bornes de jeux afin que tout le monde puisse avoir une chance de les essayer. Cet E3 est notre réponse à ceux qui ont pu dire que nous manquions de diversité dans notre offre de jeux.

F24 : Vous dévoilez certains de vos jeux les plus importants six mois après la sortie de la Wii U. Comment expliquez vous ce retard ?

A.-M. B.-D. : Tout le monde aurait aimé voir les "Mario Kart", "Donkey Kong" ou encore "Pikmin" dès la sortie de la Wii U. Cela n'a pas été possible car les équipes de développement devaient s'habituer au nouveau matériel et voulaient finaliser au mieux les jeux afin qu'ils soient à la hauteur des attentes.

F24 : Comment expliquez-vous que le gamepad de la Wii U - entre tablette et joystick - ne rencontre pas le même engouement que la Wiimote, la manette de la Wii ?

A.-M. B.-D. : L'utilisation de la Wiimote était intuitive. N'importe qui pouvait comprendre comment s'en servir. C'est l'une des raisons pour laquelle la Wii avait séduit un si large public. Avec le gamepad, les choses sont moins évidentes. Il faut s'habituer à son utilisation et se familiariser avec les possibilités offertes grâce à cette nouvelle manette.

 

 

Première publication : 12/06/2013

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