Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

Massacre de Thiaroye : une histoire toujours controversée, 70 ans après

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Réunion de l'Opep sous haute pression

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Hollande est-il Vert ?"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Tamir Rice, 12 ans, abattu pour avoir joué avec son pistolet factice"

En savoir plus

SUR LE NET

La communauté afro-américaine appelée au boycott du "Black Friday"

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Nouvelle affaire d'enlèvement au Mexique : la mère d'une victime témoigne

En savoir plus

DÉBAT

Faut-il s'inquiéter de la chute du prix du baril ?

En savoir plus

DÉBAT

Sommet de la francophonie : la langue française a-t-elle encore un avenir ?

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

En Israël, les ventes d'armes à feu en forte hausse

En savoir plus

Tous les matins, nous vous proposons un reportage tourné par nos correspondants sur un sujet qui fait l’actualité dans leur pays. Du lundi au vendredi, à 7h45.

FOCUS

FOCUS

Dernière modification : 01/05/2014

Le web pakistanais est en pleine expansion, la censure aussi

© FRANCE 24

Au Pakistan, l'utilisation d'Internet progresse, notamment grâce à la démocratisation du smartphone. Pourtant, des dizaines de milliers de sites restent interdits aux 30 millions d'internautes recensés l'année dernière.

Cet immeuble décrépi est le point de rendez des jeunes de ce quartier populaire de Lahore, où se sont rendus les envoyés spéciaux de FRANCE 24. L’édifice abrite six cafés Internet, où pour moins d'1 euro de l'heure, les étudiants pakistanais tentent de s'ouvrir des fenêtres sur le monde. Cependant, certaines restent désespérément fermées.

Près de 40 000 sites Internet sont inaccessibles au Pakistan dont certains, comme Youtube, figurent parmi les plus emblématiques du web. La plate-forme de partage de vidéos est non grata dans le pays depuis deux ans. La diffusion de "L'innocence des musulmans", un film ouvertement anti-islam avait alors embrasé le pays.

Une régulation à deux vitesses. Car si de nombreux sites sont frappés d’interdiction en raison de contenus pornographiques ou jugés blasphématoires, les portails fondamentalistes prolifèrent sur le web pakistanais et ne semblent poser aucun problème aux autorités. Ils sont, pour la plupart, libres d'accès sur la toile pakistanaise.

"Ces sites de la haine devraient être bloqués aussi. On y a accès tellement facilement", estime un étudiant au micro de FRANCE 24.

Prosélytisme cybernétique

La plupart des mouvements islamistes au Pakistan ont une cellule Internet. Dans les sous-sols de l’une des mosquées appartenant au plus grand parti religieux du pays, la Jamaat-e-Islami tente de séduire les internautes grâce à son propre parc d’ordinateurs.

"Ça, c'est une déclaration de notre chef que je viens tout juste d'uploader. Voila ce qu'elle dit : ‘le principal motif de notre combat, c'est d'établir un califat islamique au Pakistan’", explique l’un des responsables de cette cellule.

Au Pakistan, 100 millions de personnes ont moins de 25 ans. Ils constituent naturellement le cœur de cible de ces campagnes sur le net.

"Dans notre parti, on a un slogan : ‘c'est la jeunesse qui nous mènera sur le chemin de la révolution’. Nous avons une présence politique et idéologique dans ce pays, et la jeunesse est notre cible principale. Les jeunes amèneront le mouvement au premier plan, et ici, on a l'opportunité de s'adresser à eux", précise Shamsuddin Amjad, responsable médias sociaux de la Jamaat-e-Islami

Blocage Massif

Face à cette "islamisation du web" pakistanais, des activistes de Karachi ont décidé de réagir. Ils dénoncent une censure d'État qui frappe sans nuances les réseaux sociaux. C’est aussi le cas de Facebook, qui a été interdit à de nombreuses reprises dans le pays, notamment suite à la diffusion de caricatures du prophète.
 
"Facebook est très important au Pakistan, et il existe un accord [entre le réseau social et le gouvernement]. Si les autorités leur demandent de bloquer une page, ils la bloqueront. Vous verrez beaucoup de pages consacrées aux droits de l'Homme qui sont inaccessibles au Pakistan alors qu'elles ne sont pas blasphématoires, qu'elles n'ont rien à voir avec la nudité", déplore Shahzad Ahmad, responsable Pakistan pour l’ONG Bytes For All, qui fédère les actions de ces activistes.

"Ce sont des pages qui établissent des discussions autour de la laïcité ou qui offrent un discours politique alternatif, et elles sont bloquées", poursuit-il.

Un Facebook garanti sans blasphèmes

Dans un quartier résidentiel de Lahore, au fond d’une ruelle, se trouve le quartier général de ceux qui avaient réclamé l'interdiction du célèbre réseau social. Ils sont avocats, ingénieurs, hommes d'affaires, et ont créé un autre Facebook, le seul Facebook musulman au monde.

Ce réseau social autorisé, baptisé Millat Facebook, présente un habillage proche de celui du réseau duquel il s’inspire. Il revendique plus d'un demi-million de membres et garantit à ses utilisateurs un contenu vierge de tout post blasphématoire contre le prophète.

"Millat Facebook est un réseau social fait par des musulmans mais il est ouvert à tous. C'est juste une question de responsabilité, explique son fondateur Omer Zaheer Meer. Quand vous circulez sur la route, vous ne pouvez pas écraser quelqu'un et dire ma liberté est illimitée. Oui, vous avez une liberté, mais aussi longtemps que vous ne violez pas l'espace de quelqu'un d'autre".

Une liberté particulièrement encadrée et surveillée pour les 30 millions d'internautes pakistanais. Derrière ce "pare-feu" se trouve en fait une agence gouvernementale, l'autorité des télécommunications qui, selon les experts, serait totalement entre les mains de la toute puissante armée pakistanaise.

Par FRANCE 24 , Taha SADDIQUI , Julien FOUCHET

COMMENTAIRE(S)

Les archives

27/11/2014 Seconde Guerre mondiale

Massacre de Thiaroye : une histoire toujours controversée, 70 ans après

Il y a 70 ans, près de Dakar, avait lieu le massacre de Thiaroye. L'armée française avait ouvert le feu contre des tirailleurs sénégalais qui réclamaient le paiement de leur...

En savoir plus

26/11/2014 Ukraine

Ukraine : que reste-t-il de la révolution du Maïdan?

L'Ukraine vient de célébrer le premier anniversaire de la révolte du Maïdan, ce mouvement populaire qui a précipité la chute du régime Ianoukovitch. Que reste-t-il aujourd'hui de...

En savoir plus

25/11/2014 Violences conjugales

Violences conjugales : la France s'attaque à la source du fléau

Mardi marque la journée mondiale contre les violences faites aux femmes. La France, où une femme sur dix est touchée, souhaite s'attaquer à la source du problème. Reportage en...

En savoir plus

24/11/2014 Chômage

Tunisie : l’emploi, un défi pour le futur président

Dimanche, 64,6 % des électeurs tunisiens se sont rendus aux urnes pour élire leur président. Une élection historique, mais sur fond de désillusion et de crise de sociale.

En savoir plus

21/11/2014 Iran

Vidéo : au cœur de la centrale nucléaire de Téhéran

Les autorités iraniennes ont accepté d’ouvrir les portes de la centrale nucléaire de Téhéran à France 24. Une visite censée prouver la transparence du programme nucléaire de la...

En savoir plus