Colombie - Ingrid Betancourt
En attendant Ingrid Betancourt
Wednesday 09 avril 2008
Trois reporters de FRANCE 24, Willy Bracciano, Eve Irvine et Pierre-Ludovic Viollat, sont en Colombie pour suivre les progrès d'une mission humanitaire envoyée au secours Ingrid Betancourt. Lisez leur carnet de route, et posez vos questions.
Wednesday 09 avril 2008
Par Eve Irvine, Willy Bracciano, Pierre-Ludovic Viollat / FRANCE 24Une mission humanitaire française a été envoyée en Colombie pour apporter des soins médicaux à Ingrid Betancourt, otage des FARC depuis six ans. Les rebelles, cependant, n’ont pas autorisé la mission à rencontrer la Franco-Colombienne. Lisez le carnet de route de nos reporters en Colombie. Vous pouvez aussi poser vos questions en cliquant sur "Réagir" en bas de la page.
Mardi 8 avril
On s’est fixé au moins deux missions pour les deux prochaines heures. La première, trouver le prêtre qui raconte toutes les histoires sur El Capricho. La deuxième, trouver où se trouve la mission française.
Le prêtre est injoignable : nous tombons directement sur son répondeur. Direction l’église où nous demandons à ses collègues comment le trouver. On nous répond qu’il se trouve à deux heures de là en voiture, et à huit heures à cheval. Il est parti dans un endroit isolé pour rencontrer des paroissiens. Nous décidons de l’attendre.
Lundi 7 avril
La mission française est toujours à Bogota. Les rumeurs disent qu’elle s’apprête à rentrer à Paris. Nous resterons aussi longtemps qu’elle sera en Colombie.
Nous apprenons que les FARC s’en prennent à une tribu indigène appelée Nukak Maku. Ce groupe vit au cœur de la jungle. Les FARC cherchent à les en chasser. Ils se retrouvent maintenant coincés dans les alentours de San Jose, incapables de chasser et de pêcher comme ils avaient l’habitude de le faire.
Samedi 5 avril
A plusieurs reprises, on nous répète de ne pas pénétrer dans la jungle au-delà de El Capricho, ville entourée d’une présence militaire. On décide de continuer.
On se rend à La Carpa et on décide d’aller à la rencontre des habitants pendant deux heures pour leur parler et découvrir ce qu’ils savent au sujet des FARC et, bien sûr, d’Ingrid Betancourt.
Ce village est encore plus petit que le précédent, seulement 200 âmes y vivent. L’endroit est visiblement pauvre. On nous explique que c’est parce que la plupart des villageois ont arrêté de cultiver la coca, utilisée pour faire de la cocaïne. Le gouvernement leur a supprimé leurs récoltes. Ils sont donc redevenus fermiers. Mais leur salaire a fortement chuté.
Ici, on remarque que les gens parlent plus ouvertement des FARC qu’à El Capricho. Elles sont des clientes régulières des magasins. Mais personne n’a vu Ingrid Betancourt.
Nous nous sommes regardés. Puis on s’est interrogé sur l’information. L’armée disait-elle vrai ou était-ce une manière détournée de nous faire quitter la région ? On décide de ne pas prendre de risque inutile. Nous interrompons notre travail pour nous déplacer dans une autre région. Nous sommes à environ 13 kilomètres d’El Capricho. Ces kilomètres paraissent interminables.
Sur la route, nous croisons un homme debout à côté de sa moto. Il nous fait signe de nous arrêter, tout en regardant dans une autre direction. Cela nous paraît suspect. Deux virages plus loin, on croise un autre homme posté à un croisement avec un talkie-walkie. Nous sommes de plus en plus inquiets. Deux heures plus tard, c’est le soulagement : nous arrivons à un check-point militaire près de San Jose. Nous voici de retour dans les territoires contrôlés par l’armée.
Mercredi 2 avril
En arrivant à Bogota, on se dit qu’il serait plus judicieux de continuer vers le sud, jusqu’à San Jose. La mission française est obligée de passer par cette ville pour rejoindre la région amazonienne dans laquelle Ingrid Betancourt serait détenue. Comme le vol direct est complet, on passe l’après-midi à essayer de trouver une autre solution. On finit par dénicher un petit avion de quatre places, vieux et à la capacité limitée, ce qui ne nous oblige à laisser quelques bagages à Bogota. On arrive à destination, heureusement sans problème.
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A La Carpa, où Ingrid a été vue pour la dernière fois
Reportage de P.L. Viollat, W. Bracciano, envoyés spéciaux FRANCE 24 - 06/04/08
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