EDF/British Energy: le mariage attendra
Le Champagne était au frais, il ne sera pas sorti tout de suite. Alors que le dossier semblait ficelé, EDF et British Energy n'ont pas trouvé d'accord.
EDF/British Energy: le mariage attendra
Par Baptiste Fallevoz
Les fiançailles ne sont pas rompues, mais le mariage est reporté.
Le feuilleton EDF/British Energy a connu jeudi soir un coup de théâtre, avec ce communiqué publié à minuit et demie.
"Après des discussions approfondies, EDF estime que les conditions permettant un développement majeur en Grande-Bretagne ne sont pas réunies à ce jour."
Le dossier semblait pourtant ficelé.
Dans la journée, le conseil d’administration d’EDF avait même approuvé l’offre de rachat (fixée à 12,2 milliards de livres). Visiblement il s’est passé quelque chose qui a fait capoter l’accord au dernier moment.
Il ne fallait pas compter sur le PDG d’EDF Pierre Gadonneix, lundi matin, pour avoir plus de précisions. Celui-ci a quasiment repris mot pour mot le communiqué, mais laisse entendre que les négociations ne sont pas abandonnées.
De son côté, British Energy confirme et annonce que "les discussions se poursuivent".
Le gouvernement britannique, qui possède 35 % du capital de British Energy, est venu apporter des précisions. " Nous [le gouvernement] pensions que c'était une bonne opération, nous étions prêt à accepter l'accord, ce n'était pas la position de tous les actionnaires et le gouvernement n'est qu'un actionnaire minoritaire de cette société cotée en Bourse."
En coulisses, il se murmure effectivement que l’offre d’EDF a été jugée insuffisante par des grands actionnaires de British Energy.
CVR (Contingent Value Right)
Ce matin, le Financial Times explique que le type d’offre émis par EDF a peut-être déstabilisé sa consoeur britannique. La proposition de CVR notamment (700 pences par action plus une somme fixée en fonction de l’activité de British Energy) n’est pas dans la culture britannique.
Notons aussi que face à la flambée des prix de l’énergie, ces actionnaires souhaitent probablement renégocier à la hausse leur précieuses parts dans la société . La question est maintenant de savoir combien de temps dureront ces tractations


