Monday 04 août 2008
Par Tatiana El KhouryA l’invitation du président syrien Bachar al-Assad, le nouveau chef de l'Etat libanais Michel Sleimane effectuera le 13 août sa première visite officielle à Damas. Plusieurs dossiers brûlants seront à l’ordre du jour lors de cette rencontre au sommet : les relations diplomatiques, le processus de paix, l'armement du Hezbollah, la délimitation des frontières, les détenus et disparus en Syrie... Un dossier d’autant plus sensible que les autorités syriennes ont toujours nié détenir au secret des citoyens libanais. En 1998 et 2000, 169 Libanais, dont certains étaient considérés comme mort par Beyrouth, ont été libérés.
Si le dossier des détenus est susceptible de connaître une heureuse issue - comme l’a annoncé, en juillet dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid el-Moallem en visite à Beyrouth -, celui des disparus risque de rester sans réponse. Plusieurs milliers de personnes portées disparues durant la guerre du Liban entre 1975 et 1990 seraient enterrées dans les nombreux charniers qui jonchent le sol libanais. Les responsables de ces charniers sont les deux armées syrienne et israélienne ainsi que les milices libanaises et palestiniennes qui ont pris part à la guerre civile. Selon Ghazi Aad, président de l’association Soutien aux Libanais en détention et en exil (Solide), "il y aurait des charniers à proximité des anciens bâtiments des services de renseignement syriens au Liban. De nombreux témoins résidant dans leur voisinage signalent la présence de fosses communes."
Des charniers par centaines
Depuis 2005, trois fosses communes exhumées ont été attribuées par les familles des disparus à l’armée syrienne qui a occupé le Liban entre 1976 et 2005. L’emplacement du premier charnier est très symbolique : l’enceinte du ministère libanais de la Défense à Yarzé, dans la banlieue est de Beyrouth. Les ossements de 13 soldats libanais fusillés le 13 octobre 1990, durant l’invasion syrienne des régions contrôlées par le général Michel Aoun, y ont été exhumés en novembre 2005. Les ossements sont identifiés conformément aux protocoles internationaux et, en matière d’exhumation, "toutes les normes scientifiques sont respectées", affirme Marie Daunay, présidente du Centre libanais des droits humains (CLDH), une organisation très impliquée dans ce dossier avec plusieurs comités de familles de disparus.
Mais les fosses communes suivantes ne bénéficient pas de la même attention. La volonté politique du gouvernement libanais qui voulait mettre à mal Damas après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005, s’essouffle un mois plus tard lorsqu’il s’agit d’exhumer des ossements à Anjar dans la plaine de la Békaa. Des ossements appartenant à une trentaine de personnes seront exhumés à proximité d’un ancien bâtiment des services de renseignement syriens. Wadad Halwani, présidente du Comité des parents des personnes enlevées et disparues au Liban (CPPED), s’insurge contre la façon avec laquelle a été traité ce dossier : "L’emplacement d’un charnier s’apparente à une scène de crime. Or celle de Anjar a été piétinée par des dizaines de personnes et de journalistes."
Des exhumations d’une autre époque
L’enquête rendue publique en juin 2006 conclut que les restes découverts à Anjar remontent à 350 ans. Marie Daunay, du CLDH, rétorque à ce sujet que "les ossements analysés par le légiste remontent effectivement à cette période mais on n’a pas la certitude qu’ils aient été prélevés sur le site exact. Une mosquée est d’ailleurs située non loin de l’emplacement du charnier : il est donc possible d’y trouver des restes anciens. Mais le maire d'Anjar affirme avoir personnellement recouvert de terre, il y a plusieurs années, des cadavres pour éviter la propagation de maladies", s’empresse toutefois d’ajouter Marie Daunay. Pour le président de Solide, Ghazi Aad, le dossier d'Anjar "a été ouvert pour des raisons politiques puis clos pour des raisons politiques, car exhumer un charnier risque d'ouvrir la voie à beaucoup d’autres - ce qui n’est pas du goût de certains responsables libanais."
Le 27 juillet dernier, le président libanais déclarait vouloir commencer une nouvelle page "brillante" dans les relations libano-syriennes. Comme le rappelle cependant Ghassan Moukhayber, député du Bloc du changement et de la réforme du général Michel Aoun et membre de la commission des droits de l’Homme au Parlement libanais, "il ne peut y avoir de paix véritable que si justice est rendue et la justice ne peut être établie qu’à condition de révéler toute la vérité". L’ouverture de tous les charniers et la reconnaissance des responsabilités est un passage difficile mais obligé sur le chemin de la réconciliation. Et dans cet exercice de mea culpa collectif, les responsables syriens ne seront pas seuls…
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin



15/08/2008 21:43:29 Signaler un abus
Du berger à la bergère
Par Laurent Szyster - Belgique
"On a mentionné toutes les parties auxquelles ont été attribuées des fosses communes pour bien mettre en contexte les accusations contre les Syriens."
Il y a une expression pour ce genre de réthorique, on appelle cela "noyer le poisson".
"Il n’était donc pas question de s’étaler sur les autres responsabilités. Ces responsabilités mériteraient certes d’être évoquées en profondeur et nous ne manquerons pas de le faire ultérieurement."
On dit aussi que "demain on rase gratis".
Je m'attendais à des sophismes moins dilatoires pour défendre ces propos diffamatoires:
"Les responsables de ces charniers sont les deux armées syrienne et israélienne ainsi que les milices libanaises et palestiniennes qui ont pris part à la guerre civile."
Quand il vous chantera d'évoquer "en profondeur" les fosses communes attribuée à l'armée israélienne et aux milices libanaises, s'il vous plait, n'oubliez pas de me prévenir car je suis d'un naturel curieux et je serais enchanté d'apprendre comment sont attribués les charniers de la guerre civile au Liban.
14/08/2008 23:13:23 Signaler un abus
"Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ..."
Par ABI KHALIL Samer - Angers/France
En réponse à Mr Laurent Szyster (Belgique)
1- En réponse à la phrase: "...Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ..."
Tes yeux qui voient ces cadavres enterrés sont-ils également entrain de mentir?
Oublie tous les conflits politiques et analyse cette réalité (charnier) comme fait, est-il acceptable?
Les faits de la vie courante ne peuvent être conçus comme formules mathématiques, mais doivent être vévus pour pouvoir les analyser, il est primordial en conséquence de vivre la peine et la souffrance qu'a connu le peuple libanais durant les années de geurre avant de critiquer les actualités de ce pays.
Le monde a essayé de corriger la faute commise envers les Juifs durant la deuxième guerre mondiale en créant l'état d'Israel au dépens du peuple palestinien (émigration du peuple palestinien), puis a essayé de corriger la faute commise envers les palestiniens en les réfugiant au Liban au dépens du peuple libanais (guerre civile au Liban). Ces faits chronologiques ont abouti à la création des résistants libanais que tu qualifie de "fameux", c'est sans doute ça.
2- En réponse à la phrase: "On pourrait - horreur suprême - en venir à penser qu'au Moyen-Orient le problème n'est pas Israel, "ce pelé, ce galeux dont venait tout le mal" ...
Un état qui bombarde un camp des Nations Unies "United Nations" en 1996 où se réfugient des civils et récoltent 104 morts sur 10 minutes de bombardements pour mettre de la pression sur le Liban mérite d'être appelé "Pelé" et "Galeux".
14/08/2008 22:47:08 Signaler un abus
Les charniers, page noire des relations syro-libanaises
Par ABI KHALIL Samer - France/Angers
"...les responsables syriens ne seront pas seuls...": une réalité à ne pas méconnaître.
Je voudrais également ajouter qu'il serait impératif de savoir que ce sujet constitue une grande peine pour des gens, pères, mères, frères, fils... qui souffrent chaque fois qu'ils passent devant ces charniers sur 18 ans.
L'actualité libanaise est comme un jeu, et chacun qui y participe aura sa part qu'il mérite du jeu (attentat, prison, retour...)
14/08/2008 15:20:24 Signaler un abus
Bourrage de crâne habituel
Par Henri -
France24 n'est pas une TV sérieuse qui respecte ses auditeurs, mais une machine destinée à laver les cerveaux. Ca c'est quand même clair même pour un aveugle. Démagogie, manipulation sémantique, images censurées , voila de quoi est fait l'ordinaire. Entre Al Jazeera et France24, il n' y a pas une grande différence.
14/08/2008 09:08:25 Signaler un abus
Réponse de FRANCE 24 à M. Szyster
Par FRANCE 24 - Paris
Le sujet de notre article concerne les fosses communes attribuées par les familles libanaises de disparus à l’armée syrienne durant son occupation du Liban. On a mentionné toutes les parties auxquelles ont été attribuées des fosses communes pour bien mettre en contexte les accusations contre les Syriens. Il n’était donc pas question de s’étaler sur les autres responsabilités. Ces responsabilités mériteraient certes d’être évoquées en profondeur et nous ne manquerons pas de le faire ultérieurement.
Merci d'avoir réagi sur www.France24.com.
FRANCE 24
11/08/2008 22:46:03 Signaler un abus
Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ...
Par Laurent Szyster - Belgique
Tatiana El Khoury croit bon d'affirmer que "Les responsables de ces charniers sont les deux armées syrienne et israélienne ainsi que les milices libanaises et palestiniennes qui ont pris part à la guerre civile". Elle illustre ensuite ses graves accusations à l'égard de la soldatesque syrienne ... mais elle évite soigneusement de citer des faits précis concernant l'armée israélienne ou les milices arabes.
Pas pour les mêmes raisons, on s'en doute.
D'une part on n'aime pas trop chez les journalistes de révérence faire le rappel de ce que sont réellement ces fameux "résistants" libanais et autres "libérateurs" palestiniens. D'autre part on peut - il faut? - accuser Israel de tout et n'importe quoi sans le moindre début de preuve, c'est une sorte de tradition.
Car enfin, il ne faudrait surtout pas donner l'impression que les Arabes n'ont nul besoin de Juifs pour se faire les guerres les plus abominables. On pourrait - horreur suprême - en venir à penser qu'au Moyen-Orient le problème n'est pas Israel, "ce pelé, ce galeux dont venait tout le mal" ...