Le PDG de TNK-BP écarté du pouvoir
La justice russe a statué : le PDG du groupe russo-britannique TNK-BP, Robert Dudley, ne pourra plus exercer ses fonctions pendant deux ans. Une décision qui intervient après bien des déboires entre les deux partenaires.
Le PDG de TNK-BP écarté du pouvoir
Par Céline Bruneau
Le groupe TNK-BP est détenu à parts égales par BP et trois milliardaires russes. Mais depuis des mois, le torchon brûle entre les actionnaires britanniques et russes.
TNK-BP est le troisième groupe pétrolier de Russie. Pour BP, cette collaboration est capitale puisque 25 % de ses réserves de pétrole proviennent de Russie.
L'affaire devient publique en mai dernier quand les actionnaires russes portent plainte contre BP. D'après eux, le PDG Robert Dudley aurait favorisé les intérêts de BP au sein du groupe, en privilégiant l'emploi de travailleurs britanniques au détriment de Russes.
La justice russe lance une enquête et à plusieurs reprises Robert Dudley est interrogé.
En parallèle, les pressions augmentent sur le personnel britannique du groupe. Les employés ont du mal à faire renouveler leurs visas. Finalement, en juillet dernier, c'est le visa de Robert Dudley qui n'est pas renouvelé. Il doit quitter la Russie. Depuis, il dirige le groupe dans un endroit gardé secret au Royaume-Uni.
Jeudi, la justice russe est allée plus loin, en le suspendant de ses fonctions pour deux ans. BP devrait faire appel de cette décision dans les 10 jours qui viennent.
La rumeur court que les accusations contre BP et son PDG ne tiennent pas la route et que les actionnaires russes voudraient bien remplacer le groupe britannique par une entreprise russe, comme Gazprom.
Le président Dimitri Medvedev, ancien PDG de Gazprom dément vigoureusement.
Mais cette affaire rappelle en tout cas l'histoire de Ioukos, autre géant pétrolier dont le PDG Mikhaïl Khodorkovski est détenu en Sibérie depuis 2006.


