La Géorgie : une situation géopolitique stratégique
Depuis le début de la crise entre la Russie et la Géorgie, les pays d'Europe occidentale ainsi que les États-Unis sont inquiets des répercussions sur le prix du pétrole. La Géorgie tient une position stratégique.
La Géorgie : une situation géopolitique stratégique
Par Céline Bruneau
La Géorgie ne possède pas de ressources en pétrole et en gaz. En revanche, elle a une position clé dans la région. D'un côté, elle est bordée par la mer Méditerranée, de l'autre par l'Azerbaïdjan et donc la mer Caspienne.
La région est au 3e rang des réserves mondiales en or noir, ce qui intéresse considérablement l'Europe occidentale et les Etats-unis.
Ces pays sont très dépendants de l'importation de gaz et de pétrole en provenance de Russie. Le plus grand fournisseur de gaz du monde : 30 à 40 % des réserves mondiales de gaz sont situées sur son territoire.
La Russie toute puissante a donc les moyens de fixer les prix. D'où le mécontentement de ses clients ultra dépendants vis-à-vis de Moscou.
Pour mettre fin à cette hégémonie, les pays occidentaux ont trouvé une parade : exploiter les ressources de la mer Caspienne sans les faire transiter par la Russie.
Dans cette opération, les Occidentaux ont beaucoup gagné avec l'arrivée au pouvoir du président pro-occidental Saakachvili en Géorgie.
Depuis son arrivée en 2004, deux pipelines ont été mis en fonctionnement dont le fameux BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) qui relie l'Azerbaïdjan à la Turquie via la Géorgie. Deux infrastructures qui permettent d'éviter la Russie. Le BTC, inauguré en 2006, pourra à terme transporter un million de barils par jour.
Un pipeline que Moscou ne voit pas d'un bon œil car ces 2 600 km de tuyaux lui font perdre de l'influence.
Comme pour le pétrole, le gaz peut aussi venir de la mer Caspienne et de sa région. L'Europe et les Etats-unis comptent sur le projet Nabucco pour l'exporter : 3 000 km pour relier la mer Caspienne à la Méditerranée.
Evidemment, Moscou cherche à tout prix à empêcher la réalisation du gazoduc qui ferait de l'ombre à son géant gazier, Gazprom.


