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Dernière modification : 04/03/2016

"Les choses vont dans le bon sens", assure l’émissaire de l’ONU en Syrie

© Capture d'écran France 24

À une semaine de nouveaux pourparlers de paix en Syrie, l'émissaire spécial de l’ONU, Staffan de Mistura a estimé que "quelque chose [était] en train de bouger dans la bonne direction", dans un entretien accordé à France 24.

 

En Syrie, "quelque chose est en train de bouger dans la bonne direction". Depuis Genève, l'émissaire des Nations unies en Syrie, Staffan de Mistura, s’est montré relativement optimiste au sujet du cessez-le-feu instauré en Syrie, au micro de France 24, vendredi 4 mars. La mortalité a chuté dans la zone concernée depuis la cessation des hostilités, a-t-il souligné, en rappelant le chiffre moyen des décès quotidiens avant le cessez-le-feu s’élevant à 120 morts. "Il faut reconnaître que les choses vont dans la bonne direction" a-t-il déclaré. Le diplomate a cependant déploré les deux raids aériens au cours desquels au moins une personne a été tuée, qui sont venus troubler la trêve vendredi.

Saluant la réussite de l’acheminement de l’aide humanitaire en direction de plusieurs villes syriennes, il s’est dit globalement satisfait par le respect cessez-le feu instauré il y a une semaine. La crise migratoire, l’intervention militaire russe et les attaques internationales de l’organisation de l’État islamique ont été des "déclencheurs" qui ont contribué à changer la donne en créant une dynamique, a expliqué l’émissaire de l’ONU pour la Syrie.

"Auparavant le Conseil de sécurité était bloqué et totalement divisé", a-t-il expliqué. Après des mois de dissension, le Conseil de sécurité a réussi à se mettre d’accord le 26 février pour voter à l'unanimité une résolution qui entérine l'accord américano-russe de cessation des hostilités en Syrie. Russes et Américains sont les garants de ce cessez-le feu, a estimé Staffan de Mistura lors de son entretien avec France 24. "Ils essaient de contenir les incidents afin qu’ils ne soient pas épidémiques", a salué l’émissaire des Nations-Unis qui a expliqué que pour la Russie, "entrer dans le conflit était bien plus facile que d’en sortir", à l’image de ce qu’ont vécut les États-Unis en Irak et en Afghanistan.

Aide humanitaire préalable aux pourparlers

Pour Staffan de Mistura, l’acheminement de l’aide humanitaire représente un pas de plus vers les négociations. Revenant sur l’annulation des pourparlers en février, l’émissaire de l’ONU a expliqué qu’il avait préféré suspendre les discussions car à l’époque "l’atmosphère ne menaient pas à des négociations crédibles, à cause de l’accélération des opérations militaires et le manque d’aide humanitaire". Il a salué le chemin parcouru depuis, avec l’acheminement de 242 convois qui ont pu arriver dans sept zones sous siège, durant les 10 derniers jours. "Nous planifions maintenant des largages aériens pour pouvoir aider encore plus de 200 000 personnes. Cela n’est pas suffisant, mais il y a un mouvement", a déclaré Staffan de Mistura.

L'ONU avait annoncé dimanche qu'elle porterait assistance dans les cinq prochains jours à 154 000 personnes dans des localités syriennes assiégées par des belligérants. Lundi, les équipes onusiennes avaient effectué une première livraison d'aide humanitaire en Syrie depuis l'instauration de la trêve et l’ONU se préparait vendredi délivrer de la "nourriture et des médicaments" pour 20 000 personnes à Kafar Batna, une ville tenue par les rebelles syriens à l'est de Damas.

De nouveaux pourparlers de paix sont prévus pour le 9 mars avec un format de négociations indirectes qui laisse la possibilité à certaines parties prenantes de se joindre aux discussions à une date ultérieure.

Avec AFP

 

Par FRANCE 24

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