24 avril 2008 - 21H53
- Grèves - Royaume-Uni

Importante grève du service public britannique
Quelque 400.000 employés du service public, enseignants en tête, ont participé au plus important mouvement de grève Outre-Manche depuis 1997, afin de protester contre leurs conditions salariales.

Des milliers d'écoles britanniques ont été affectées jeudi par la grève menée par quelque 300.000 enseignants réclamant des augmentations de salaires, dans le cadre d'une journée de mobilisation du service public sans précédent depuis plus de dix ans.
  
Des centres de recherche d'emploi, d'immigration ou d'apprentissage de la conduite, des agences de garde-côtes et divers organismes gouvernementaux ont également été frappés par ce mouvement, qui a mobilisé environ 400.000 personnes au total.
  
Quelque 9.500 écoles d'Angleterre et du Pays de Galles, soit un tiers des établissements, ont été partiellement ou totalement fermées. Environ 2,9 millions d'élèves étaient concernés.
  
Il s'agit de la première grève des membres du l'Union nationale des enseignants (NUT) depuis 21 ans en Angleterre et au Pays de Galles.
  
Plus d'une cinquantaine de manifestations se sont tenues tout au long de la journée à travers le pays. Près de 6.000 enseignants et autres employés du service public ont ainsi défilé dans le quartier de Westminster à Londres, selon la police.
  
Les grévistes protestent contre des hausses salariales inférieures à l'inflation. A Londres, ils brandissaient des pancartes traitant le Premier ministre Gordon Brown de "clown" et l'accusant de vouloir "couler" le système éducatif.
  
M. Brown a qualifié la grève de "regrettable et injustifiable" et estimé qu'elle avait été convoquée à l'appel d'une "minorité".
  
Christine Blower, secrétaire-générale adjoint du NUT a rétorqué que la grève était une action de "dernier recours", après plusieurs années de hausses salariales inférieures à l'inflation.
  
Dans un accord triennal, le gouvernement propose une augmentation salariale annuelle de 2,45% à partir de septembre puis de 2,3% les années suivantes.
  
Le salaire des enseignants a "progressé de 19% en termes réels depuis 1997, je pense que c'est élevé. En même temps, 37.000 enseignants supplémentaires ont été recrutés et (ils évoluent) dans un meilleur environnement grâce au programme de construction en cours", a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat à la Scolarité Jim Knight sur la radio BBC4.
  
"C'est une hausse des conditions de vie. Les enseignants travaillent bien et nous les récompensons", a-t-il ajouté.
  
Ce mouvement social intervient au moment où le parti travailliste est au plus bas dans les sondages. Mercredi, M. Brown et son ministre des Finances Alistair Darling avaient dû annoncer en urgence des compensations à une mesure fiscale contestée pour désamorcer une fronde de députés travaillistes, qui menaçaient de mettre le gouvernement en minorité lors d'un vote aux Communes sur le budget lundi prochain.
  
Au rassemblement londonien, le secrétaire général de la confédération syndicale Trades Union Congress (TUC), Brendan Barber, a prévenu que proposer des hausses salariales inférieures à l'inflation n'était "tout simplement pas suffisant" pour un gouvernement travailliste.
  
"Nous avons besoin d'un changement de direction fondamental. Si le gouvernement continue d'utiliser le secteur public comme un terrain de football politique, je suis convaincu qu'il en paiera le prix aux élections législatives" prévues en 2009 ou 2010, a-t-il mis en garde.
  
Selon la Chambre de commerce britannique, le mouvement social de jeudi devrait coûter jusqu'à 68 millions de livres (85 millions d'euros) aux entreprises en heures de travail perdues.
  
Le NUT n'a pas exclu la poursuite du mouvement dans les prochaines semaines, alors que les examens pour le GCSE, l'équivalent du Brevet des collèges, doivent débuter en mai.

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