Lisez le commentaire de Gauthier Rybinski, spécialiste en politique internationale à FRANCE 24.
Lisez également, plus bas, l'interview de l'historien Benjamin Stora.
Pour la première fois, l’ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, a qualifié "d’épouvantables massacres" les évènements du 8 mai 1945, commis par l’armée française dans trois villes situées à l’est de l’Algérie (Sétif, Guelma et Kherrata).
"Le 8 mai 1945, alors que les Algériens fêtaient dans tout le pays, au côté des Européens, la victoire sur le nazisme, à laquelle ils avaient pris une large part, d'épouvantables massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata", a rappelé l’ambassadeur, qui s'exprimait devant les étudiants de l'Université du 8 mai 1945, à Guelma.
"Le temps de la dénégation est terminé"
"Aussi durs que soient les faits, la France n'entend pas, n'entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé", a-t-il assuré. Il a souligné "la très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière [qui a fait] des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes".
Selon les historiens algériens, les exactions commises par l’armée françaises auraient causé la mort de près de 45 000 personnes. Côté français, les chiffres oscillent entre 1 500 et 8 000 morts.
Elles ont été perpétrées au moment où la population civile sortait dans les rues pour célébrer la victoire des Alliés contre le nazisme et revendiquer l’indépendance. En réponse, l’armée de l’époque a tiré à bout portant sur les manifestants.
Bernard Bajolet, qui a déposé une gerbe de fleurs dans la ville de Guelma ou sont enterrées les victimes, a indiqué qu’on "ne peut pas oublier la terrible tragédie qui a ensanglanté votre ville [Guelma, ndlr] et toute la région il y a maintenant 63 ans". Son prédécesseur, Hubert Colin de Verdière, avait qualifié la répression, en 2005, de "tragédie inexcusable".
Un contexte politique particulier
La déclaration de Bernard Bajolet intervient cinq mois après un discours du président Nicolas Sarkozy à l'Université de Constantine, où il avait évoqué "les fautes et les crimes du passé" colonial français en Algérie, qualifiés d'"impardonnables", et à quelques mois du congrès sur l’Union pour la Méditerrannée, à Marseille.
L’ambassadeur de France en Algérie a invité par ailleurs les deux parties à tourner la page pour le bien des deux peuples, sans toutefois oublier le passé : "Rien de positif pour l’avenir des deux pays ne sera bâti sur la rancœur et l’amertume car il est plus facile de réveiller les douleurs que de les calmer." Et le diplomate français de rappeler "que plusieurs dizaines de civils européens ont été également assassinés au cours de ces affrontements."
La question de la "repentance" de la France sur les "crimes" commis par la colonisation en Algérie (1830-1962) empoisonne les relations entre les deux pays depuis 2005. Elle a empêché la signature d'un traité d'amitié voulu par les présidents Chirac et Bouteflika, et auquel Nicolas Sarkozy a renoncé.
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TROIS QUESTIONS : Benjamin Stora, professeur d’histoire du Maghreb à l’Inalco.
Comment analysez-vous les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie sur les massacres de 8 mai 1945 ?
Benjamin Stora : C’est une marque de reconnaissance de ce qui s’est passé durant la colonisation. On a déjà commencé à en parler durant l’été 2005, lorsque l’ancien ambassadeur avait qualifié ces évènements de "tragédie inexcusable". Mais cette fois-ci, on parle de "massacres". On passe donc d’un constat de tragédie à une qualification des faits. On n’est pas encore dans une logique de politique d’excuse, mais dans le stade de reconnaissance.
B. S. : Cela fait partie d’une suite. Il y a eu les propos tenus par l’ambassadeur Colin de Verdière en 2005, puis le discours du président français Nicolas Sarkozy à Constantine le 5 décembre 2007, et celui de Guelma. Depuis 2005, il y a une graduation dans les déclarations qui contredisent le discours de l’anti-repentance qui s’était développé en France ces dernières années.
Mais ne pensez-vous pas que les régimes successifs algériens ont eux aussi exploité politiquement cette date pour se maintenir au pouvoir ?
B. S. : Oui, l’histoire a toujours été instrumentalisée par le pouvoir politique algérien. Mais en même temps, elle est aussi importante pour la société algérienne. Les évènements de 8 mai 1945 font partie aussi de l’identité nationale des Algériens. Il est donc évident qu’il y a instrumentalisation, mais il existe aussi un fort nationalisme au sein de la société algérienne.














Commentaires
reconnaissance bis
Reconnaissance de quoi?Des massacres et exactions commis par l'armée française en Algérie, ça te va?
La France a peine libérée des Allemands massacrent 45000 personnes, tu trouves ça normal toi, on est quitte de rien du tout , c'est pas une comptabilité.Vous avez jamais été capable de gagner une seule guerre depuis Napoléon mais par contre pour massacrer, coloniser, exploiter dans le tiers monde vous êtes les meilleurs...
reconnaissance ?
reconnaissance de quoi ?"la valise ou le cercueil"ça te dit quelque chose ?pour moi on peut dire qu'on quitte !ce serait que certains franco-algériens s'en souviennent un peu!on ne va pas culpabiliser pendant des siècles !pourquoi ne pas passer son temps à ressasser toutes les erreurs commises;ils ont voulu leur indèpendance ,ils l' ont eu eh!bien qu'ils en profitent et chacun chez soi après tout!....
c'est la faute des algériens maintenant
C'est quoi ce raisonnement absurde?Si des algériens sont morts c'était pour leur indépendance et leur dignité; ils n'ont pas demandé à être colonisés ni traités d'indigènes.Si on doit être pendu ou jeté à la Seine dès qu'on manifeste, elle est belle ta patrie des Droits de l'Homme, au lieu de faire profil bas maintenant ce serait la faute des Algériens???Ils n'ont pas demandé à ce que le contingent arrive en Algérie, des miliaires français ont été tué, ben oui c'était des militaires et c'était la guerre.Tant que y aura pas une vraie reconnaissance de la souffrance algérienne, les relations resteront tendues.
honte à toi France
En fait, la puissance et l'arrogance du passé de cette France s'est batie sur cette colonisation outrancière et meurtrière,A tout prendre je préfèrerai vivre dans un pays moins puissant que d'avoir ce passé de boucher qui se permet aujourd'hui de dire qu'il fait de la haute couture en matière de droit de l'homme.J'aurai désormais une pensée forte et émue tout les 8 mai, car pour moi ce sera la célébration de la tristesse et de la bétise humaine.Repartir sur de nouvelles bases, oui,car il n'y a pas d'autres solutions, mais la haine de l'autre est toujours en veille active, dans tous les camps donc...
TOUJOURS DES RANCOEURS
Si des algériens ont eu des problèmes en france c'est parce qu'ils manifestaient contre la france !nos soldats qui se sont faits tués en algerie n'avaient pas demandé à y aller et pourtant cela parait normal aux yeux des algériens ,merci pour les amitiés franco-algériennes et ça continuera longtemps comme ça hélas pour nos enfants qui n'ont pas fini d'etre obligés de payer nos faiblesses ....
une honte française
C'est quand même moche de la part d'un pays qui invoque sans cesse les Droits de l' Homme, dire que le 17 octobre 1961, on jettait des Algériens dans la Seine ou que l' on en pendait aux feux rouges en plein Paris.
Une Honte toujours passée sous silence par contre le Tibet, le Darfour, la Shoa, les Arméniens,etc...
La mémoire d' un algérien aurait-elle moins de valeur?
remarque stupide
Déjà, les Algériens n'ont pas été victimes d'un génocide à l' image des Arméniens, ensuite leur présence en France date du début du siècle, l'Algérie était un département français il est normal que les liens existent avant et après l'indépendance avec une immigration économique.
Curieuse ta logique, si on suit ton raisonnenment idiot , on pourrait taxer les français de "masos" de parler avec les Allemands qui les ont vaincu et occupé pendant la guerre en commettant exactions et rafles ( Vel d'Hiv, Vercors, Oradour etc...).Interroges toi pluôt sur le silence des médias en France sur ce douloureux épisode algérien.
Ne pas confondre
Qui dit massacre ne dit pas génocide, lors de ces épisodes tragiques entre la France et l'Algérie les 2 côtés ont massacré.
massacres en algérie
les algériens sont vraiment masos !venir vivre dans un pays dont les habitants ont massacrés leurs familles !c'est tout simplement bizarre ,les arméniens n'ont pas envie de retourner vivre en turkie!!!!!
On aurait fait ça ???
Nous, Français, les meilleurs du monde comme chacun sait, fondateurs de la Déclaration des droits de l'homme de 1789, on aurait fait ça 2 siècles après ?
Nous les donneurs de leçons à la Chine qui émerge à peine du moyen âge, on aurait fait ça il y a si peu de temps ?
Si j'en crois ce qu'on me dit, la gendarmerie française aurait organisé la rafle du vel d'Hiv ?
Mais alors, de quel droit sommes nous arrogants, sommes nous les roquets du monde ?
Honte à nous, méa culpa pour nos ainés, mais il y a fort à parier qu'on n'aurait pas fait mieux.
Il nous faut les massacres inventés
Tandis que le massacre commis est une réalité indiscutable, la France parle d'un "génocide arménien" non-prouvé. Quelle belle logique !!!
arrogance
Tant que l'arrogance de l'occidental est présente et en particulier chez l'actuel président français, aucune écriture de l'histoire à deux comme proposée ne pourra se faire.
Il y a aussi cette haine de l'Algérie portée et réanimée en permanence par la concentration des pieds noirs du sud de la France.
mais que représente les massacres du 8 mai 45 devant les ravages causés par la négation totale de la personnalité algérienne durant la période coloniale et qui à présent est cause du désarroi dans lequel se débat la société algérienne.
Quant au traité d'amitié ,un document politique,sans aucune valeur pour l'un ou l'autre des deux peuples , une amitié entre européens existe certes , avec mon pays et ceux du sud cette amitié suivra la courbe de la balance commerciale sans plus.
Enfin!
Massacrer 45 000 civils qui manifestent pacifiquement, faut vraiment être dans une logique d'extermination, c'est énorme, la population d'une ville moyenne en France ou un stade entier.On s'indigne à juste titre de drames tels que la rafle du Vel d'Hiv mais là quel silence depuis plus de soixante ans, je suis sûr que la majorité des citoyens français sont à peine au courant de ce drame tout comme ce qui s'est passé le 13 octobre 1961 à Paris.
Mais bon, là comme par hasard, aucune repentance, aucunes excuses pour le peuple algérien de la part de la patrie des Droits de l'Homme.Avant d'aller juger les Chinois pour ce qu'ils ont fait au Tibet depuis 1950, il faut vraiment balayer déjà devant la porte de son Histoire.
On est malheureusement tenté ensuite de faire une comparaison avec le traitement historique et médiatique d'autres tragédies, cette hiérarchisation des souffrances s'impose de fait sans que les victimes la réclame.
Quand on ouvre la boîte de Pandore de la repentance, on la fait pour toutes les victimes ou on ne la fait pour personne.
Merci de publier.
Douce Fraaaaaaance
Qu'est-ce qui lui prend à monsieur l'Ambassadeur ? ;-) Une bouffée délirante ? Allez, un peu d'espoir, dans 150 ans, un grand méchoui sera organisé entre les présidents des deux pays et on évoquera le passé en se disant que c'était le bon temps. Quel talent, cet ambassadeur...
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