Baisse des taux : fin de la partie ?
Jeudi 01 mai 2008
La Fed a une nouvelle fois, et sans surprise, baissé ses taux directeurs et maintient le suspense sur sa politique à venir. Les regards sont désormais tournés vers les effets du plan de relance de la consommation, initié par George W. Bush.
Baisse des taux : fin de la partie ?
Par Baptiste FallevozJeudi 01 mai 2008
Ce n’était pas vraiment une surprise. La Réserve fédérale américaine baisse une nouvelle fois ses taux directeurs.
Les deux principaux taux (fed funds et taux d’escompte) baissent de 0,25 points et sont désormais au plus bas depuis 2004.
Pourtant, la Fed maintient le suspense sur sa politique à venir. Malgré cette 7ème baisse consécutive, la fin de partie n’est toujours pas sifflée.
Dans son communiqué, l’institution laisse toutes les options ouvertes. Au jeu des pronostics, les analystes s’attendent majoritairement à une pause dans cette politique de détente monétaire. Pour d’autres, une nouvelle baisse des taux est envisageable pour le mois de juin prochain. Robert Brusca de FAO Economics résume bien la situation : "Essayer de comprendre le communiqué de la Fed ressemble beaucoup à essayer de comprendre ce que dit la Bible".
Tout dépendra des prochaines données économiques concernant la croissance et l’inflation. Si une baisse des taux permet de mettre du carburant dans l’économie, elle risque d’entraîner, mécaniquement, un risque de hausse des prix.
Seul problème : les Etats-Unis connaissent à la fois des problèmes d’inflation et un risque de récession.
L’exercice en est d’autant plus délicat que la Fed reste dans le flou concernant l’évolution de l'économie américaine. Côté inflation, on assiste à une stabilisation du prix des produits de base, alors que ceux de l’énergie et de certaines matières premières continuent d’augmenter.
Côté croissance, les chiffres du premier trimestre publiés hier n’ont pas été d’un grand secours. 0,6 %, c’est légèrement mieux que prévu, mais l’explication réside surtout dans la reconstitution des stocks des entreprises.
Plusieurs bémols viennent également assombrir le tableau.
La consommation des ménages, principal moteur de l’économie américaine, ralentit fortement. L’investissement des entreprises plonge et l’immobilier se porte toujours très mal.
Les regards sont désormais tournés vers les effets du fameux plan de relance de la consommation initié par George Bush. Celui-ci consiste notamment en des remises d’impôts avec des versements d’argent aux foyers américains (les chèques du Trésor public devraient profiter à 130 millions de personnes). Quelle sera l’attitude des ménages américains, quelles seront les conséquences pour la croissance ?
Débuts de réponse avec l’arrivée des premiers chèques dans les boîtes aux lettres.

