Irak
Raid aérien américain près d'un hôpital de Sadr City
Samedi 03 mai 2008
Une frappe aérienne américaine a détruit une baraque près d'un hôpital de Sadr City, à Bagdad. 20 personnes ont été blessées. La journée a été marquée par des combats entre miliciens et soldats américains qui ont fait 14 morts.
Samedi 03 mai 2008
Par AFPUne salve de puissantes roquettes a endommagé samedi un hôpital et blessé 28 personnes dans le bastion chiite de Sadr City, à Bagdad, où des combats entre miliciens et soldats américains ont fait 14 morts.
Le commandement américain a indiqué avoir visé des "éléments criminels" et conduit cette frappe, attribuée auparavant à un raid aérien par des témoins, en utilisant de puissantes roquettes guidées qui portent des charges explosives de plus de 100 kg chacune.
Ce bombardement, survenu au milieu de la matinée, a détruit plusieurs ambulances alignées dans un parking devant l'hôpital Sadr et provoqué la panique des employés et des patients de l'établissement.
L'hôpital se trouve dans un secteur de Sadr City, vaste quartier du nord-est de Bagdad, relativement éloigné de la zone, plus au sud, où se déroulent depuis la fin mars des combats violents entre miliciens chiites et troupes américaines.
Le commandement américain a assuré que la cible était "un poste de contrôle et de commandement d'éléments criminels".
Devant l'entrée de l'hôpital, à une dizaine de mètres, une baraque a été réduite en un amas de briques et de débris de béton, selon un journaliste de l'AFP.
Rien ne permettait de déterminer à quoi elle servait, mais des sources sur place ont affirmé qu'il s'agissait d'une salle de repos pour des familles de personnes décédées, avant le transport des corps vers les villes saintes chiites, au sud de Bagdad.
"C'est un crime de l'occupant", a lancé le Dr Ali Bistan, un responsable du ministère de la Santé venu sur place constater les dégâts. "Ils cherchent à détruire l'infrastructure du pays. Ils veulent empêcher les médecins de travailler, et les médicaments d'arriver", a-t-il accusé devant le journaliste de l'AFP.
Un gardien de l'hôpital, Alaa Mohammed, 26 ans, visiblement sous le choc, a attribué à des avions de chasse américains le bombardement, précisant qu'il y avait eu cinq déflagrations.
Il a indiqué que 14 ambulances avaient été endommagées et une source médicale dans l'établissement a indiqué que 28 personnes blessées avaient été soignées sur place.
La chaussée a été perforée en plusieurs endroits et au moins trois vastes cratères remplis d'eau témoignaient de la puissance des munitions utilisées.
Les murs de bétons censés protégés le parking des ambulances ont été soufflés, des débris projetés à plusieurs dizaines de mètres et des fenêtres et des portes de l'hôpital brisées.
Les couloirs d'un bâtiment qui sert de dortoir au personnel médical étaient jonchés d'éclats de verre, de fils électriques et de matériel de bureau renversé.
"J'ai eu très peur. J'ai cru que j'allais mourir", a expliqué Zahra, une jeune infirmière en blouse blanche et un foulard sur la tête. "L'immeuble a tremblé et tout le monde a paniqué et s'est mis à courir dans tous les sens".
Dans le même temps, le commandement américain annonçait que 14 combattants chiites avaient été tués dans des affrontements depuis vendredi à Sadr City, fief de l'armée du Mahdi de Moqtada Sadr.
Dans la matinée de samedi, des rafales d'armes automatiques pouvaient être entendues sporadiquement. Des hélicoptères d'attaque américains ont ouvert le feu à la roquettes au-dessus de la zone, dans le sud de Sadr City, où se déroulent les plus violents combats.
Ces violences ont fait plus de 900 morts en avril, selon des sources officielles irakiennes.
Le gouvernement irakien et le commandement américain assurent vouloir en finir avec toutes les milices, mais Moqtada Sadr y voit une stratégie d'élimination de son mouvement, farouchement opposé à l'occupation américaine, et qui accuse le Premier ministre Nouri al-Maliki de collaboration.
Pour aller plus loin
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04/05/2008 14:12:04 Signaler un abus
pas surpris
Par malik -
rien ne suprend de un pays qui legalise la torture