Jeudi 20 novembre 2008

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Warren Buffet juge l'économie américaine en récession

Lundi 05 mai 2008

Warren Buffett, première fortune privée mondiale, a estimé, dimanche, que les Etats-Unis étaient entrés en récession, prenant le contre-pied des derniers indicateurs conjoncturels.

Lundi 05 mai 2008

OMAHA, Nebraska, 5 mai (Reuters) - Warren Buffett, première
fortune privée mondiale, a estimé dimanche que les Etats-Unis
étaient entrés en récession, prenant le contre-pied des derniers
indicateurs conjoncturels, qui traduisent toujours une
croissance de l'économie américaine.

Il a émis ce jugement lors d'une conférence de presse au
lendemain de l'assemblée générale annuelle de son groupe,
Berkshire Hathaway <BRKa.N>, à Omaha (Nebraska), qui a réuni
31.000 actionnaires.

Mercredi, le département du Commerce a fait état d'une
croissance de 0,6% du produit intérieur brut (PIB) en rythme
annuel au premier trimestre. Mais Buffett a noté que la
population des Etats-Unis avait elle aussi augmenté, ce qui
réduisait le taux de croissance réel.

Il a ajouté que, même si la récession n'était pas reflétée
par les statistiques, elle était bien perçue par la population.

"Les Etats-Unis sont en récession tel que je la définis",
a-t-il conclu. "Je la définis comme une situation dans laquelle
les gens se portent moins bien qu'il y a trois, six ou huit mois
et dans laquelle les entreprises se trouvent également dans
cette position."

"Si nous ne sommes pas en récession, je ne crois pas que les
gens aient envie de continuer dans la même direction et de dire
que tout va très bien."

Souvent surnommé l'"oracle d'Omaha" pour sa clairvoyance en
matière d'investissement boursiers et ses jugements assurés sur
l'économie, Buffett a estimé que la crise de l'immobilier
continuerait de peser sur les résultats des banques pendant
"quelques années" et que les lourdes pertes et dépréciations du
secteur étaient "très loin" d'être terminées.

"Cela va encore être douloureux, c'est certain", a-t-il dit.

Il a néanmoins reconnu que le sauvetage de Bear Stearns
<BSC.N> par JPMorgan Chase & Co <JPM.N> en mars avec le soutien
actif de la Réserve fédérale avait permis d'éviter une
"contagion".

"Le risque d'une panique financière (...) a été assez bien
géré", a-t-il dit. "Cela a marqué un tournant."

 

 

Mais il a souligné que les actionnaires pourraient encore y
laisser des plumes. Faisant ainsi allusion à la nouvelle
augmentation de capital réalisée la semaine dernière par
Citigroup <C.N>, il a dit: "Citigroup émet de nouveau des
actions à 25 dollars alors qu'il en rachetait il n'y a pas si
longtemps à 50 dollars. De nombreuses institutions (...) ont
payé cher mais le prix réel a été payé par les actionnaires."

Il a également jugé que les banques devaient encore
améliorer leur gestion du risque. Reprenant sur ce point un
thème qu'il affectionne, il a expliqué - sans citer de nom -
avoir récemment lu le rapport annuel d'une grande banque
d'investissement dont il n'avait pas compris 25 des 270 pages.

"J'ai décidé de ne pas investir dans celle-là", a-t-il
conclu.

A propos des rehausseurs de crédit, un métier dans lequel
son groupe est présent, il a estimé que certaines sociétés ne
méritaient pas leur note financière "triple A".

Evoquant par ailleurs sa succession à la tête de Berkshire
Hathaway, Buffett, âgé de 77 ans, a répété disposer de trois
candidats à la direction générale à l'intérieur du groupe, dont
l'un est susceptible de prendre immédiatement sa place le cas
échéant, et de quatre candidats à la direction des
investissements.

Il n'a jamais publiquement donné les noms de ces candidats.

Depuis qu'il a pris la tête de la société en 1965, Buffett
en a fait un mastodonte de la finance et de l'investissement
regroupant 76 filiales opérationnelles pour une capitalisation
boursière de quelque 207 milliards de dollars, en multipliant
les acquisitions et les prises de participation dans des
entreprises jugées décotées.

Dimanche, Buffett a expliqué que Berkshire était "proche" de
conclure le rachat d'une entrerise britannique de taille moyenne
et qu'il "étudierait" les activités d'assurance de Royal Bank of
Scotland <RBS.L>, que la banque britannique envisage de céder.

L'action A Berkshire Hathaway, l'une des plus chères de la
Bourse de New York, a terminé vendredi à 133.600 dollars.


 

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