08 mai 2008 - 20H46
- Birmanie - France - ONU

L'ONU se dit "déçue" par les autorités birmanes
L'ONU se dit "déçue" que la Birmanie n'autorise pas plus d'aide étrangère aux victimes du cyclone Nargis. La France, tente, elle, de faire adopter au Conseil de sécurité une résolution imposant à la junte de laisser passer les humanitaires.

Le Conseil de sécurité était divisé jeudi sur les moyens de répondre à la situation d'urgence en Birmanie, les Occidentaux prônant de fortes pressions sur la junte pour qu'elle laisse entrer les secours, la Chine mettant en garde contre toute politisation de la question.
  
L'ambassadeur de Grande-Bretagne, John Sawers, a déclaré que pour Londres, il revenait aux autorités birmanes "de prendre les mesures nécessaires pour permettre aux secours humanitaires d'arriver" après le passage du cyclone Nargis le weekend dernier. Celui-ci a peut-être fait plus de 100.000 morts, selon une diplomate américaine à Rangoun.
  
"Elles ont fait quelques pas dans cette direction, mais manifestement il faut faire beaucoup plus", a ajouté M. Sawers.
  
Son homologue français, Jean-Maurice Ripert, a de nouveau demandé que le chef des affaires humanitaires de l'ONU, John Holmes, fasse un compte-rendu formel au Conseil de sécurité sur la situation en Birmanie.
  
"Nous sommes choqués par le comportement du gouvernement" birman, a dit pour sa part à la presse leur collègue américain, Zalmay Khalilzad. "Accepter les offres d'aide de la communauté internationale, des Etats, des organisations internationales, cela devrait tomber sous le sens", a-t-il dit.
  
Mais l'ambassadeur adjoint de Chine, Liu Zhenmin, a déclaré que le problème résultait d'une catastrophe naturelle et était du ressort des agences spécialisées de l'ONU, pas du Conseil de sécurité dont le champ de compétence se limite aux menaces pour la paix et la sécurité internationales.
  
"C'est la conviction d'une majorité de pays membres du Conseil de sécurité, dont le mien", a dit le diplomate chinois.
  
Selon M. Sawers, qui préside le Conseil en mai, ses 15 membres ont finalement décidé que M. Holmes ne rendrait pas compte au Conseil, mais à l'ensemble des pays de l'ONU, dans la salle du Conseil de tutelle, dans le cadre d'un appel consolidé de fonds pour la Birmanie qu'il doit lancer vendredi aux donateurs.
  
Parallèlement, le prédécesseur de M. Holmes à la tête de l'humanitaire à l'ONU, le Norvégien Jan Egeland, a appelé la Chine, l'Inde et l'Association des nations d'Asie du sud-est (Asean) à user de leur influence sur le gouvernement birman pour le convaincre de laisser entrer les secours internationaux.
  
"Mon sentiment est que les puissances du Conseil de sécurité menées par la Chine et les partenaires commerciaux de la Birmanie menés par l'Inde doivent faire davantage pour assurer le droit à l'assistance de la population birmane," a déclaré M. Egeland, qui dirige actuellement l'Institut norvégien des affaires internationales.
  
"La balle est dans leur camp. Ils doivent utiliser leur influence économique, politique, sociale," a-t-il dit à l'AFP depuis Oslo.
  
Auparavant, M. Holmes s'était dit "déçu" que les autorités en Birmanie n'aient pas autorisé jusqu'ici plus d'aide étrangère à parvenir aux victimes du cyclone.
  
"Je suis déçu que nous n'ayons pas obtenu plus de résultats" des discussions avec le régime, a-t-il dit aux journalistes, ajoutant: "nous devons continuer d'exhorter le gouvernement à coopérer".
  
"Ils n'ont pas refusé l'entrée (aux équipes humanitaires étrangères), mais ils n'ont pas facilité l'entrée", a-t-il ajouté.
 

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