Lundi, mai 12, 2008 - 17:30
Liste des brèves AFPIrak: Moqtada Sadr approuve personnellement le cessez-le-feu à Sadr City
Le chef radical chiite Moqtada Sadr a approuvé un accord pour mettre fin à des combats meurtriers dans son bastion de Bagdad, Sadr City, où les forces régulières irakiennes doivent se déployer mercredi, ont annoncé des responsables.
Cet accord est entré en vigueur dimanche, et des accrochages sporadiques ont encore fait au moins trois morts dans ce quartier populaire où vivent plus de deux millions d'habitants dans le nord-est de Bagdad, selon l'armée américaine.
Les négociateurs de cet accord ont annoncé lundi à Bagdad que sa mise en oeuvre s'étalait sur quatre jours depuis sa signature samedi et que des forces régulières irakiennes allaient se déployer dans Sadr City mercredi.
Les troupes américaines ont été en première ligne dans les combats qui ont commencé à la fin du mois de mars dans ce quartier qui est le fief de la milice de Moqtada Sadr, l'armée du Mahdi.
Elles ont presque achevé la construction d'un mur de plus de trois mètres de haut et de plusieurs kilomètres qui coupe Sadr City en deux d'est en ouest, et dont la mise en place a alimenté les violences.
Le porte-parole sadriste à Najaf (centre-sud), Salah al-Obeidi, a indiqué que "Moqtada Sadr avait approuvé lui-même l'accord et le considérait comme un document officiel et fondamental", pour mettre fin à "l'effusion de sang".
Des émissaires sadristes et des parlementaires alliés du Premier ministre Nouri al-Maliki ont négocié un accord en 14 points annoncé samedi pour mettre fin aux combats qui ont fait des centaines de morts. Les détails de cet accord n'ont pas été rendus publics.
Interrogé sur des accrochages sporadiques qui ont eu lieu depuis l'annonce de l'accord, Salah al-Obeidi a souligné "qu'il n'y avait pas sur le terrain la même confiance qu'au niveau politique".
Auparavant, devant la presse, un des négociateurs du gouvernement, le vice-président du Parlement, cheikh Khaled al Attiya, a présenté cet accord comme "une feuille de route, basée essentiellement sur le rétablissement de l'autorité de l'Etat à Sadr City".
"Les forces de sécurité doivent prendre la responsabilité d'imposer la loi, d'assurer la sécurité des civils et retirer les armes des rues."
Il a ajouté que le courant Sadr avait donné son accord pour que l'armée irakienne arrête les personnes recherchées dans ce quartier, et mène des raids pour démanteler les caches d'armes.
L'armée devrait aussi aider les habitants qui ont fui les combats à revenir chez eux, ouvrir les accès menant à ce grand quartier et retirer les mines disséminées à Sadr City, selon cheikh Attiya.
Les violences à Sadr City s'étaient apaisées dimanche, mais trois combattants chiites ont été tués dans des combats sporadiques avec des soldats américains dans la nuit de dimanche à lundi, selon le commandement américain.
Des sources médicales et les services de sécurité irakiens ont annoncé de leur côté que deux personnes avaient été tuées et 25 blessées, parmi lesquelles des femmes et des enfants, lors de violences dans la nuit.
Le commandement américain avait annoncé dimanche que la construction d'un mur, achevé à 80%, se poursuivrait. Il sépare le tiers sud du quartier du reste de ce vaste faubourg.
Le commandement américain a expliqué que cette barrière de béton devait prévenir les tirs de mortiers contre la "zone verte", l'enclave fortifiée du coeur de Bagdad qui abrite les institutions irakiennes et l'ambassade des Etats-Unis.
Par ailleurs, un soldat américain a été tué dimanche dans l'explosion d'une bombe artisanale au passage de sa patrouille dans le nord-ouest de Bagdad, selon l'armée américaine.
Ce décès porte à 4.074 le nombre de militaires américains tués en Irak depuis l'invasion du pays en mars 2003, selon un décompte de l'AFP établi à partir des chiffres du site internet indépendant icasulaties.org.


