Haïti
Le Parlement haïtien rejette la nomination du Premier ministre
Mardi 13 mai 2008
Ericq Pierre avait été désigné par le président René Préval, mais la Chambre des députés d'Haïti a rejeté ce choix. Le pays, récemment confronté à des émeutes de la faim, est plongé dans une nouvelle impasse politique.
Mardi 13 mai 2008
Par AFPLa Chambre des députés haïtienne a rejeté lundi la nomination du nouveau Premier ministre désigné Ericq Pierre, qui était censé former un gouvernement de coalition, plongeant dans une impasse politique un pays déjà confronté à une grave crise alimentaire.
Choisi par le président René Préval, alors qu'Haïti était secoué par des "émeutes de la faim" meurtrières, pour succéder au Premier ministre déchu Jacques-Edouard Alexis, Ericq Pierre n'a pas réussi à franchir l'étape de la Chambre des députés, après avoir pourtant obtenu l'aval du Sénat le 7 mai.
Les députés ont rejeté sa nomination par 51 voix, 35 se sont prononcés en faveur de sa désignation et 9 se sont abstenus.
"Le président Préval l'avait envoyé à la boucherie", a déclaré après le vote le député Saurel Jacinthe du parti Fusion, qui a voté pour M. Pierre.
"C'est un échec personnel pour le président de la République. Il n'a pas su créer la majorité nécessaire à la ratification de son Premier ministre", a ajouté l'élu.
Les députés se sont appuyés notamment sur les pièces d'identité de M. Pierre pour justifier leur refus, arguant que les documents remis par l'intéressé étaient incomplets ou faux.
"C'est un complot. Il est clair que le président Préval ne voulait pas d'Ericq Pierre. Aucun des députés de l'Espoir (le parti proche du chef de l'Etat) n'a voté en faveur du Premier ministre qu'il a désigné", a fait remarquer le député Accluche Louis-Jeune du parti OPL (Organisation du peuple en lutte).
Les élus du puissant groupe CPP (Coalition des parlementaires progressistes) avaient indiqué qu'ils ne voteraient pas en faveur de M. Pierre, l'accusant d'être porteur d'un programme néolibéral qui a déjà fait, selon eux, beaucoup de tort à Haïti.
"Il s'était réuni avec des députés et a beaucoup discuté avec eux, faisant valoir son point de vue sur la crise politique et le programme à mettre en place", a déclaré un conseiller de M. Pierre qui parlait sous couvert d'anonymat.
M. Pierre avait confié vendredi avoir "rencontré les responsables des partis politiques représentés au Parlement" et obtenu "la garantie" de leur vote. "Mais la réalité est que les partis n'ont pas toujours le contrôle de leurs parlementaires", avait-il admis dans un entretien à l'AFP.
Ericq Pierre, agronome et fonctionnaire de la Banque interaméricaine de développement, avait dit son intention de former "un gouvernement de coalition" avec les partis représentés au Parlement et des membres de la société civile.
A ses détracteurs, il déclarait vouloir s'attaquer à la situation d'urgence créée par la crise alimentaire en Haïti, promettant d'alléger le quotidien des Haïtiens les plus défavorisés.
Des "émeutes de la faim" avaient paralysé le pays pendant une semaine début avril, après la brusque augmentation du prix des denrées alimentaires, faisant six morts, des centaines de blessés et des dégâts matériels importants.
Des milliers de personnes avaient participé à des manifestations ponctuées de violences et de pillages dans la capitale Port-au-Prince et plusieurs villes du pays le plus pauvre du continent américain.
Dans ce pays de 8,5 millions d'habitants, qui se remet difficilement, avec l'aide de l'ONU, de 20 ans de crises et de coups d'Etat meurtriers, plus de 70% de la population vit avec moins de deux dollars par jour, en dessous du seuil de pauvreté.
"Il faut avoir de la compassion pour les pauvres sans négliger les moins pauvres et sans verser dans la haine des riches. J'aurais aimé contribuer à résoudre cette équation", avait soutenu Ericq Pierre.
Ami personnel du chef de l'Etat, M. Pierre avait été choisi pour remplacer Jacques-Edouard Alexis, destitué le 12 avril par un vote de censure du Sénat après une semaine de violentes manifestations.
Pour aller plus loin
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13/05/2008 04:49:51 Signaler un abus
De quoi demain sera-t'il fait?
Par Anonymelasigwav -
Mr le président Préval est à nouveau en première ligne. La formule concoctée par la camarilla gauchiste, le club de Bourdon pour ne pas les nommer, semble ne plus marcher Mettre un copain comme pm présenté comme un tenant du libéralisme économique pour en même temps favoriser le fameux club ayant le monopole de tous les business intéressant du pays comment appelle t'on cela.? Aller à Managua rencontrer Daniel Ortega et Hugo Chavez alors que la chambre des députés des US à l'instigation du Pasteur Jackson et du black caucus, que vous avez reçu au palais, fait pression sur l'etablishment pour faire sortir le peuple haitien définitivement du marasme honteux. Le président Lula a bien demandé au patron de la Minustah de ne pas mettre les troupes brésiliennes en première ligne afin de ne pas perdre l'amitié des Haitiens, qui va vous protéger de notre juste colère? Ressaisissez -vous Mr le président Préval car vous êtes entrain de devenir un hors-la-loi de par votre propre volonté car pour des raisons connues de vous seul vous n'avez respecté aucune des échéances constitutionnelles auxquelles vous etiez tenuees. Alea jacta est.....