Le bilan du tremblement de terre le plus meurtrier en Chine depuis une trentaine d'années a atteint 11,921 morts, ont indiqué les autorités ce mardi alors que le mauvais temps freinait les efforts des secours dans la zone la plus touchée.
Les médias gouvernementaux laissaient entendre que le nombre de victimes du séisme, d'une magnitude de 7,9, allait s'alourdir.
Selon l'agence Chine nouvelle, 18 465 personnes étaient ensevelies sous les gravats dans la seule ville de Miangyang, et 10 000 autres dans la région de Mianzhu, proche de l'épicentre du tremblement de terre qui a secoué la province chinoise du Sichuan lundi.
Une violente réplique a fait trembler Chengdu, la capitale du Sichuan, mardi après-midi. Plus de 1 950 secousses ont maintenu les habitants dans l'inquiétude au cours de la journée.
"Des centaines de personnes dorment dans des tentes improvisées dans la rue", a constaté le correspondant de FRANCE 24 Henry Morton à Chengdu. "Il faudra encore 24 heures avant que le tremblement de terre soit complètement terminé et qu'ils puissent rentrer chez eux."
Il a ajouté que les familles partageaient la nourriture disponible et qu'il y avait "un bon esprit de communauté".
Le mauvais temps ralentit les secours
Des averses puissantes et des routes détériorées ont rendu l'accès des secours difficiles dans les zones les plus touchées. Les effets combinés du séisme et de la pluie battante font courir le risque de glissements de terrains.
"Il pleut depuis maintenant trois ou quatre heures", a rapporté Henry Morton mardi après-midi (GMT+2). "Cela va sérieusement freiner les opérations de secours aujourd'hui." Les prévisions pour les prochains jours ne laissent pas attendre d'amélioration.
Les dégâts causés par le tremblement de terre ont coupé la région de Wenchuan, à 100 km de Chengdu, du reste du monde.
La télévision d'Etat a montré des routes fissurées ou effondrées et des éboulements de rochers sur les chaussées.
Des corps dans la rue
A Dujiangyan, à mi-chemin entre Chengdu et l'épicentre, les bâtiments sont en ruines et des corps jonchent les rues.
L'armée et les ambulances ont envahi les rues, et des engins de levage militaires sont arrivés. Mais de nombreux habitants se contentent d'attendre auprès de leur maison démolie, serrant dans leurs bras les maigres possessions qui leur restent. D'autres s'abritent de la pluie sous des tentes de fortune.
"Au moins 60 ou 70 personnes vivaient là", explique Mme Huo, une employée de l'hôpital, en montrant un immeuble en ruines. Des matelas et des objets domestiques émergent des gravats. "Comment auraient-ils pu survivre à cela ?"
Les secouristes ont travaillé toute la nuit, retirant des corps des maisons, des écoles, des usines et des hôpitaux démolis par le tremblement de terre. Le séisme, qui s'est propagé dans toute la Chine, a été ressenti jusqu'à Bangkok et Hanoï.
A Dujiangyan, environ 900 adolescents ont été ensevelis sous les décombres de leur école de trois étages. Le premier ministre Wen Jiabao s'est incliné trois fois devant les 50 premiers corps extraits des ruines en signe de chagrin, a rapporté l'agence Chine nouvelle.
"Il n'y a pas une minute à perdre", a déclaré Wen, géologue de formation. "Une minute, une seconde peut représenter la vie d'un enfant."
Des parents agités ont essayé de franchir le cordon de soldats qui entoure l'école, demandant des nouvelles de leurs enfants.
"Nous essayons toujours de sortir des survivants, mais beaucoup, beaucoup sont morts", a déclaré un secouriste.
Les autorités montrent "un visage différent"
Les dirigeants du Parti communiste chinois ont déclaré que la priorité du gouvernement était de surmonter les conséquences du tremblement de terre et de s'assurer qu'elles ne menacent pas la stabilité sociale.
Les journaux et les chaînes de télévision chinoises tiennent la population au courant du désastre. "Il y a de bulletins toutes les heures", rapporte Henry Morton.
Mais des blogueurs se sont inquiétés de la qualité des constructions, se demandant pourquoi autant d'écoles ont été réduites à l'état de gravats.
Mardi, la Chine a accepté l'aide internationale et s'est déclarée touchée par le soutien reçu.
Selon David Crossan, spécialiste politique internationale à FRANCE 24, la catastrophe offre aux autorités une chance d'"attirer la sympathie".
A l'approche des Jeux olympiques de Pékin en août prochain, il a affirmé que le gouvernement chinois était conscient que le monde entier observait ses réactions.
"Ceci est une occasion pour eux de montrer un visage différent", a-t-il expliqué, ajoutant que le tremblement de terre avait "chassé le Tibet de l'actualité".
Le Dalaï Lama, chef spirituel du Tibet accusé par Pékin d'être impliqué dans de sanglantes émeutes à Lhassa en mars, a exprimé sa préoccupation et offert ses condoléances aux victimes du séisme.
Le tremblement de terre au Sichuan est le pire qu'ait connu la Chine depuis 1976. Une secousse à Tangshan avait alors fait près de 300 000 morts. A l'époque, le Parti communiste avait maintenu le secret sur l'étendue des dégâts, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Des zones proches du Sichuan ont également été touchées. On compte 213 morts dans la province du Gansu, 92 dans le Shaanxi et des effondrements d'écoles dans la municipalité de Chongqing.
























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