Tourabi a été “maltraité” au Soudan
Mardi 13 mai 2008
Dans une interview exclusive sur FRANCE 24, le chef de l’opposition islamiste soudanaise Hassan al-Tourabi affirme avoir été maltraité lors de sa détention après l’attaque de Khartoum par les rebelles du Darfour.
Mardi 13 mai 2008
Par FRANCE 24Au lendemain de sa détention, qui a duré douze heures, un des chefs les plus en vue de l’opposition islamiste, Hassan al-Tourabi, a déclaré avoir été maltraité pendant son temps de réclusion.
« D’abord, je dois dire que j’ai été très mal traité en prison », déclare Tourabi dans une interview exclusive accordée à FRANCE 24 depuis la capitale soudanaise Khartoum mardi. « Quelques heures après mon arrestation, les agents de sécurité m’ont amené dans une sorte de salle d’interrogatoire. Là, quatre responsables ont commencé à me poser des questions », décrit-il.
Le témoignage de Tourabi coïncide avec les déclarations de l’ONG new-yorkaise Human Rights Watch, qui se dit préoccupée par d’éventuels cas de tortures ou meurtres dont auraient été victimes plusieurs prisonniers après l’attaque de Khartoum par les rebelles du Darfour le week-end dernier.
Cette attaque, sans précédent pour la capitale soudanaise, s’est soldée par des arrestations massives dans ce pays de l’Afrique de l’est.
Human Rights Watch déclare avoir reçu des témoignages non-vérifiés à propos de deux prisonniers, « sommairement exécutés en public. »
Le gouvernement soudanais a rejeté de telles allégations.
Entre la prison et les grands bureaux
Tourabi était le détenu dont le profil était le plus recherché. En tant que chef du Parti du Congrès populaire, parti d’opposition, il a occupé des positions de responsabilité au gouvernement au cours de ses quatre décennies de vie politique. Durant cette même période, il a fait quelques séjours en prison. Il est aujourd’hui l’ennemi n°1 du président soudanais Omar Hassan al-Bashir.
Cet idéologue islamiste a fait ses études à l’Université de Londres et à la Sorbonne à Paris. Il a noué des liens avec les plus grandes figures mondiales de l’islamisme, notamment Oussama Ben Laden, qu’il a hébergé pendant l’exil du Saoudien au Soudan de 1990 à 1996.
Son dernier conflit avec Bashir remonte au week-end qui a suivi l’attaque dans la banlieue ouest de Khartoum menée par les rebelles islamistes du Mouvement justice et égalité. Tourabi aurait été le conseiller du chef des rebelles du Mouvement justice et également, Khalil Ibrahim.
Mais cet idéologue islamiste a constamment rejeté tout lien ou responsabilité dans l’attaque de Khartoum. « Ils m’ont demandé si j’étais impliqué dans l’attaque des rebelles contre Khartoum », explique-t-il à FRANCE 24. « J’ai simplement répondu que je n’étais aucunement mêlé aux événements. »
Khartoum a accusé le Tchad d’avoir fomenté cette attaque et a coupé les liens diplomatiques avec son voisin occidental. Le gouvernement tchadien a déclaré qu’il n’était pas partie prenante de l’assaut.
A propos du conflit qui dure depuis cinq ans au Darfour, qui a tué près de 200 000 personnes et obligé 2,5 millions d’individus à s’exiler, Tourabi pense que la seule solution serait une résolution pacifique et démocratique.
« La meilleure solution pour le gouvernement soudanais est de résoudre la crise du Darfour de façon pacifique, sans recours à la violence », dit-il. « Le gouvernement doit aussi respecter la démocratie, accepter le verdict des urnes et garantir des droits politiques à ses citoyens. »
Soyez le premier à réagir.
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin

