16 mai 2008 - 09H09
- Attentat du Marriott - Sri Lanka

Un attentat suicide frappe Colombo
Un attentat suicide, attribué aux Tigres tamouls, a frappé la capitale sri lankaise, faisant au moins neuf morts. Selon la police, un kamikaze pilotant une moto s'est jeté contre un bus transportant des policiers. (Récit : C. Massé)

Au moins 9 personnes ont été tuées et 90 blessées vendredi dans une attaque suicide menée à Colombo, la capitale du Sri Lanka, par les Tigres tamouls, qui visait un autobus transportant des policiers, selon un nouvau bilan donné de sources officielles.

"Selon de premières informations, une moto pilotée par un kamikaze des Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) s'est jetée contre un bus transportant des policiers", a indiqué le général de brigade, Udaya Nanayakkara, porte-parole de l'armée.

Huit policiers et le kamikaze ont été tués dans l'attaque et "de nombreux civils" ont été blessés, a-t-il précisé. Selon la police et des sources hospitalières, l'attaque a fait au moins 75 blessés.

L'attaque s'est produite dans un quartier qui abrite la résidence officielle du président sri-lankais, Mahinda Rajapakse, ainsi que l'hôtel Hilton et un complexe de bureaux, le World Trade Center, déjà la cible d'une attaque des LTTE.

L'attaque intervient au moment où le gouvernement a renforcé son offensive dans le nord de l'île contre les rebelles tamouls.

En lutte depuis 1972, les Tigres tamouls, hindouistes, se battent pour l'indépendance du nord et du nord-est de ce pays peuplé à 75% de Cinghalais bouddhistes. Entre 60.000 et 70.000 personnes ont été tuées en trois décennies et des milliers sont mortes depuis le regain de violences de la fin 2005 lorsqu'a été élu le président nationaliste Mahinda Rajapakse.

Dans le nord, les violences vont crescendo depuis la rupture en janvier d'un cessez-le-feu, difficilement signé en février 2002 sous l'égide de la Norvège.

Enhardi par le retrait des Tigres en juillet 2007 de l'est de l'île, le gouvernement espérait écraser la rebellion. Mais le Sri Lanka a toujours sous-estimé la puissance de frappe de la rébellion tamoule, selon des experts.

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