Birmanie - Cyclone
Le bilan bondit à près de 78 000 morts en Birmanie
Vendredi 16 mai 2008
Le bilan des victimes du cyclone Nargis, qui a frappé la Birmanie le 3 mai, est passé en 24 heures de 43 318 à 77 738 morts. Les humanitaires sur place craignent qu'une épidémie de choléra frappe les rescapés. (Récit : C. Dansette)
Vendredi 16 mai 2008
Par FRANCE 24Le bilan des victimes du cyclone Nargis qui a frappé la Birmanie le 3 mai a bondi à 77 738 morts et à 55 917 personnes portées disparues, soit 133 655 personnes au total, a rapporté ce vendredi la télévision d'Etat. Le précédent bilan établi jeudi était de 43 318 morts et 27 838 personnes portées disparues.
Par ailleurs, on a appris ce vendredi que plus de 100 médecins des pays voisins de la Birmanie allaient se rendre samedi dans le pays. Louis Michel, le commissaire européen au Développement, qui s'est rendu à Rangoun l'a annoncé : "Ils auront des visas et la permission" d'entrer en Birmanie, a-t-il déclaré, sans préciser la nationalité des médecins.
"Maintenant, les choses sont en train de bouger", a ajouté le commissaire européen.
Une partie de l'aide américaine aux victimes du cyclone Nargis en Birmanie a pu également être livrée pour la première fois directement aux organisations non gouvernementales internationales présentes dans le pays, a indiqué le département d'Etat.
Tempête tropicale
Des pluies tropicales torrentielles se sont abattues sur le delta de l’Irrawaddy, ces dernières heures, enfonçant un peu plus les quelques 2,5 millions de survivants sans-abris du cyclone Nargis dans leur misère et empêchant les efforts humanitaires du gouvernement militaire.
Malgré cette dernière tempête, qui achève de transformer les dernières routes endommagées de cette région marécageuse en bourbier, le général en chef de la Birmanie continue d’affirmer que les opérations de secours se déroulent normalement.
Mais Cyril Payen, envoyé spécial de FRANCE 24 à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, affirme "que de nombreuses parties du delta n’ont pas reçu d’aide du tout." Selon lui, les dégâts provoqués par le cyclone Nargis seraient encore mal connus, ce qui laisse à penser que certaines régions n’ont pas encore été survolées par les hélicoptères de reconnaissance.
Redoutant l’influence étrangère, la junte militaire maintient l’isolement du delta de l’Irrawaddy. "C’est une région à laquelle seuls des secouristes locaux ont accès", précise Alice Beaumont, l'autre envoyée spéciale de FRANCE 24 en Birmanie.
Preuve de la tension entre la junte birmane et la communauté internationale, l'ambassadeur birman aux Nations unies a accusé la France d'avoir dépêché "un navire de guerre" au large de ses côtes, ce qu'a catégoriquement démenti le représentant permanent de Paris à l'Onu, Jean-Maurice Ripert.
Les pandémies menacent
Le personnel médical présent en Birmanie demande une aide rapide. Plusieurs cas de choléra, une maladie infectieuse et potentiellement mortelle, ont déjà été recensés dans plusieurs régions du pays. Les régions côtières, entièrement inondées après le passage du cyclone, sont un terrain propice à cette bactérie très mobile, dont la maladie résulte de l'absorption par la bouche d'eau ou d'aliments contaminés. Les Nations unies ont déjà estimé à 20 % le nombre d’enfants souffrant de diarrhée dans la région du delta.
La Croix-Rouge, qui a lancé un appel en faveur des survivants du cyclone, déclare que les récoltes dans les zones touchées par Nargis étaient déjà perdues. "Nous allons certainement constater une nouvelle aggravation de la situation et une misère accrue pour une population déjà très durement frappée", a déclaré Thomas Gurtner, directeur des programmes et de la coordination à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
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SUR LE TERRAIN
"Il semblerait qu'il y ait des divisions au sein de la junte sur la marche à suivre" - Alice Beaumont 17/05 (06H GMT+2)
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17/05/2008 11:06:58 Signaler un abus
Enfin !
Par Anonyme -
Contente d'apprendre, que ça bouge enfin !
Ravie des termes de Bernard Kouchner - c'est exactement ce que je pense : "non assistance à personne en danger" s'apparente ici à "crime contre humanité" !
A bon entendant ... que le junte fasse enfin preuve de compassion.
Pensées ... tristesse ... révolte !
Renata