Vendredi, mai 16, 2008 - 18:00
Liste des brèves AFPEn Allemagne, le dalaï lama plaide une nouvelle fois pour la cause tibétaine Par Yannick PASQUET
Au deuxième jour de sa très médiatisée visite en Allemagne, le dalaï lama a inlassablement plaidé vendredi pour l'autonomie du Tibet, trois mois après les émeutes qui ont ensanglanté la région occupée par la Chine.
A Bochum, au coeur du bassin industriel de la Ruhr, le chef spirituel du bouddhisme tibétain a réaffirmé qu'il ne réclamait pas l'indépendance du Tibet.
"Nous voulons vivre en paix avec nos frères et soeurs chinois", a-t-il assuré, réclamant "une autonomie significative pour que les Tibétains puissent préserver leur culture et leur langue".
La veille déjà , le responsable bouddhiste, qui effectue son premier voyage en Europe depuis les émeutes de la mi-mars, avait assuré que les Tibétains n'étaient "pas anti-chinois".
Le prix Nobel de la paix 1989, qui vit en exil depuis 1959 dans le nord de l'Inde à Dharamsala, a renoncé de longue date à réclamer l'indépendance du territoire himalayen mais a semblé ces derniers mois quelque peu débordé par une jeunesse tibétaine plus radicale et ouvertement indépendantiste.
Pékin a accusé le dalaï lama et "sa clique" d'avoir fomenté les émeutes au Tibet pour saboter les Jeux Olympiques qui s'ouvriront le 8 août dans la capitale chinoise.
A Bochum, invité d'honneur d'une conférence sur "la mondialisation et les droits de l'Homme", le dalaï lama, 72 ans, a une nouvelle fois délivré un message "d'amour, de compassion et de tolérance".
"Ce siècle doit être celui de la paix et du dialogue", a-t-il martelé devant quelque 3.000 personnes qui l'ont ovationné à son arrivée.
"La mondialisation, quand elle conduit à l'augmentation des prix alimentaires comme actuellement, est moralement sur la mauvaise voie", a ajouté celui que la presse allemande surnomme parfois "le bonze popstar".
Pendant son intervention, il a pris soin de n'énoncer que des grands principes philosophiques et moraux.
Le 14e dalaï lama doit participer à une série de conférences dans trois autres villes d'Allemagne avant de se rendre à Berlin. Le point d'orgue de sa visite est attendu lundi avec le discours qu'il prononcera symboliquement au pied de la Porte de Brandebourg.
Fin diplomate, l'homme qui est le symbole de l'identité tibétaine dans le monde, a une nouvelle fois su tirer partie de sa formidable aura pour faire entendre la voix de son peuple.
Depuis son arrivée jeudi en Allemagne, il a multiplié les interviews: il était ainsi l'invité jeudi de l'un des talk-shows les plus connus, sur la chaîne publique ZDF, après avoir fait la Une de l'influent magazine Spiegel sous le titre "Le monde doit nous aider" et du quotidien populaire Bild.
Cet apôtre de la non-violence se défend de vouloir donner un caractère politique à son déplacement.
Pourtant, sa visite, la deuxième en moins d'un an, suscite de vifs remous au sein du gouvernement qui, soucieux de ne pas froisser la Chine, a semblé hésitant sur la conduite à tenir.
Le dalaï lama doit rencontrer lundi dans un hôtel berlinois la ministre de la Coopération, Heidemarie Wieczorek-Zeul. Selon la presse, c'est la chancelière Angela Merkel, en déplacement en Amérique latine, qui a insisté pour que cet entretien ait lieu, voulant ainsi montrer qu'elle reste inflexible sur les questions de droits de l'Homme.
Son porte-parole a assuré qu'il n'en était rien et que c'était une initiative de Mme Wieczorek-Zeul.
Le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui n'a pas souhaité s'entretenir avec le dalaï lama, n'avait pas été mis au courant de cette rencontre et aurait manifesté son vif mécontentement.
Angela Merkel avait reçu le leader spirituel tibétain en septembre dernier, ouvrant une grave crise dans les relations avec Pékin.
Jusqu'à présent, la Chine est restée étonnamment discrète sur cette visite, exprimant seulement par son ambassade sa réprobation pour la rencontre avec la ministre allemande.
Images
Au deuxième jour de sa très médiatisée visite en Allemagne, le dalaï lama a inlassablement plaidé vendredi pour l'autonomie du Tibet, trois mois après les émeutes qui ont ensanglanté la région occupée par la Chine.
© 2007 AFP Volker Hartmann
Images
Le prix Nobel de la paix 1989, qui vit en exil depuis 1959 dans le nord de l'Inde à Dharamsala, a renoncé de longue date à réclamer l'indépendance du territoire himalayen mais a semblé ces derniers mois quelque peu débordé par une jeunesse tibétaine plus radicale et ouvertement indépendantiste.
© 2007 AFP Dominique Faget
Images
Le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui n'a pas souhaité s'entretenir avec le dalaï lama, n'avait pas été mis au courant de cette rencontre et aurait manifesté son vif mécontentement. Angela Merkel avait reçu le leader spirituel tibétain en septembre dernier, ouvrant une grave crise dans les relations avec Pékin.
© 2007 AFP Markus Schreiber

