Vendredi, mai 16, 2008 - 19:30
Liste des brèves AFPZimbabwe: Mugabe juge le 1er tour "désastreux" et accuse le MDC de violences Par Godfrey MARAWANYIKA
Le chef de l'Etat zimbabwéen Robert Mugabe a reconnu vendredi que sa performance au premier tour de la présidentielle avait été désastreuse, mais a accusé l'opposition de terroriser ses partisans et de jouer "un jeu très dangereux" avant le second tour fixé au 27 juin.
La date du scrutin a été annoncée à la veille du retour du chef de l'opposition Morgan Tsvangirai selon lequel "la chute de la dictature" de Mugabe est "inévitable".
Le second tour était prévu à l'origine avant le 23 mai.
"La Commission électorale du Zimbabwe (...), en accord avec le ministre de la Justice et des Affaires parlementaires, a annoncé: un scrutin sera organisé vendredi 27 juin 2008 afin d'élire le président", selon une édition spéciale du Journal officiel.
Au même moment, Mugabe présidait une réunion extraordinaire du comité central de son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), la première depuis sa défaite historique le 29 mars.
"Bien que le résultat présidentiel n'ait pas désigné de vainqueur clair, il a été vraiment désastreux", a-t-il admis lors de ce premier commentaire sur les élections, tout en se disant prêt "pour le scrutin qui doit décider du vainqueur".
Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, a été battu par Tsvangirai, 56 ans, qui n'a pas officiellement remporté la majorité absolue requise pour être élu. La Zanu-PF a en outre perdu les législatives.
Depuis Belfast où il se trouvait vendredi, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) a rendu hommage aux victimes des violences politiques: "C'est pour eux que je dois rentrer au Zimbabwe, pour être avec eux, pour les sauver de ces ténèbres qui imprègnent nos vies".
Mugabe a pour sa part affirmé avoir "des preuves troublantes de gangs motorisés et équipés par le MDC, et de fermiers blancs de retour, qui ont semé la terreur dans des villages et parmi des sympathisants du parti", reprenant l'antienne d'une menace de recolonisation du pays. "Le MDC et ses partisans jouent un jeu très dangereux", a-t-il averti.
De son côté, le Réseau de soutien aux élections au Zimbabwe (ZESN), groupe d'observateurs indépendants, a indiqué que des douzaines de ses membres ont été attaqués depuis les élections par de "présumés partisans de la Zanu-FP", ajoutant que beaucoup sont maintenant trop effrayés pour surveiller le second tour.
Pour sa part, l'ambassadeur américain James McGee, qui avait rendu visite à des victimes hospitalisées pour des violences post-électorales, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour un "premier avertissement".
Selon le MDC, "le président Tsvangirai arriverait demain (samedi) à 13H00 (11H00 GMT) et s'occuperait immédiatement des affaires du pays". "Il s'adressera aux députés et sénateurs à Harare, avant de se rendre à Bulawayo (deuxième ville du pays) où il prendra la parole lors d'un meeting dimanche", a déclaré à l'AFP Luke Tamborinyoka, directeur de l'information du parti.
Le second tour devait à l'origine se tenir dans les 21 jours après l'annonce des résultats et son report a provoqué la colère de l'opposition qui l'a qualifié d'"illégal".
Le MDC accuse le régime de vouloir intensifier sa campagne d'intimidation contre les opposants et a appelé les leaders d'Afrique australe à se réunir en sommet extraordinaire afin de faire pression sur Mugabe.
Lors d'une rencontre avec des dignitaires religieux, le chef de la police nationale, Augustine Chihuri, a assuré jeudi que la Zanu-PF comme le MDC orchestraient les violences à partir de bases que les forces de l'ordre sont en train de les démanteler, a rapporté vendredi le quotidien d'Etat The Herald.
Après les élections du 29 mars, des centaines de personnes ont été arrêtées et des associations font état de milliers de blessés et de déplacés.

