Samedi, mai 17, 2008 - 08:30
Liste des brèves AFPBush rallie l'Egypte pour passer en revue les défis régionaux Par Laurent LOZANO
Le président George W. Bush quittait samedi l'Arabie saoudite pour l'Egypte et un week-end de rendez-vous avec des dirigeants incarnant un grand nombre des défis posés à la politique américaine dans la région.
Après avoir petit-déjeuné avec le roi Abdallah, M. Bush repartait d'Arabie saoudite avec pour seul geste de la part de la grande puissance pétrolière une augmentation ponctuelle de sa production, peu susceptible de soulager l'économie des Etats-Unis et de réconcilier l'automobiliste américain avec le passage à la pompe.
C'était plutôt prévu, et M. Bush devait passer à autre chose samedi et dimanche à Charm el-Cheikh, sur la Mer Rouge, à commencer par reprendre son effort pour un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens là où il l'avait laissé vendredi en quittant Israël pour l'Arabie saoudite.
M. Bush devait passer plus d'une heure et demie en entretiens et en dîner avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas samedi. Le lendemain matin, il rencontrait le Premier ministre palestinien Salam Fayad.
En Israël, M. Bush s'est longuement entretenu avec les autres acteurs principaux des négociations en vue d'un accord de paix avant la fin de l'année et donc de sa présidence en janvier 2009. Le scepticisme quant aux chances d'un tel accord devant mener à terme à la création d'un Etat palestinien ne fait que se renforcer à mesure qu'approche l'échéance.
M. Bush a pris le risque de conforter les pessimistes en participant aux célébrations du 60e anniversaire de l'Etat d'Israël sans se rendre dans les Territoires palestiniens où cette date était commémorée comme la "Catastrophe".
Dans un discours très attendu devant le parlement israélien, il n'a évoqué l'existence d'un Etat palestinien qu'à un horizon très lointain, alors que les négociations piétinent.
La Maison Blanche a fait valoir que, passé le temps des célébrations du 60e anniversaire d'Israël, il aurait tout loisir de parler aux dirigeants palestiniens à Charm el-Cheikh, quand ils participeraient comme lui et d'autres leaders régionaux à un forum économique pour le Proche-Orient.
Elle a aussi souligné que M. Bush avait mis la main à la pâte en Israël, mais discrètement, et qu'à ce stade, les discussions discrètes et bilatérales étaient plus efficaces que les sommets.
Par ailleurs, cette difficile entreprise de paix faisait aussi partie des sujets abordés vendredi avec le roi Abdallah.
Elle risquait d'occuper encore les entretiens et le déjeuner samedi avec le président égyptien Hosni Moubarak, dont le pays joue les intercesseurs pour une trêve entre le Hamas palestinien et les Israéliens, ou encore le face-à-face dimanche avec le roi Abdallah II de Jordanie.
Présider à un accord de paix et revendiquer un de ses derniers succès diplomatiques n'est pas le seul défi qui se pose à M. Bush.
Il verra respectivement samedi et dimanche les dirigeants des deux pays sur la ligne de front de ce qu'il appelle "la guerre contre le terrorisme": le président afghan Hamid Karzaï et, le lendemain, le vice-président Adel Abdel Mehdi et le vice-Premier ministre irakiens, Barham Ahmed Saleh.
Sur ces deux fronts, l'issue est incertaine.
L'administration Bush s'alarme qu'une nouvelle politique menée par le nouveau gouvernement pakistanais, plus conciliante envers les talibans et les extrémistes que celle du grand allié aujourd'hui affaibli Pervez Musharraf, ne complique la donne chez le voisin afghan.
M. Bush devrait faire part de ces préoccupations auprès du Premier ministre pakistanais Yousaf Raza Gilani dimanche matin.
En revanche, une rencontre avec le Premier ministre libanais Fouad Siniora ne figure plus au programme de M. Bush. M. Siniora est accaparé par l'inquiétante crise politique que traverse son pays.
Celle-ci, et plus généralement la confrontation dont la région est le théâtre entre la "liberté" et "les terroristes et les extrémistes" selon M. Bush, risque de figurer dans le discours que prononcera le président dimanche avant de regagner les Etats-Unis.



