Samedi, mai 17, 2008 - 12:00
Liste des brèves AFPLiban: les chefs des parties rivales réunis à huis clos à Doha Par Ali KHALIL
Les chefs de la majorité et de l'opposition libanaises entamaient un dialogue délicat à huis clos samedi à Doha, pour tenter d'extirper le Liban d'une grave crise qui avait dégénéré la semaine dernière en une vague de violences meurtrières.
Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, étaient présents au début de cette réunion, dans un grand hôtel de Doha, selon un journaliste de l'AFP.
Cette réunion fait suite à l'ouverture solennelle vendredi soir par l'émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, de la conférence interlibanaise appelée à concrétiser le scénario d'une sortie de crise au Liban, négocié in extremis la veille par la Ligue arabe.
A la suite de violences qui ont fait en une semaine 65 morts et 200 blessés, la majorité antisyrienne, soutenue par l'Occident et la plupart des pays arabes, et l'opposition, conduite par le Hezbollah chiite et soutenue par l'Iran et la Syrie, ont accepté de renouer le dialogue dans le but de régler une crise politique qui sévit depuis novembre 2006.
Aux termes d'un accord en six points qu'ils ont accepté, les protagonistes devaient négocier à Doha la formation d'un gouvernement d'union nationale et une loi électorale préalable aux élections générales de 2009.
La majorité, qui a tenu dans la nuit une réunion de coordination, souhaite soulever samedi "la question du rétablissement de la confiance" entre les différentes factions libanaises en rapport avec l'armement du Hezbollah, a dit à l'AFP le député Boutros Harb, membre de la majorité, peu avant la réunion.
"Il faut parvenir à Doha à des résultats rapides sur le gouvernement d'union nationale, la loi électorale et un engagement à ne plus utiliser les armes contre les Libanais. Il faut un arrangement sur ces trois points", a-t-il encore proclamé.
Mais une source au sein de l'opposition a estimé que la question des armes du Hezbollah devrait être évoquée ultérieurement, se disant "pessimiste" sur une percée à Doha si la majorité exigeait d'en parler dès à présent.
Signe de ces difficultés, l'émir du Qatar a "fait la navette" vendredi soir entre les camps rivaux, rapportait samedi An-Nahar. Le quotidien libanais pro-gouvernemental évoquait en "une" les trois points du "dialogue: le gouvernement, la loi électorale et les armes".
La majorité antisyrienne réclamait préalablement à toute discussion un "engagement solennel" du Hezbollah à ne plus utiliser ses armes contre les Libanais, alors que le parti chiite refuse d'aborder la question de son armement avant la formation d'un gouvernement d'union nationale.
Le Hezbollah est la seule milice libanaise à n'avoir pas remis ses armes au gouvernement après l'accord de réconciliation de Taëf (Arabie saoudite) en 1989, pour poursuivre la lutte contre l'occupation israélienne du Liban sud.
"Nous n'allons plus jamais accepter la présence du Hezbollah telle quelle", a averti le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, membre de la majorité, vendredi sur la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira.
Washington a appuyé la tenue de la conférence de Doha. "Nous sommes heureux qu'il y ait un dialogue, que les combats de rues aient cessé", a déclaré vendredi un haut responsable du département d'Etat, estimant que la réunion de Doha donnait "l'espoir de sortir de l'impasse".
Les récentes violences, les plus graves au Liban depuis la guerre civile (1975-90), avaient débuté à la suite de l'annonce le 6 mai par le gouvernement de deux mesures visant à lutter contre l'influence du Hezbollah. Elles ont été retirées depuis.


