Samedi, mai 17, 2008 - 12:00
Liste des brèves AFPLe Zimbabwe attend le retour du leader de l'opposition Morgan Tsvangirai Par Susan NJANJI
Le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai devait, après une longue absence, rentrer samedi au Zimbabwe en vue du second tour de la présidentielle qui l'opposera au président Robert Mugabe, mais des questions de sécurité pourrait retarder son retour.
Vendredi, les choses étaient claires. Son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC-opposition), par la voix de son directeur de l'information Luke Tamborinyoka, avait affirmé que M. Tsvangirai rentrerait samedi "à 13H00 (11H00 GMT) et s'occuperait immédiatement des affaires du pays".
Samedi matin cependant, les plans étaient plus flous et la question de la sécurité du leader de l'opposition, sévèrement battu par la police en mars 2007 et menacé d'être accusé de trahison, était mise en avant pour expliquer un éventuel report.
Le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, a déclaré à l'AFP qu'"il ne revenait plus aujourd'hui (samedi) en raison de circonstances hors (du) contrôle" du parti. "Nous ne savons plus clairement quand il regagnera le Zimbabwe", a-t-il ajouté.
Cependant, le porte-parole de M. Tsvangirai, George Sibotshiwe, a tempéré ces propos. "Nous travaillons encore dessus", a-t-il indiqué à l'AFP depuis Johannesburg. "Nous essayons de régler les questions de sécurité pour son retour".
M. Tsvangirai lui-même, en annonçant samedi dernier qu'il affronterait M. Mugabe au second tour fixé au 27 juin, avait indiqué qu'il regagnerait "dans quelques jours" le Zimbabwe, d'où il est parti peu après les élections générales du 29 mars.
Avec 47,9% des suffrages, le chef du MDC, 56 ans, a largement battu au premier tour le président Mugabe, 84 ans, dont 28 au pouvoir, sans toutefois atteindre la majorité absolue requise pour être élu, selon les résultats officiels. M. Mugabe a reconnu vendredi que le résultat (43,2% des suffrages) avait été "désastreux".
Le plus vieux président d'Afrique a débuté dès samedi sa campagne pour le second tour de la présidentielle avec des publicités dans la presse d'Etat. "Je vous remercie de voter en paix. Votez pour RG Mugabe", affirmait l'une d'entre elles dans The Herald.
Vendredi, M. Tsvangirai avait rendu hommage aux victimes des violences politiques post-électorales et déclaré à Belfast: "C'est pour eux que je dois rentrer au Zimbabwe, pour être avec eux, pour les sauver de ces ténèbres qui imprègnent nos vies". Il s'était affirmé confiant pour le second tour.
Le leader de l'opposition continue la course alors que la plupart des conditions qu'il a posées à sa participation ont été rejetées par le régime: second tour avant le 23 mai, présence d'observateurs occidentaux, notamment.
Le régime a confirmé samedi qu'il n'inviterait pas d'autres observateurs que ceux déjà prévus pour le second tour, rejetant ainsi les appels de l'opposition et de la communauté internationale, a rapporté samedi la presse d'Etat.
"Les invitations que nous avons lancées au début restent valables. Il n'y aura pas d'autres invitations" d'observateurs pour assister au scrutin, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Simbarashe Mumbengegwi, cité par le The Herald.
Un réseau indépendant d'observateurs a déclaré vendredi que des dizaines de ses membres avaient été attaqués par de présumés partisans de M. Mugabe depuis les élections et que beaucoup étaient maintenant trop effrayés pour surveiller le second tour.
Si les élections se sont déroulées pacifiquement, le Zimbabwe a été depuis le théâtre d'une forte montée de la violence. Des centaines de personnes ont été arrêtées et des associations font état de milliers de blessés et de déplacés.
Le MDC affirme que 40 de ses partisans ont été tués par des partisans de Robert Mugabe et accuse le régime d'orchestrer une campagne de violence et d'intimidation pour faire pencher la balance en sa faveur lors du second tour.
Vendredi, M. Mugabe a fait porter au MDC la responsabilité des actes de violences.

