CHINE - SEISME
Les habitants de Beichuan menacés par un lac de retenue
Samedi 17 mai 2008
Un lac de retenue, formé à la suite du séisme qui a frappé lundi le sud-ouest de la Chine, menace de déborder, poussant les autorités à ordonner l'évacuation totale de la ville de Beichuan. (Récit : P.Paccard)
Samedi 17 mai 2008
Par ReutersNotre envoyé spécial Sébastien Le Belzic se trouve dans le Sichuan. Retrouvez ses derniers reportages en colonne de droite.
Retrouvez également l'émission de France 24 A la Une : La Chine joue l'ouverture après le séisme.
Des milliers de personnes ont fui samedi les rives d'un lac qui s'est formé à Beichuan, dans le sud-ouest de la Chine, après le tremblement de terre qui a frappé en début de semaine le Sichuan.
Cinq jours après la catastrophe, les secouristes continuent de progresser dans les ruines. Samedi, plusieurs survivants ont été extraits des décombres, dont un touriste allemand qui a été sauvé à Wenchuan après être resté bloqué pendant 114 heures, rapporte l'agence Chine nouvelle.
A Beichuan, 33 personnes ont également été extraites en vie samedi, toujours selon Chine nouvelle. Vendredi, sur les 2.538 personnes évacuées des décombres, 165 étaient encore en vie.
"Même si la période la plus propice pour des sauvetages - les 72 heures suivant un tremblement de terre - est passée, sauver des vies demeure la principale priorité de notre travail", a dit le président Hu Jintao qui s'est rendu vendredi dans les zones sinistrées.
Le bilan du séisme, d'une magnitude de 7,9, continue de s'alourdir. Samedi, le porte-parole du gouvernement a fait état de 28.881 décès confirmés, et Pékin s'attend à ce que ce chiffre dépasse les 50.000 morts. On dénombre en outre 4,8 millions de sans-abri.
Le vice-gouverneur de la province du Sichuan, Li Chengyun, a déclaré que plus de 188.100 blessés et de 10.600 personnes toujours enterrées sous les décombres.
Menace d'inondation
Dans le comté de Beichuan, situé à proximité de l'épicentre, les autorités ont ordonné une évacuation totale, y compris des équipes de secours. Des glissements de terrain y ont formé un lac de retenue, dont le niveau monte rapidement et menace de déborder.
Un journaliste de Reuters présent dans une école de Beichuan, que le président chinois Hu Jintao avait visité vendredi, a dû partir précipitamment alors que des soldats chinois relayaient des ordres d'évacuation.
Un membre des forces paramilitaires lui a indiqué que la probabilité que le lac déborde était "extrêmement élevée".
Selon une télévision par câble de Hong Kong, quelque 1,2 million de personnes sont en cours d'évacuation à Qingchuan, à une centaine de kilomètres au nord-est de Beichuan, où un autre lac s'est formé après le tremblement de terre et menace lui aussi de déborder.
Depuis le séisme de lundi, et les répliques qui s'en sont suivies, l'inquiétude croît également concernant la sécurité des barrages hydro-électriques et des réservoirs artificiels dont les structures ont souffert du tremblement de terre.
La province montagneuse du Sichuan, d'une superficie équivalente à celle de l'Espagne, est particulièrement propice à la production d'hydro-électricité.
Selon les autorités, 17 réservoirs d'eau au moins ont été endommagés dans le Sichuan et dans la province voisine de Chongqing. Certains barrages présentes des fissures et même des voies d'eau. C'est notamment le cas le long de la rivière Min, qui s'écoule du plateau tibétain vers les plaines du Sichuan.
Sur le barrage de Lianhehua, construit à la fin des années 1950 au nord-ouest de la ville de Dujiangyan, les fissures sont assez larges pour y passer un poing.
"Avec un barrage dans cet état, il est difficile d'être détendu", dit Feng Binggui, un paysan évacué de son village, en aval du barrage, vers une colline avoisinante.
Les autorités se tiennent également en alerte pour parer à d'éventuelles radiations nucléaires. La région n'abrite aucune centrale nucléaire. En revanche, le principal laboratoire de recherche en matière d'armement nucléaire se trouve à Mianyang, dans la zone du séisme.
Le Premier ministre, Wen Jiabao, a déclaré que ce tremblement de terre était "le plus important et le plus destructeur" qu'ait subi la Chine depuis la révolution communiste de 1949. En 1976, un séisme avait fait jusqu'à 300.000 morts à Tangshan, dans le Nord-Est.
Les autorités chinoises ont envoyé 130.000 militaires dans les zones sinistrées mais les destructions et les glissements de terrain qui obstruent les routes rendent leur progression difficile. Des équipes de secouristes étrangers sont par ailleurs arrivées du Japon, de Russie, de Taiwan, de Corée du Sud et de Singapour.
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Dans le village de Langwan, un tiers des habitants est mort.
Reportage S. Le Belzic, H. Morton, A. Lee
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"L'aide internationale continue d'arriver au compte-gouttes" - S. Le Belzic à Chengdu 16/05 (07H GMT+2)

