Birmanie
Nos envoyés spéciaux en Birmanie vous répondent
Dimanche 18 mai 2008
Après le passage du cyclone Nargis, qui a balayé une partie de la Birmanie, FRANCE 24 se mobilise. Retrouvez les reportages réalisés par nos envoyés spéciaux et posez-leur vos questions.
Dimanche 18 mai 2008
Par FRANCE 24Regardez les reportages réalisés par nos envoyés spéciaux et posez-leur vos questions.
Le 2 mai, le cyclone Nargis frappe le sud-ouest de la Birmanie. Les autorités comptent près de 134 000 morts et disparus. Dans la région du delta de l'Irrawaddy, dévastée par le cyclone, quelque 2,5 millions de rescapés commencent à recevoir de l'aide, mais la junte militaire au pouvoir refuse d'ouvrir le pays à une opération humanitaire de grande ampleur.
FRANCE 24 se mobilise. Nos deux envoyées spéciales, Alice Beaumont et Anaïs Boussat, enquêtent clandestinement en Birmanie, pays fermé à la presse. Le reporter Cyril Payen se trouve, lui, en Thaïlande, à quelques kilomètres de la frontière. Enfin, Capucine Henry a pu passer quelques jours à bord du "Mistral", le bâtiment de la marine nationale française qui est arrivé au large des côtes birmanes pour livrer de l'aide humanitaire.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Question : N’y a-t-il pas moyen de forcer l’entrée de l’aide humanitaire ? Quelles sont les ONG les mieux implantées en Birmanie ? (par Anonyme)
Cyril Payen (correspondant à Bangkok) :
Seule une poignée d'organisations humanitaires étrangères a le droit d'avoir un bureau à Rangoon. Elles ont été sélectionnées par le régime birman et se sont implantées au prix de longues négociations. Leur cohabitation avec la dictature est souvent houleuse. Elles sont les seules actuellement à déployer du personnel – birman exclusivement – dans la région du Delta. La solution d'une aide massive étrangère coordonnée par les pays voisins provoque la consternation dans la population birmane. Selon plusieurs témoignages, la communauté internationale "solde" la question l'aide humanitaire en acceptant toutes les conditions – xénophobes, et inédites – des généraux birmans : des secouristes asiatiques exclusivement, des millions d'aide d'urgence convoyés par des pays partenaires stratégiques ou commerciaux...
Certains à Rangoun, appellent le secrétaire général de l'ONU à annuler son voyage, prévu jeudi. Dans les esprits, la "solution française" – l'arrivée du "Mistral" a répandu les rumeurs les plus folles d'intervention militaire – est la seule qui puisse permettre un réel impact humanitaire.
Les Birmans savent que l'aide d'urgence continuera d'être revendue, détournée, gaspillée, sans contrôle indépendant. Pendant la "révolte safran", en septembre, la communauté internationale s'en était remise à l'Association des pays d'Asie du Sud-Est (Asean) pour faire pression sur la junte. Or elle n'a pas bougé.
Question : Y a-t-il une crise alimentaire ? (par Hectorin)
Anaïs Boussat et Alice Beaumont (envoyés spéciales en Birmanie) :
Il y a une pénurie évidente de vivres. Mais il est très difficile d’évaluer la quantité de nourriture qui parvient à la population. Cela dépend de l’endroit où l’on se trouve dans le delta. Certains villages sont très difficiles d’accès. Nous nous sommes rendues dans un certains nombres d’entre eux et tous recevait de l’aide. Nous avons également vu des cadavres abandonnés, et certaines zones n’ont commencé à recevoir de l’aide que deux semaines après le cyclone, mais personne ne meurt de faim.
L’état des gens dépend vraiment de leur situation géographique dans le delta, en fonction de leur isolation. Selon les diplomates, seule une petite proportion de l’aide parvient à la population. Les Nations unies ont d’abord avancé le chiffre de 10 %, puis Ban Ki-moon a parlé de 25 %, mais on se demande comment ils ont obtenu ces chiffres. Il est en effet très difficile d’évaluer ces choses. Personnes ne fait de comptes village par village. Ce sont des chiffres tout à fait approximatifs.
Il y a également un effort immense de la part des Birmans eux-mêmes. Ils font preuve d’une solidarité extraordinaire. Les gens donnent de la nourriture et distribuent leurs propres vêtements. Cette aide parvient aux villages les plus isolés et chacun participe à sa manière, quel que soit ses moyens économiques. Nous en sommes venues à nous demander si cela arriverait en Europe.
Question : Qu’en est-il des risques que vous prenez ? (par Anonyme)
Anaïs Boussat et Alice Beaumont (envoyés spéciales en Birmanie) :
Si nous étions attrapées, nous serions expulsées, et probablement interdites de retour dans ce pays. C’est un risque que nous avons pris en considération. Mais c’est pour les Birmans qui travaillent avec nous que nous sommes inquiètes. Comme nous ne parlons pas birman, ces gens nous guident et nous servent d’interprètes. Leur valeur est inestimable pour notre travail. Si eux étaient pris en train de nous aider, leur sort serait bien plus dramatique. Nous sommes donc très prudentes afin de ne pas exposer nos interprètes.
-
SUR LE TERRAIN
"Beaucoup de prudence et de scepticisme chez les humanitaires" Cyril Payen Correspondant à Bangkok (24/05) 08:00 GMT+2
-
SUR LE TERRAIN
"L'armée assure entièrement la logistique de l'aide" - A. Beaumont, envoyée spéciale en Birmanie (17/05)
Vidéo
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin


19/08/2008 19:34:20 Signaler un abus
la guerre
Par charbago - BENIN/COTONOU
salut quelle sera la situation des familles des 10 soldats Français tués lors de l'affrontement en Afghanistan
22/05/2008 12:40:42 Signaler un abus
le temps d'attila
Par lefebvre -
pourquoi avoir pendu sadam hussein?? en birmanie c'est pire chapeau les amerloques
21/05/2008 10:25:53 Signaler un abus
Encore des questions :
Par Anonyme -
Bonjour Cyril et merci pour votre réponse,
je m'attendais à une réponse aussi pessimiste, voire décourageante.
mais, même s'il n'y a qu'une petite partie de l'aide qui parvient au peuple Birman, ne faut il pas tout faire pour l'aider quand même ... malgré toutes les conditions ? plutôt que ne rien faire, regarder, voir, sans agir ?
Surtout qu'il n'y aura pas d'aide "officielle" au vu les dettes du pays ... si j'ai bien compris ?
donc : ne faut il pas donner ?
à qui ? MSN MSF ACF ???
et donner dès maintenant, pour que le jour, où les portes s'ouvriront, tout soit prêt ?
vaut-il mieux soutenir des initiatives privées ? mais en Europe on n'en voit pas beaucoup, donc pas facile.
la visite de Ban Ki-moon, pourra-t-elle débloquer la situation ?
Renata
18/05/2008 20:26:00 Signaler un abus
Tout d'abord merci pour ces reportages essentiels !
Par Anonyme -
Bonjour,
J'aimerais savoir, s'il n'y a vraiment pas moyen de forcer l'entrée de l'aide humanitaire, qui n'est pas obligatoirement accompagnée de militaires, il me semble.
Non ?
Les grandes associations sont si bien habituées à gérer les catastrophes, que je n'arrive pas à comprendre
les réticences de la junte.
(Qui ferait mieux de craindre les suites de la mauvaise gestion de ce drame, un jour peut-être, devant un tribunal, car cela s'apparente à un génocide, ni plus, ni moins).
Peut-on vraiment rester les bras croisés, en attendant l'autorisation ?
NON NON et NON !
On ne peut pas.
Quelles sont les ONG les mieux implantées en Birmanie ? A qui peut-on dès à présent donner pour les interventions à venir ?
Merci beaucoup pour vos reportages, qui permettent de mieux savoir, voir, ce qui s'y passe !
18/05/2008 16:45:26 Signaler un abus
Le paradoxe
Par patht -
D'un coté, les autorités birmanes craignent une présence occidentale importante pour des raisons que l'on suppose (tradition d'interventionisme historique, ingérence humanitaire de nos jours revendiquée ouvertement) et de l'autre, les occidentaux annoncent une entrée en force (des milliers d'hommes) avec matériel militaire, marines etc...N'y aurait-t-il pas, de la part des occidentaux, une manière plus rassurante d'acheminer l'aide ?
Les pays asiatiques apportant déjà leur aide à la Birmanie ont-ils également procédé de cette façon, à savoir, avec présente militaire imposante ?