Mardi, mai 20, 2008 - 18:30
Liste des brèves AFPViolence contre les Roms: les eurodéputés rappellent Berlusconi à l'ordre Par Yann OLLIVIER
Les eurodéputés ont fustigé mardi la nouvelle flambée de violences xénophobes à l'encontre des Roms en Italie, et ont rappelé au gouvernement de Silvio Berlusconi son devoir de respecter l'Etat de droit et les réglementation européennes.
Devant les députés, le commissaire européen aux Affaires sociales Vladimir Spidla a fermement condamné les incendies de camps de Roms la semaine dernière dans la banlieue de Naples.
Tout en admettant qu'il ne s'agissait "pas d'un cas isolé" en Europe, le commissaire européen aux Affaires sociales Vladimir Spidla a rejeté "de façon catégorique toute stigmatisation ou assimilation des Roms à des criminels".
"La violence raciste qui se nourrit de populisme politique, de discours d'incitation à la haine et de battage médiatique peut être observée dans de nombreux Etats membres", a-t-il encore estimé.
Dans un avertissement à peine voilé, il a rappelé que la "lutte contre la criminalité doit se faire dans le clair respect de l'Etat de droit", alors que le gouvernement Berlusconi doit dévoiler mercredi un paquet de mesures relatives à la sécurité et à la lutte contre l'immigration clandestine.
"Les Roumains jouissent de la même liberté de circulation que les autres citoyens de l'Union", et la "Commission s'assurera que leurs droits soient respectés", a rappelé M. Spidla.
Une "décision d'expulsion doit uniquement se faire au cas par cas", a-t-il rappelé, précisant qu'en cas d'expulsion immédiate, "l'urgence doit être clairement justifiée".
La tenue de ce débat avait été imposée lundi à une courte majorité (106 contre 100 voix) par les députés socialistes, contre l'avis du groupe conservateur auquel appartient la formation de Silvio Berlusconi, Forza Italia.
A Rome, le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini avait contre-attaqué, estimant qu'il serait "grave de profiter d'une scène internationale pour attaquer notre pays", ajoutant ne pas penser "que cela puisse se produire".
Le président du groupe socialiste, l'Allemand Martin Schulz, s'est cependant défendu de toute "intention de mettre en accusation l'Italie".
"Ce n'est pas une attaque, mais une proposition de coopération avec les autorités italiennes" sur un problème qui "existe depuis longtemps et n'est pas apparu avec le nouveau gouvernement italien", a-t-il insisté.
Plus généralement, il s'agit selon Martin Schulz de déterminer "que faire au niveau européen pour améliorer la situation" des quelque 3 à 4 millions de Roms que la Commission dénombre en Europe.
De nombreux eurodéputés ont néanmoins été beaucoup moins diplomates, n'hésitant pas à dénoncer de véritables violations des "droits de l'Homme" à l'encontre des Roms en Italie.
Revenant d'une visite ce week-end dans des camps de gens du voyage à Rome et Naples, la députée libérale hongroise d'origine Rom Viktoria Mohacsi a tiré la sonnette d'alarme sur la situation des 160.000 à 200.000 Roms de ce pays, "la plus désastreuse que j'ai vue de ma vie".
"Je ne dirais pas que mon pays soit un paradis pour les Roms, mais au moins nous avons la citoyenneté et nous vivons dans des maisons, malgré les ségrégations à l'école", a ajouté la députée, militante de longue date de la cause Rom en Europe.
En Italie, beaucoup de Roms, notamment ceux originaires de l'ex-Yougoslavie, sont aujourd'hui apatrides, sans accès à l'enseignement ou aux soins de santé, a-t-elle précisé.
Rome, contrairement à Madrid par exemple, n'a jamais sollicité de fonds européens pour leur intégration.
Le débat a aussi été l'occasion de joutes hautes en couleurs entre députés italiens de tous bords, reflétant l'intensité du débat en cours en Italie sur les mesures attendues mercredi.
Images
Les eurodéputés ont fustigé mardi la nouvelle flambée de violences xénophobes à l'encontre des Roms en Italie, et ont rappelé au gouvernement de Silvio Berlusconi son devoir de respecter l'Etat de droit et les réglementation européennes.
© 2007 AFP Dominique Faget
Images
Devant les députés, le commissaire européen aux Affaires sociales Vladimir Spidla a fermement condamné les incendies de camps de Roms la semaine dernière dans la banlieue de Naples.
© 2007 AFP Francesco Pischetola
Images
Revenant d'une visite ce week-end dans des camps de gens du voyage à Rome et Naples, la députée libérale hongroise d'origine Rom Viktoria Mahacsi a tiré la sonnette d'alarme sur la situation des 160.000 à 200.000 Roms de ce pays, "la plus désastreuse que j'ai vue de ma vie".
© 2007 AFP Dominique Faget

