Techniquement, Israël et la Syrie sont encore en guerre. Les deux pays n’arrivent pas à résoudre un différend qui dure depuis des années au sujet du plateau du Golan, cette chaîne montagneuse stratégique qui entrave tout processus de paix.
Alors quand Israël et la Syrie ont annoncé qu’ils engageaient des négociations de paix indirectes sous les auspices de la Turquie, les journaux du monde entier ont décidé, sans hésitation, d’en faire leur une.
Les deux pays ont indiqué dans une déclaration commune qu’ils avaient engagé le dialogue “pour parvenir à une paix globale” et que les négociateurs étaient déjà à Istanbul, en Turquie.
Officiellement, la Syrie est “en guerre” avec Israël depuis 1948, date de la création de l’Etat hébreu. Les tensions entre les deux pays se sont aggravées lorsqu’Israël a occupé le plateau du Golan en 1967. Cet emplacement stratégique offre un point de vue unique sur les territoires israéliens et la Syrie.
Le fait que les deux pays soient en négociations n‘est pourtant pas si surprenant. Le mois dernier, le président syrien Bachar al-Assad révélait que la Turquie lui avait transmis un message d‘Israël. L’Etat hébreu se disait prêt à restituer le plateau du Golan en échange de la paix.
Selon les experts de la région, l’annonce est importante car elle a été formulée sur la base de déclarations communes des deux pays.
“C’est un grand pas”, estime Yossi Mekelberg, directeur du département de relations internationales au Regents College et chercheur associé au think-tank Chatham House. “Il y a toujours un problème pour savoir à quel moment il faut rendre ce type de négociations publiques. Il s’agit soit d’un moyen de susciter un soutien international, soit d’un moment où un accord est proche”.
Deux jours avant l’interrogatoire d’Olmert
Pourtant, l’annonce n’aurait pas pu intervenir à un pire moment, en ce qui concerne de potentiels soutiens internationaux - notamment pour les Israéliens et pour le monde arabe.
Annette Young, correspondante de FRANCE 24 à Jérusalem, remarque que l’annonce a été faite deux jours avant que le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, soupçonné de corruption, soit interrogé par la police une seconde fois.
“Le timing en a surpris plus d’un”, analyse Annette Young. “Pour beaucoup de gens, le fait que ces deux événements se produisent à quelques jours d’écart est sans doute plus qu’une simple coïncidence.”
"Une perte de prestige pour les Etats-Unis"
L’annonce de pourparlers entre Israël et la Syrie, intervenue quelques jours seulement après la visite du président George W. Bush dans la région, a reçu une réponse timide de Washington.
“Nous saluerons toute avancée susceptible de conduire à une paix globale au Proche-Orient,” a déclaré jeudi la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice. Mais elle a aussi pris soin de souligner que les pourparlers israélo-palestiniens, engagés à la conférence d’Annapolis en novembre dernier, étaient "les négociations le plus avancées".
L’administration Bush est habituellement réticente à tendre les mains à Damas. Les diplomates occidentaux disent que l’intégration de la Syrie à Annapolis a eu lieu grâce à une pression internationale concertée.
“Je pense que c’est une perte de prestige pour les Etats-Unis”, remarque Yossi Mekelberg, qui fait référence au rôle de la Turquie dans les discussions israélo-syriennes. “S’il y a un accord à l’issue des négociations, ce serait une paix au Moyen-Orient sous l’égide du Moyen-Orient”.
Le Liban, le Hezbollah et le Hamas dans le même sac
Au moment de l’annonce des négociations, la Ligue arabe met la touche finale à un accord de paix entre les factions libanaises rivales alors que le pays du Cèdre est à deux doigts de la guerre civile.
Un accord entre les deux pays repose sur la bonne volonté des partenaires régionaux et les différents groupes militants qu’ils soutiennent.
Mais, récemment, la Syrie est tombée du piédestal qu’elle occupait aux yeux des nations sunnites comme l’Arabie saoudite et l’Egypte. Son soutien au Hezbollah, également soutenu par l’Iran chiite, a fini par agacer ses alliés. Ces derniers pourraient donc être moins disposés à l’appuyer.
Les experts préviennent qu’une paix globale pourrait contraindre à des compromis de tous les côtés. Et, les négociateurs le reconnaissent, jusqu’à maintenant l’absence de compromis a constitué un obstacle majeur sur la route conduisant à un accord de paix durable au Moyen-Orient.





















Commentaires
Au possible, tout le monde est tenu
A Israël, la Syrie a fait savoir, sur la « question » de rompre les liens avec l'Iran, que cet aspect n'était pas dans le paquet des négociations et "qu'il ne fallait pas mettre la charrue avant les boeufs".
Le ministre des Affaires étrangères syrien se rend à Téhéran aujourd'hui.
Le likoud, qui constitue l'opposition au gouvernement isréalien, par la voix de son président, Gideon Sa'ar, a déclaré que "le Likoud ne se sentirait pas lié par un accord de paix négocié entre le gouvernement Olmert et la Syrie, s'il revenait aux affaires".
Le chef du hamas, Khaled Mashaal, de Damas, où il est établi, a dit, lui, son trouble par rapport aux pourparlers de paix. "Le Hamas n'est pas heureux de ces développements. Nous pensons que le président El-Assad commet une grave erreur s'il ne coordonne pas ses efforts avec l'ensemble du monde arabe et islamique".
L'"ensemble du monde arabe et islamique" est sans doute géographiquement compris dans les limites des frontières de l'Iran...
Selon le quotidien arabe "Asharq Alawsat" basé à Londres, l'Iran, en signe de sa désapprobation des pourparlers syro-israéliens engagés à son insu, a promis au Hamas des "roquettes et des fonds", pour 150 millions de dollars.
Enfin, le commandant en chef de l'Armée, Dan Halutz, a déclaré, répondant ainsi du point de vue stratégique à ceux qui considèrent que restituer le Golan, annexé à la suite de la guerre de 1967, équivaudrait à exposer dramatiquement Israël, que "le plateau du Golan n'était pas indispensable à la sécurité nationale". "Israel doit absolument en tenir compte et ne pas commettre les erreurs de la seconde guerre du Liban", a-t-il ajouté.
A partir du Golan, c'est incontestablement un équilibre géopolitique nouveau - Liban, Syrie, Jordanie, Israël, Palestine - qui pourrait s'établir dans la région, en excluant l'Iran.
Mais il exige tant, de part et d'autre, que rien n'exclut que chacun puisse sacrifier cette perspective au maintien d'un statu quo qui satisfait les extrêmes, les illusions et les peurs qu'ils entretiennent.
Il subsiste, pourtant, un chance concrète de voir la situation changer radicalement au profit d'Israël, de la Palestine, de la Syrie, du Liban et de la Jordanie qui formeraient, alors, un ensemble géopolitique cohérent.
Au possible, tout le monde est tenu.
HISTORICAL & LEGAL FACTS
Golan were an integral part of Mandatory Palestine as decided by the resolution of the league of the Nations voted the 24th of july 1922 art.5:"The Mandatory shall be responsible for seeing that no Palestine territory shall be ceded or leased to, or in any way placed under the control of the government of any foreign Power". Nevertheless, Britain , the Mandatory of Palestine, in total breach of Art.5, ceded in 1923 the Golan to France, the Mandatory of Syria. If not this perfidious act committed by Britain, even in the UN partion plan of 1947, the Golan would have been incorporated to Israel.
Fissure dans les relations syro-iraniennes?
Les Israéliens, comme les Américains, font du découplage de la Syrie vis à vis de l'Iran une des conditions majeures concernant la normalisation des relations et une avancée sur la conclusion d'un accord de paix syro-israélien, comprenant la restitution du plateau du Golan.
Si l'on en croit la presse israélienne, la prise de distance entre Damas et Téhéran pourrait survenir sans que Damas la provoque, car le président iranien Ahmadinejad vient de faire part de "sa surprise et de son mécontentement" devant les tractations en cours entre la Syrie et Israël, considèrant qu'il s'agit de la part de Damas d'"une violation de ses engagements à l'égard de l'Iran". Un ton particulièrement âpre dont on peut se demander s'il ne constitue, en soi, par une première fissure dans l'alliance syro-iranienne.
Reste à savoir, si cette déclaration - publique - traduit ce qu'il semble, si la Syrie se rangera auprès de son "allié" d'arrière-plan ou choisira, à la faveur d'un contexte qui peut lui être propice, de réorienter sa diplomatie vers un renouveau.
Efforts des etats Arabes au Musulmans
Je suis en accord avec la reaction de Fraid , si les etats Arabes peuvent avoir une influences positive pour une somution juste au moyen Orient elle est bien venue
Là où je me pose une question , donc avoir une position clair sur le droit à l'existance de l'etat d'Israel aux cotés d'un etat palestinien c'est se discrediter?? question à Fraid
Compétition de relais
La question du prestige est vraiment une question qui ne se pose pas.
Le général Petraeus a déclaré de son côté, jeudi, qu'il espérait que « les pourparlers de paix entre la Syrie et Israël marquent une étape positive ».
Les émissaires de la Turquie ont indiqué que la Turquie n'avait pas vocation à porter ce processus jusqu'au bout mais à le tracter suffisamment loin pour que, si les circonstances et les avancées s'y prêtent, Washington puisse finaliser. « Nous voyons cela comme une compétition de relais. », ont-ils même précisé.
Maintenant, si on veut voir le jeu diplomatique de manière puérile sans essayer de discerner les subtilités des positions, évidemment, on peut ramener la paix au Proche-Orient à ce type de critères.
la solution
voilà la solution aux conflits du moyen orient des médiateurs musulmans que ce soit la turquie ou le qatar les pays qui défendent le concept de conflit de civilisation comme les états-unis et aujourd'hui la france sont complètement discrédités pour jouer les intermédiaires...
Seule issue possible : un "plan Marshall" pour le moyen orient
Les négociations de paix entre les arabes et Israel restent incertaines malgrés toutes les ambitions afficher sur la scene internationale dans les dernieres semaines, Or une donnée importante est ignorée par les grands acteurs de la seine politique , soit par négligence soit à cause d'un manque d'une vision lointaine pour une paix juste et durable au moyen orient : Quelle est l'avenir économique pour cette region? a t on pensé à un "plan Marshall" pour le moyen orient ? toutes ignorance d'un developpement économique et social aura des retombées catastrophiques sur les générations futures , pire encore, les accords de paix déjà signés entre Israel et pays arabes risquent de s'évaporer en air : l'egypte est une vraie bombe à retardement qui peut s'exploser à n'importe quel moment à cause de la crise et de la souffrance interminable en matieres de premiere necessité pour les castes populaires et rurales ; en jordanie à cause de manque de démocratie et du poids de la pauvreté, en Mauritanie l'implemantation des groupescules terroristes entre les pauvres...etc , on veux vraiement une paix en moyen orient ? alors invesstissez à désamorcer cette bombe à retardement qui risque de nous rendre au point de l'état de guerre ; pensez un "plan Marshall" pour le moyen orient !
Réalisme ou bluff ?
Le président Bush aurait donné son accord pour discuter avec la Syrie et le PM Israelien tenterait de faire diversion dans une affaire de politique intérieure. Ce sont des arguments acceptables, mais ceux qui consistent à dire que les US sont moins "fort" qu'en 2003 dans la région et qu'Israel, en état de guerre permanent depuis un demi siècle, a du mal à maintenir ses positions face aux pays arabes (la victoire du Hezbolla au Liban à l'été 2006) sont sans doute aussi pertinents
Iront-ils jusqu'au bout?
Il me semble qu'ils ont déjà fait cette proposition mais n'ont jamais pu la réaliser car le Syriens seraient trop intervenu dans la régions.
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