Mardi 02 décembre 2008

-

L'Italie compte renouer avec le nucléaire

Jeudi 22 mai 2008

Vingt ans après avoir abandonné la construction de centrales nucléaires, l'Italie annonce qu'elle voudrait en bâtir de nouvelles pour réduire sa dépendance énergétique. Le gouvernement prévient que rien ne pourra être effectif "avant 2020".

Jeudi 22 mai 2008

Le gouvernement italien a annoncé jeudi qu'il voulait renouer avec le nucléaire, 20 ans après y avoir renoncé par un referendum populaire, afin de sortir de sa dépendance énergétique mais ce revirement sera long à concrétiser et à faire accepter.

"Lors de cette législature, nous poserons la première pierre pour la construction, dans notre pays, d'un groupe de centrales nucléaires de nouvelle génération", a déclaré le nouveau ministre du Développement économique, Claudio Scajola, devant l'organisation du patronat italien, la Confindustria.

L'Italie a renoncé au nucléaire lors d'un référendum organisé en 1987, peu après la catastrophe du 26 avril 1986 à Tchernobyl en Ukraine, et a fermé ses quatre centrales nucléaires.

"On ne peut plus éviter un plan d'action pour un retour au nucléaire", a déclaré le ministre, rappelant qu'il s'agissait d'une promesse de campagne de Silvio Berlusconi.

"Il n'y a que les centrales nucléaires qui puissent produire de l'énergie à grande échelle et de manière sûre, à des coûts compétitifs et dans le respect de l'environnement", a souligné Claudio Scajola.

L'Italie souffre d'une double dépendance, envers l'étranger et envers le gaz et le pétrole, qui frappe de plein fouet sa compétitivité avec la flambée du prix du brut et la met à la merci de ruptures d'approvisionnements.

A l'hiver 2006, le gouvernement italien avait dû prendre des mesures d'économies et piocher dans ses réserves stratégiques de gaz en raison de ruptures des livraisons de gaz russe.

L'Italie dépend à 87% de l'étranger pour sa consommation d'énergie. Le pétrole est le principal combustible utilisé (43 %) devant le gaz (36 %).

Pour ses besoins en gaz, elle dépend à 67% des seules Russie et Algérie, selon le gestionnaire du marché électrique italien.

En outre, l'Italie est tributaire à 60% du gaz pour produire son électricité, selon Enel, le numéro un italien de l'électricité.

L'annonce de M. Scajola a été saluée par Enel, dont l'Etat est actionnaire à 30%, et par le numéro deux du secteur en Italie, Edison, contrôlé par le numéro un mondial du nucléaire EDF.

Enel a retrouvé des compétences dans le nucléaire en rachetant le numéro un slovaque de l'électricité Slovenske Elektrarne (SE).

Les patrons de deux groupes se sont immédiatement dits prêts à travailler avec le gouvernement pour relever ce défi.

Le chemin promet cependant d'être long en raison des résistances politiques et des associations ainsi que des délais de construction d'une centrale.

"Entre la création d'un organisme gérant le nucléaire, l'autorisation pour implanter un site et enfin la construction d'une première centrale nucléaire, cette dernière pourra difficilement entrer en fonction avant 2020", a récemment estimé le patron d'Edison, Umberto Quadrino, tandis que son homologue d'Enel évoque un délai de 7 à 10 ans.

L'annonce du gouvernement a réveillé l'hostilité des associations comme Legambiente, la première en Italie pour la défense de l'environnement, qui se dit prête à "une opposition très dure" et se demande comment le gouvernement financera un projet aussi coûteux.

"M. Scajola parle de nouvelle génération, laissant entendre qu'il s'agit de la quatrième génération qui est encore dans une phase embryonnaire et dont les centrales seront, si tout va bien, disponibles d'ici 20-25 ans", a souligné son président, Vittorio Cogliati Dezza, dans un communiqué.

"Revenir au nucléaire en Italie en 5 ans (le temps d'une législature) est un parti pris idéologique", a critiqué de son côté Ermete Realacci, responsable de l'environnement au sein du Parti démocrate (gauche).


 

Soyez le premier à réagir.

    News Briefs
    Meteo
    Actuellement
    • New York
      Clear. Frais.
      7°C
    • Rio de Janeiro
      Clear. Doux.
      23°C
    • London
      Quelques nuages.  Chilly.
      2°C
    • Paris
      Quelques nuages.  Chilly.
      2°C
    • Moscow
      Brouillard.  Chilly.
      1°C
    • Istanbul
      Nuages épars. Frais.
      13°C
    • Mumbai / Bombay
      Brume. Doux.
      23°C
    • Beijing
      Ensoleillé. Frais.
      9°C
    • Tokyo
      Partiellement ensoleillé. Frais.
      10°C
    • Shanghai
      Ensoleillé. Doux.
      18°C
    • Sydney
      Ensoleillé. Chaud.
      25°C
    • Johannesburg
      Ensoleillé. Doux.
      19°C