27 mai 2008 - 13H31
- Jérôme Kerviel - Société générale

Assemblée générale tendue à la Société générale
Les actionnaires de la banque française s'en sont violemment pris à leurs dirigeants lors de l'assemblée générale annuelle. Le PDG Daniel Bouton affirme lui que la banque reste "l'une des plus performantes" d'Europe. (Récit : E. Allain)

Les actionnaires de la Société Générale ont violemment interpellé et même hué les dirigeants de la banque française au cours de l'assemblée générale annuelle, les critiquant pour l'énorme perte subie dans l'affaire Kerviel, a constaté une journaliste de l'AFP.

La banque a perdu 4,9 milliards d'euros en janvier en raison des opérations non autorisés de son trader Jérôme Kerviel.

"Nous sommes des grognards, et bien je vais grogner", a entamé un actionnaire, dès la première intervention.

Critiquant le mode de rémunération des traders dans les salles de marché, l'homme a estimé que "quand on crée les conditions d'un gros bonus, on abaisse le seuil d'honnêteté des gens".

"Il ne faut pas aller contre l'humain. S'il n'y avait pas eu ces gros bonus, il ne se serait pas passé ce qui s'est produit", a-t-il ajouté.

"On a fait emprisonner l'employé alors que ce sont ses patrons qui auraient dû quitter les lieux", a-t-il ensuite lancé sous les applaudissements de la salle, avant d'accuser les dirigeants d'avoir transformé la banque en "casino".

Le président du groupe, Daniel Bouton, a réfuté ces accusations et rappelé que l'action Société Générale restait "l'une des plus performantes des banques européennes".

"Monsieur le président, je me demande pour qui vous nous prenez!", a vivement lancé un autre actionnaire individuel et "client de la même agence Société Générale depuis 36 ans".

"A qui ferez-vous croire qu'on peut faire des choses de ce genre impunément? Ou bien ceci convenait à la hiérarchie de la Société Générale, ou bien les contrôles sont nullissimes!", a-t-il ajouté.

"Vous avez spéculé, un point c'est tout. C'est vous qui êtes en cause et M. Kerviel n'est qu'un pantin dans tout ça, qu'il aurait été facile d'arrêter si vous l'aviez voulu ou si vous aviez eu des contrôles vraiment corrects", a estimé cet actionnaire.

Remarquant que les actionnaires avaient perdu beaucoup d'argent sans protester, il a demandé que les administrateurs de la banque abandonnent leurs jetons de présence au titre de 2007.

Tentant de lui répondre, M. Bouton s'est fait interrompre par les huées du public quand il a remarqué que "toutes les enquêtes ont montré que les positions du trader à l'origine de la perte étaient dissimulées".

Commentaires

Responsable mais pas coupable

C'est encore une fois le manque de respect de soi-même qui conduit les dirigents de cette banque a ne pas prendre leurs responsabilités Ils auraient du démitionner car les salaires touchés ne correspondent pas au travail mal fait. Le trader s'est joué des contrôles. c'est une des premières taches du staff solidairement responsable de cette faillite. il serait pour le moins normal qu'il rembourse une partie des pertes et qu'il rendent les stock options.En un mot les mannagers de cette banque ont volé leurs actionnaire et une sanction pénale serait la moindre des choses avec réparation sur leurs biens pour faire un exemple.

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