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Cambadélis : "le Congrès de Reims est mal barré"
Jeudi 19 juin 2008
Echapper au duel Delanoë-Royal au parti socialiste ? Voilà ce qu’espèrent plusieurs barons du PS qui ont créé le camp des "reconstructeurs". Jean-Christophe Cambadélis, invité de l’émission Politiques, s’explique.
"Le Congrès de Reims [des socialistes en novembre] est mal barré", s’exclame Jean-Christophe Cambadélis, interrogé dans l’émission Politiques de FRANCE 24. Le député socialiste de Paris, proche de Dominique Strauss-Kahn, poursuit : "C’est mal barré... si c’est un affrontement entre Delanoë et Royal".
Eviter l’affrontement, c’est bien la stratégie du tout nouveau camp des "reconstructeurs", cette alliance entre d’anciens courants rivaux du Parti socialiste -les proches de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg et Martine Aubry. "Le mélange de la carpe et du lapin", ironise Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, sur LCI le 12 juin.
"Les reconstructeurs rassemblent toutes les mouvances", analyse Roselyne Febvre, spécialiste de politique française à FRANCE 24. "Il y a les fabiusiens, qui avaient pris un virage à gauche pendant le référendum et prônent un retour aux classes populaires. Il y a les strauss-kahniens, qui représentent le courant social-démocrate. Là-dessus se greffe Arnaud Montebourg - on ne sait plus trop où il habite. L’argument principal des reconstructeurs est de dire : mettons-nous d’accord sur un programme plutôt que sur une personne. Et Martine Aubry est leur pièce maîtresse pour l’instant."
"Si on s’entend pas entre nous…"
Ce camp des "reconstructeurs" est avant tout une stratégie pour écarter Delanoë et Royal, explique Carl Meeus, journaliste politique au Figaro. "La démarche initiale, on la voit bien, c'est d'attendre. Surtout, ne pas donner trop tôt le parti à Bertrand Delanoë ou Ségolène Royal."
Mais comment le courant des "reconstructeurs" va-t-il gérer les ambitions de son état-major à multiples têtes ? Quid de Dominique Strauss-Kahn, prétendant déçu aux primaires socialistes en 2007 ?
Jean-Christophe Cambadélis se justifie : "Si on ne s’entend pas entre nous, le parti ne pourra pas s’entendre. On essaie de faire une synthèse dynamique, de construire un nouveau centre de gravité." Et lorsque FRANCE 24 lui demande s’il ne prépare pas, malgré tout, le parachutage de Dominique Strauss-Kahn à la tête de ces "reconstructeurs", Jean-Christophe Cambadélis esquive : "Ce n’est pas la question pour le moment".
"Avec Martine, on s’aime beaucoup"
Les lignes de séparation entre les différents clans socialistes ne sont toujours pas bien définies, un an après l’échec de la candidate Ségolène Royal à l’élection présidentielle. Surtout, la frontière entre le camp des "reconstructeurs" et celui de Bertrand Delanoë pourrait fluctuer en fonction de la capacité du maire de Paris de nouer une alliance avec Martine Aubry, tous deux proches de Lionel Jospin dans les années 90.
Bertrand Delanoë n’a-t-il pas déclaré en début de semaine, en marge du conseil de Paris : "Avec Martine, on s'aime beaucoup, on est proches politiquement". Et il a ajouté qu’il souhaitait "contribuer à construire une majorité solide, dans la clarté, pas dans la confusion. " Une déclaration qui peut être perçue comme un clin d’œil appuyé au camp des reconstructeurs…
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