Les producteurs de fer dicteraient-ils leur loi ? En tout cas, ils augmentent considérablement le prix de vente de leur minerai. Dernier épisode en date, le minier Rio Tinto obtiendrait une hausse de 96 % du prix de ses exportations de l’Australie vers le Japon. La semaine dernière le groupe annonçait une augmentation de 85 % vers la Chine. Qu’est-ce qui explique une telle flambée des cours du fer ? La consommation effrénée venue d’Asie.
La demande d’acier venue des pays asiatiques est considérable. Conséquence bien sûr du développement rapide de ces pays où l’on construit à tour de bras. Or, pour faire de l’acier, il faut du fer ! Le fer est devenu un minerai extrêmement courtisé. Les producteurs de fer sont en position de force et, à l’échelle mondiale, le cours du minerai de fer a quadruplé depuis 2001.
Rio Tinto n’est pas le seul à augmenter ses tarifs. Il faut savoir qu’il n’existe pas de bourse du fer, contrairement au pétrole, à l’or, au zinc…Les producteurs négocient donc directement avec leurs acheteurs. Le groupe Vale, l’un des 3 géants du secteur, a augmenté ses prix de 65 % cette année. Rio Tinto a donc fait mieux. Maintenant il va falloir scruter l’attitude de BHP Billiton le leader mondial du minerai de fer.
Pourquoi les sidérurgistes acceptent une telle hausse des prix ?
Les sidérurgistes savent qu’ils peuvent ensuite répercuter cette hausse sur d’autres clients. Un exemple : le leader mondial de l’acier Arcelor Mittal envisage d’augmenter ses prix de 60 % pour les constructeurs automobiles. Au final, l’acheteur trinque aussi. Enfin, dans le cas de la Chine la semaine dernière, l’entreprise China Baosteel s’est mise d’accord avec Rio Tinto pour une raison peut-être plus politique. Elle aurait cherché à favoriser Rio Tinto pour que celui-ci résiste à la demande en mariage de BHP Billiton. Car si une telle fusion avait lieu, le groupe pourrait contrôler 40 % du fer de la planète. La Chine a peur et tous les coups sont permis…













