03 juillet 2008 - 10H40
- Algérie - Arabie saoudite - OPEP - Pétrole - Venezuela

Les populations des pays de l'Opep loin de s'enrichir
Si les pays producteurs d'or noir s’enrichissent avec l’augmentation du prix du baril, leur population semble beaucoup moins bénéficier de cette manne pétrolière.

 

Avec l’envolée du prix du pétrole, les pays producteurs deviennent logiquement plus riches. Mais les Etats ne sont pas les seuls à profiter de la manne pétrolière, les compagnies pétrolières et leurs sous-traitants s’enrichissent proportionnellement à la hausse des prix du pétrole. Même si le prix de l’essence dans la plupart de ces pays reste relativement bas, leur population partage très peu les richesses engendrées par l’or noir.

 

Vénézuéliens, Saoudiens et Algériens bénéficient-ils du prix élevé du pétrole ?

 

Le Venezuela, l’Arabie saoudite et l’Algérie connaissent une rentabilité considérable ces derniers temps grâce à un prix du pétrole très élevé.

 

Alors que les manifestations provoquées par la hausse du prix du pétrole se multiplient en Europe, les Vénézuéliens parviennent aisément à faire le plein de leur voiture. "L’essence est quasi gratuite, c’est même moins cher qu’en Arabie saoudite, premier pays producteur de pétrole", relève François Lescaroux, économiste à l’Institut français du pétrole basé à Paris. Mais la politique sociale d’Hugo Chavez ne prévoit pas de projets à long terme pour améliorer le quotidien de ses concitoyens. "C’est plutôt les pays voisins qui profitent de la richesse du Venezuela. Chavez, pour des raisons politiques, préfère racheter les dettes de ses voisins au lieu d’investir son propre pays", précise-t-il.

 

Si les pays de l’Opep, avec à leur tête l’Arabie saoudite, sont désignés comme responsables de  la hausse du prix à la pompe, les Saoudiens à leur tour ne semblent pas profiter d’une telle richesse. L’inflation atteint un niveau record de plus de 10 %, du jamais vu depuis 30 ans. Le prix des denrées alimentaires et du logement ne cessent de s’envoler. "L’Arabie investit lourdement pour renouveler et renforcer son infrastructure. C’est normal qu’un tel investissent provoque une telle inflation", explique l’économiste saoudien Abdullah Alalami. "Il faut un peu de temps pour que le Saoudien bénéficie enfin de cette richesse", rajoute-t-il.

 

Côté algérien, l’expert international Abderrahmane Mebtoul ne cache pas son mécontentement face à la gestion de la rentabilité du pétrole. "L’Algérie est mal gérée pendant que le pays connaît une relative aisance financière", confie-t-il. Alors qui profite de cette richesse ? "La minorité gouvernante semble s’enrichir davantage, mais ce n’est pas le cas de l’Algérien ordinaire", observe-t-il.

 

Commentaires

A/S les populations des pays de l'Opep loin de s'enrichir

le commentaire de M. MEBTOUL est loin de refléter la réalité. lui même faisait partie du sérail et il en a profité aisément. A bon entendeur salut.

L'Algérie: petit producteur de pétrole

On parle de l'Algérie comme un grand producteur de pétrole. C'est une question de médiatisation je suppose. L'Algérie est certes membre de l'OPEP mais elle a une production de pétrole qui ne dépase pas 1,5 millions de barils/jour. Par ailleurs, 30% de la production algérienne de pétrole est produite dans la cadre de l'association avec des sociétés étrangères. L'Algérie est le quatrième producteur d'Afrique après le Nigéria, la libye et le dernier venu à l'OPEP: l'Angola dont sa production avoisine actuellement les 2 millions de barils/jr. Toujours est-il que l'Algérie fait rentrer des devises avec cette flambée du cours du pétrole. Mais l'inflation grimpe aussi incidence directe de l'augmentation des prix sur le marché mondial. La majorité des produits étant en provenance d'Europe il y a donc une redistribution de cette manne vers cette même Europe. Autre point, dire que cette manne ne profite pas aux algériens est totalement faux à mon avis: beaucoup d'investissement sont en cours particulièrement en travaux publics et en bâtiment pour ne citer que les plus importants. De grands efforts sont faits pour l'eau potable, il n'y à qu'à voir les usines de déssalement. Une chose est par contre vraie: on devrait mieux utiliser cette manne. Malheureusement beaucoup préférent importer...c'est moins contraignant paraît-il que de faire de la production...C'est l'affaire des pouvoirs publics dont la vision à moyen et long terme est peu claire pour ne pas dire absente. Espérons plus de visibilité avec le nouveau disons plutôt l'actuel chef du gouvernement.

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