Le gouvernement colombien a annoncé lundi à Bogota qu'il rechercherait désormais un "contact direct" avec les guérilleros des Farc pour obtenir la libération des otages car il a "perdu la confiance" dans les médiateurs européens.
"Nous allons établir un contact direct" avec les Farc, a déclaré lundi à la radio privée W le Haut commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo.
"Le président (colombien Alvaro Uribe) a dit clairement à M. Jean-Pierre Gontard et à M. Noël Saez (les médiateurs suisse et français pour un accord avec la guérilla), qui se trouvaient à Bogota, que le gouvernement colombien n'a pas confiance dans leur travail", a indiqué M. Restrepo.
Les deux médiateurs "sont apparus en de nombreuses occasions plus comme des conseillers politiques des Farc que comme des facilitateurs", a affirmé M. Restrepo.
"Je crois que le travail pendant de nombreuses années des deux facilitateurs n'a, au delà de leur bonne volonté, produit aucun résultat, et en plus ces derniers ont été manipulés par les Farc", a ajouté le Haut commissaire pour la paix.
Dans le cas de la France, "le délégué français a offert aux Farc de faire lever le qualificatif d'organisation terroriste, des négociations directes ainsi qu'un bureau à Paris en février", a-t-il affirmé.
Puis le haut responsable a accusé l'émissaire suisse Gontard d'avoir remis de l'argent (500.000 dollars) aux Farc au Costa Rica, "semble-t-il dans le cadre d'une prise d'otage". "Transporter et donner de l'argent à une organisation en marge de la loi n'a rien à voir avec une médiation", a estimé M. Restrepo.
L'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt s'est quant à elle dite prête lundi à Paris à jouer un rôle d'émissaire entre les présidents rivaux colombien Alvaro Uribe et vénézuélien Hugo Chavez pour tenter de régler cette cirse des otages.
"J'espère que je peux aider, que je peux faire quelque chose pour rétablir l'amitié, la confiance" entre MM. Chavez et Uribe, a déclaré Ingrid Betancourt lors d'une heure d'émission spéciale en espagnol et en français qui lui était consacrée sur Radio France Internationale (RFI).
Ingrid Betancourt, en pull léger beige et pantalon blanc, pull jaune sur les épaules, s'est adressée en espagnol aux otages qui écoutent l'émission dans la jungle, témoignant une nouvelle fois de sa volonté de se battre pour ceux qui vivent "avec la mort constamment à leur côté".
"Je veux être un soldat de cette cause" (ndlr, des otages)". "Je ne sais pas comment le faire parce que Chavez détient une clef que personne d'autre ne possède. Les Farc l'écoutent. Chavez est un allié pour nous", a-t-elle poursuivi, ajoutant: "Chavez, je l'adore".
Elle a également dit vouloir rencontrer le président équatorien Rafael Correa, qui s'est investi dans le dossier des otages.













