L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé vendredi à Socatri (filiale d'Areva) de suspendre l'activité de sa station de traitement à Tricastin (Vaucluse), à l'origine d'un rejet accidentel d'uranium lundi soir, et de prendre des "mesures immédiates de mise en sécurité".
"Le collège de l'ASN s'est réuni ce matin (vendredi) pour prendre une décision imposant à Socatri la suspension de l'arrivée d'effluents dans la station de traitement à l'origine de la pollution et des mesures immédiates de mise en sécurité", a indiqué l'organisme dans un communiqué.
Les inspections menées jeudi par l'ASN ont notamment révélé que "la mise en sécurité destinée à empêcher toute nouvelle pollution n'est pas complètement satisfaisante" et que "les conditions d'exploitation lors de l'incident présentaient des irrégularités par rapport aux dispositions réglementaires applicables".
Ces constats donneront lieu à l'établissement d'un procès-verbal qui sera transmis au procureur de la République de Carpentras qui décidera des suites judiciaires à donner à ce dossier, ont précisé des responsables de l'ASN lors d'une conférence de presse à Lyon.
L'ASN, qui avait déjà signalé en mai dernier que "la canalisation qui évacue les effluents liquides de Socatri a fait l'objet de fuites répétées en 2007", demande également à la filiale d'Areva de mettre en place "un plan de surveillance renforcée comprenant notamment des analyses dans les rivières et la nappe phréatique environnantes".
L'ASN a aussi dénoncé "la gestion de la crise par l'exploitant (Socatri) (qui) a montré des lacunes en matière d'information des pouvoirs publics".
"Nous estimons que l'information a été tardive et qu'il y a eu un certain nombre de manquements à la réglementation de la part de l'exploitant", a déclaré devant la presse Charles-Antoine Louët, chef de la division de l'ASN de Lyon.
Lundi soir, un dysfonctionnement d'une installation de la Socatri lors d'un transfert entre deux cuves a donné lieu à un rejet d'effluents contenant environ 75 kg d'uranium dans les cours d'eau proches du site du Tricastin.
L'incident a été classé au niveau 1 ("anomalie") sur l'échelle Ines qui évalue la gravité des événements touchant les installations nucléaires et compte 7 niveaux, a confirmé vendredi l'ASN.




















Commentaires
Réagir à cet article