A l’approche des Jeux olympiques, les machines à coudre d'Asie tournent à plein régime. En Thaïlande, les réfugiés birmans fabriquent des vêtements des grandes marques sportives dans des conditions scandaleuses.
Dans une zone de non-droit adossée à la frontière birmane, des milliers de réfugiés jetés sur les routes par le cyclone Nargis fabriquent dans des conditions d'un autre âge les collections qui se vendront à prix d’or en Occident dans quelques semaines.
Ces Birmans ont tout perdu et n’ont reçu aucune assistance. Dès lors, une solution s’imposait : l'émigration vers la Thaïlande toute proche. Pour survivre, ces clandestins se livrent, à n’importe quel prix, à un marché du travail impitoyable.
"Je suis venu à Mae Sod pour chercher du boulot, explique l'un d'entre eux. J’ai vraiment besoin de travailler… Je prendrai tout ce qui vient."
Les 200 usines textiles de la zone frontalière, qui emploient 30 000 personnes, profitent de cette main-d'œuvre désespérée. Leurs ouvriers décrivent des cadences terribles pour remplir les commandes de grands noms internationaux.
"Moi, j’ai longtemps travaillé pour des grandes marques de sport étrangères, raconte Aung Thoo, un jeune Birman. On doit travailler de huit heures du matin jusque tard dans la nuit. Souvent, on n’a pas le droit de s’arrêter…C’est vraiment trop épuisant."
Une nuit, deux ouvriers birmans font entrer la caméra de FRANCE 24 dans leur ancienne usine. Environ 200 employés, hommes et femmes, y travaillent. Les commandes portent principalement sur les vêtements de sport.
Dans le hangar en tôle ondulée dépourvu de fenêtres qui leur tiennent lieu de dortoir, les ouvriers s'entassent sur des lits superposés dans un brouhaha assourdissant.
L'hygiène est inexistante. Les ouvriers mangent à même le sol et se construisent un semblant d'intimité à l'aide de bâches en plastique.
Malgré l'heure tardive, une femme crie : "Ils veulent encore quatre personnes pour aller bosser ! Il y a du boulot !"
Chaw Sue, elle, a 32 ans. Visage caché, elle témoigne des conditions dans lesquelles elle coud les vêtements qui seront distribués par de prestigieuses marques internationales, dont elle exhibe les étiquettes.
"Je travaille 29 jours par mois, dit-elle. Parfois 30. Je travaille huit heures de jour. Et ensuite six autres heures à partir de 18 heures. Jusqu’à minuit. Cela arrive souvent que nous ayons à travailler toute la nuit. On dort juste un peu en fin de nuit. Avant de reprendre le travail de jour. Et pour tout cela, je gagne 3000 baths (55 euros) par mois."
Il lui est interdit de quitter l'usine, comme à tous les immigrés clandestins.
Les patrons les moins scrupuleux profitent de la clandestinité de leur main-d’œuvre. "On a surtout des problèmes de patrons d’usines qui ne paient tout simplement pas leurs ouvriers, explique Che Kyi, chef du syndicat clandestin Yaung Shee Oo. Ils attendent un mois, puis ils appellent la police qui les embarque. C’est facile, car ils sont illégaux ici."
La région de Mae Sod offre des coûts de main-d'œuvre parmi les moins chers du monde selon l'avocat thaïlandais Thanu Ekchote. Grâce à une cascade de sous-traitance, s’insurge-t-il, les grandes marques peuvent échapper à toute application du droit du travail.














Commentaires
la catastrophe engendre beaucoup de problèmes surtout pour les v
c'est UN excellent reportage qui montre l'ampleur de ce genre d'esclavagsite de l'an 2008; ce que je voulais dire,c'est que le cyclone de birmanie a attaqué la communauté la plus vulnérable et que les autorité ne sont pas préparé à ce genre de catastrophe. et d'ailleurs,vous avez vu tous comment été la réaction l' autorité birmane aprés la catastrophe qu'ils n'ont pas accépté l'aide humanitaire pour les gens victmes du cyclone. de ce fait, le résultats probables engendrer c'est l'immigration clandestine vers d'autres villes pour une recherche du Minimum afin de vivre .pire encore quand lesbirmanes entre et sans papier ni droit et en même temps la coincidence des jeux olympiques, l'exploitation de ces gens aparaîssent et les autres croit en eux ,mais sans aucun droit humanitaire,des enfantset des femmes emprisonnés derrière la machine à coudre pour des tie-shirt des athletes et une erichissements des directeurs des usines baignant dans des fraudes. et pour conclure il faut que toutes les bonnes volontés réagissent face à ce phenoméne. chapeau aux journalistes qui ont dévoilés cette catastrophe humanitaire au milieu des JO.
Alte a ces exploiteurs chinois-thais !
Bravo pour ce reportage ! Je vais essayer de faire traduire et faire passer ce reportage sur des chaines thailandaises afin que les dirigeants thais fassent quelque chose de suite et que les thais qui sont les premiers gros consommateurs des vetements de marques se mettent a reflechirent avant d'acheter car beaucoups de ces derniers ignorent l'existence de ces usines ! Majorite de ces usines sont diriges par des chinois-thais mais plus chinois que thais. Les chinois sont reputes pour ces genres d'exploitations d'humains. C'est la mafia chinoise qui sont derriere tout ca .
Merci pour ce reportage qui va faire du bruit pendant les jeux olympique de Pekin .
RE: expérience
c´est dommage que l´économie du monde dit démocratique et des droits de l´homme se soit presque toujours basé sur l´esclavage. quelle la différence entre les anciens esclaves noirs américains et ces pauvres birmans et africains qui pour les uns produisent les vêtements de sports pour 55 € par mois et pour les autres produisent du cacao, café caoutchouc, uranium, diamants,or, coton, bananes,etc pour 0,5€ par jour je pense que les journalistes devraient faire davantage de reportages pareils afin de sensibiliser l´opinion afin qu´on puisse mener des actions en justice contre de tels actes criminels. bravo pour le reportage.
halte à ça
Hélas ce genre e situation a déjà été dénoncée. Je me souviens de Nike qui avait été hué lors de JO car il exploitait des gens dans les mêmes conditions. Ce genre de choses existe partout dans divers domaines et ce n'est pas prêt de s'arrêter.
Fermer ces usines ne ferait que de pénaliser les ouvriers esclaves qui seraient encore alors livrés à leur triste sort sur les routes de l'exode.
En fait, il nous appartient de ne pas acheter les vêtements de marques qui sont ainsi confectionnés.
Si on s'interressait davantage à la consommation de produits issus du commerce équitable, cela serait la meilleure façon d'abolir ces pratiques et d'anéantir la puissance de ces grandes firmes sportives négrières et de bien d'autres grands groupes.
nous regressons
le profit toujours et plus de profits, exploter, s'enrichirent, c'est tout se qu'est l'humain ,plus du plus, plus ils ont plus ils veulent ,soumettre, dominer,ecrasser,pourquoi faire ?acheter des robinets en or tout le clinquant pour épater les mémes exploitants de la gente humaine.ils ne cherchent qu'a dépasser l'autre riche plus riche.mais pourront'ils un jour avoir la bourse deliée pour donner au restaurant du coeur a une association pour aider les femmes battues ou des hommes victumes des mauvaises conditions de travail pour les enrichirent ,non bien sur ,sa ne leurs raménent rien a leur bourses et pourquoi nous sortir de la mouize ou ils ne serait plus aussi riche,car il y a trop de misére par leurs fautes.je suis en retraite j'etais aussi commercant(e)mais trés humain(e),j'ai su rester simple ,pas de pouvoirs a n'importe quel prix plus et plus non ,sa n'a jamais été mon but .je suis a ma place ,je fais parti du peuple et je m'y sens bien ,j'ai encore trop a dire sur ce sujet ,mais notre comportement guide notre mental ,les animaux parfois sont plus solidaires que l'humain c'est pas dit s'ils avait des doigts et un language qui sait se qu'ils en ferait .déja nous dirait'ils de devenirent végétariens .si nous empéchions des patrons de devenirent riches ,certains serait'ils truands ,ou ne serait pas patrons c'est l'argent qui donne le pouvoir d'exploter et une grosse dose d'emprise sur les hommes .ne devient pas patrons qui veut car il faut réussir et durer dans le temps ,pour exploter aprés tout se que j'écris n'engage que moi ,merci de m'avoir lu
c'est honteux pour le sport
Les dirigeants des instances sportive ne suivent-ils pas les infos ou quoi? On ne peut pas seulement se contenter d'organiser des competitions sans se soucier de ce qui se passe dans les coulisses; c'est impensable à moins que le sport ne rime avec violation ou ignorance des droits de l'homme. Il faudrait que "qui de droit" veille à ce que ces usines soient fermées le plus tot possible et que ces employés surexploités soient indemnisés convenablement. Autrement c'est tout le monde du sport qui sera affecté par ce problème scandaleux.
Aberrant
Merci pour ce reportage dont les témoignages poignants nous montrent les coulisses d'un monde sans pitié ou les grandes fortunes amassent d'énormes pactoles aux dépends de ces pauvres gens victimes de leurs destins.Ce reportage souligne le fait qu'il existe toujours en 2008,l'ère des technologies et du modernisme,une forme d'esclavage moderne qui loin de s'estomper ne fait que s'aggraver.Nous sommes spectateurs de cette injustice dans l'espoir de pouvoir agir un jour.qui sait...
En Thailande ou en Birmanie c'est pareil ?
Je pense qu'il s'agit de la ville de Mae Sot situé à 6 km de la frontière de la Birmanie.
Sans citer de nom il est facile de décrire ces marques de vétements de sport afin que nous soyons informés correctement. Le flou que vous entretenez ne permet aucune action contre ces marques aussi prestigieuses soient-elle. Les 3000 bahts que vous annoncez ne sont pas très loin du salaire minimum en Thailande. Seules les conditions de travail changent-elles ? Ce n'est pas certain ! Que votre journaliste se déplace un peu et il y trouvera bien en dehors des zones frontalières des "zones de non droit", et là le personnel est thaï.
Bravo
Excellent reportage. Tout est dit, argumente et soutenu par des faits et des temoignages. Je connais des directions qui vont souffrir dans les prochains jours...
Grace a vos reporters, le debat est RE OUVERT. C'est courageux de votre part (reporters et direction de redaction) de vous attaquer a ce probleme. La vraie question pour nous occidentaux: Faire l autruche et Continuer de faire semblant de croire que cela n existe pas ou Lutter contre cet esclavagisme des temps modernes.
Grace a vos reporters, le monde ne pourra plus dire qu'il ne savait pas. Esperons que les "pourritures" qui utilisent ces pauvres gens disparaissent le plus vite possible. Ah misere et desespoir quand vous nous tenez...
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