Corée du Nord
Accord de non agression entre la Corée du Nord et l'Asean
Vendredi 25 juillet 2008
En pleine négociation autour du nucléaire, la Corée du Nord a signé un traité de non-agression avec l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean). Les 10 pays de l'Asean sont réunis à Singapour pour un forum sur la sécurité.
Vendredi 25 juillet 2008
Par AFP (texte)
La Corée du Nord a signé jeudi un traité de non-agression avec l'Asie du Sud-Est, une façon de tenter de faire bonne figure sur la scène internationale, estiment experts ou pays de la région, alors que sont engagées des négociations très sensibles sur sa dénucléarisation.
Le texte a été signé entre le ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Pak Ui-Chun, et ses homologues de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean) en marge du Forum sur la sécurité en Asie (ARF) à Singapour.
Le document, initié en 1976 par les membres fondateurs de l'Asean, stipule notamment que les signataires, dans "leurs relations entre eux", doivent chercher à régler tout différend "par des moyens pacifiques" et à "renoncer à la menace ou à l'utilisation de la force".
La Corée du Nord est le 15e pays extérieur au bloc du sud-est asiatique à le signer. Parmi les autres Etats à avoir scellé ce pacte avec l'Asean, figurent notamment la Corée du Sud ou même la France.
"Avec ce traité, (Pyongyang) cherche à envoyer à l'étranger le message qu'elle est prête à se comporter comme un membre responsable de la communauté internationale", estime Kim Sung-Han, expert sud-coréen à l'Université de Corée.
Selon le porte-parole du chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Tong-Il, la signature prouve la "volonté" de Pyongyang d'avoir des relations "amicales" avec l'Asean, mais aussi "de contribuer à la paix et la sécurité dans toute la région".
Sceptique, Carl Thayer, professeur au Centre d'études stratégiques et de défense à l'Université nationale australienne, n'attend cependant de son côté pas vraiment "de conséquence mesurable sur le comportement de la Corée du Nord envers la Chine, le Japon ou les Etats-Unis".
La Corée du Nord est engagée depuis 2003 dans des négociations qui impliquent ces trois pays, mais aussi la Corée du Sud et la Russie, et qui visent un démantèlement de ses installations nucléaires en échange d'une aide énergétique vitale. Les pourparlers offrent aussi au pays communiste, l'un des plus isolés au monde, la perspective de normalisation de ses relations avec la communauté internationale.
Mercredi à Singapour, ces négociations ont d'ailleurs fait l'objet d'une rencontre au sommet des chefs de la diplomatie des six parties prenantes. Une réunion jugée "sans surprises" par la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, mais qui, selon son homologue chinois Yang Jiechi, a montré la volonté de tous d'avancer.
En juin, Pyongyang avait remis à Pékin une déclaration très attendue détaillant ses programmes nucléaires, un geste salué par la communauté internationale, notamment les Etats-Unis.
Mais, méfiants, les Américains réclament une "vérification" minutieuse de la déclaration. Vérification dont les modalités font l'objet de discussions serrées.
"Chaque petit pas que nous faisons pour encourager la Corée du Nord à se plier aux normes internationales est un pas dans la bonne direction", a estimé le porte-parole à Singapour de l'Asean, Andrew Tan, avant la signature du traité. "Mais bien sûr le principal effort demeure dans les négociations à Six elles-mêmes", a-t-il reconnu.
Le Japon, qui attend aussi depuis des années des progrès sur une autre question ultra-sensible, celle de l'enlèvement de Japonais par Pyongyang dans les années 1970 et 1980, s'est aussi félicité du geste nord-coréen.
Mais, a estimé son porte-parole à Singapour Masahiko Komura, "nous devons travailler encore plus dur pour obtenir la dénucléarisation de la RPDC (République populaire démocratique de Corée, nom officielle de la Corée du Nord, NDLR) et aussi améliorer les relations entre le Japon et la RPDC, notamment sur la question des enlèvements".
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