02 août 2008 - 21H17
- Politique africaine - Somalie

Dix ministres somaliens menacent de démissionner
Dix des 15 ministres somaliens menacent de démissionner, avançant une mauvaise utilisation de fonds publics par le Premier ministre Hussein. Cette crise reflète la rivalité entre ce dernier et le président somalien Youssouf (photo).

Dix des 15 ministres somaliens ont exprimé leur intention de démissionner du cabinet, en avançant une mauvaise utilisation de fonds d'Etat par le Premier ministre, Nur Hassan Hussein, ont indiqué samedi les intéressés dans une déclaration transmise à l'AFP.

 

"Nous ne pouvons pas rester (au gouvernement) et partager la responsabilité de ce que le Premier ministre a fait", ont-ils ajouté.

 

Seuls six des 10 ministres concernés sont présents à Mogadiscio et un responsable du bureau du Premier ministre a précisé à l'AFP que pour l'instant, aucune démission officielle n'avait encore été présentée au gouvernement.

 

"Dix ministres, dont moi-même, ont présenté leur démission du gouvernement de Nur Hassan Hussein, dont deux Premiers ministres adjoints", a indiqué à l'AFP le ministre des Affaires familiales Qadijo Mohamed Diriye.

 

"Aucune initiative n'a été prise au parlement depuis sept mois et nous constatons une utilisation erronée des ressources de la nation, tandis que le gouvernement a failli à son devoir d'assurer la sécurité", affirme le communiqué commun.

 

La démission annoncé des deux tiers du gouvernement intervient deux jours après le limogeage par le Premier ministre Nur Hassan Hussein du maire de Mogadiscio Mohamed Omar Habeb, accusé d'abus de pouvoir et de corruption.

 

Ancien seigneur de guerre somalien qui dirigeait la région du Middle Shabelle avant d'en être chassé par les islamistes en 2006, Mohamed Omar Habeb avait été nommé maire de la capitale somalienne par le gouvernement en avril 2007.

 

Selon les observateurs, cette crise reflète la rivalité entre le Premier ministre et le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed, soutien du maire de Mogadiscio.

 

Soutenu par l'armée éthiopienne intervenue fin 2006 pour chasser les islamistes au pouvoir dans la majeure partie du pays, le gouvernement somalien avait conclu en juin, sous l'égide de l'ONU, une trêve avec une partie de l'opposition islamiste, dénoncée cette semaine par les insurgés du mouvement des shebab.

 

Un cessez-le-feu aurait dû intervenir le 9 juillet, pour une période initiale de trois mois, mais les combats entre insurgés et troupes éthiopiennes et du gouvernement, quasi quotidiens depuis plusieurs mois, se sont poursuivis dans toute la Somalie, en guerre civile depuis 1991.

 

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