15 août 2008 - 08H14
- Transports

Alliance sur les vols translatlantiques
Les compagnies American Airlines, British Airways et Iberia viennent de signer un accord d'alliance sur les vols transatlantiques. L'objectif est de réaliser des économies sur ces vols. Reste à obtenir le feu vert des autorités de la concurrence.

Les grandes manoeuvres se poursuivent sur le marché très convoité des vols transatlantiques, où la compagnie britannique British Airways (BA), l'espagnole Iberia et American Airlines veulent unir leurs forces, sous la pression d'une concurrence exarcerbée et du pétrole cher.

Les trois alliées, déjà membres du réseau oneworld, ont annoncé jeudi qu'elles allaient demander aux autorités de la concurrence américaines et européennes un accord d'"immunité antitrust", sorte de blanc-seing les autorisant à mettre en place une "coopération commerciale" étendue sur leurs vols entre l'Europe et l'Amérique du Nord.

En pratique, les trois transporteurs veulent multiplier les partages de codes sur leurs vols transatlantiques, aligner les horaires de leurs liaisons pour faciliter les correspondances, et augmenter les fréquences et les choix de tarifs.

Toutefois, chacune "continuera d'opérer en tant qu'entité juridique distincte", ont-elles précisé dans un communiqué commun.

Le partage de codes permet à un transporteur de vendre des sièges en son nom à bord de vols d'une autre compagnie aérienne.

La conclusion de ce pacte était attendue depuis plusieurs semaines. British Airways et American Airlines, qui avaient tenté par deux fois de s'allier par le passé, mais s'étaient heurtées au désaccord des autorités de la concurrence, avaient commencé à en discuter en avril.

Iberia, qui s'est lancée depuis dans un projet de fusion avec BA, s'était jointe ensuite aux discussions.

En revanche, une autre compagnie américaine, Continental Airlines, s'est retirée des pourparlers, préférant s'allier en juin à sa compatriote United Airlines.

BA, American et Iberia plaident que leur alliance améliorera le service à la clientèle et ne devrait pas entraîner de hausses de tarifs, sur un marché transatlantique très concurrentiel et actuellement dominé par les réseaux rivaux SkyTeam (Air France-KLM, Delta, Northwest...) et Star Alliance (Lufthansa, United, Air Canada...).

Selon British Airways, Star Alliance contrôlerait 35% du marché transatlantique, SkyTeam 28%, loin devant oneworld (21%).

De plus, SkyTeam et Star Alliance ont déjà obtenu l'immunité antitrust, souligne la compagnie britannique.

Le trio anglo-ibéro-américain souligne que le secteur aérien est plongé dans "le contexte le plus difficile qu'il ait jamais connu", entre la flambée des prix du pétrole et le retournement de l'économie de part et d'autre de l'Atlantique.

American Airlines, dont les comptes sont tombés dans le rouge, a annoncé cette année un lourd plan de restructuration, et plusieurs petites compagnies spécialisées dans les vols Etats-Unis/Europe, (Eos, Maxjet et Silverjet) ont fait faillite ces derniers mois.

De son côté, British Airways fait face à une concurrence exacerbée, en raison de l'ouverture à la concurrence du marché aérien transatlantique, qui a notamment ouvert son bastion de Londres Heathrow, premier aéroport international de passagers.

Les compagnies rivales Air France et Delta ont lancé en mars une coentreprise pour tirer parti de cette ouverture à la concurrence, tout en partageant leurs coûts.

Mais Virgin Atlantic, la compagnie de Richard Branson et ennemie jurée de British Airways, a dénoncé avec virulence un risque de création d'un "monopole monstrueux", affirmant que les trois compagnies s'arrogeraient une position dominante sur la plus lucrative des liaisons transatlantiques, Heathrow/New York-JFK, et réduirait fortement, voir totalement, la concurrence sur de nombreuses autres destinations.
 

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