Dernière modification : 19/08/2008 

- Tchad


L'ex-président Hissène Habré condamné à mort
L'ancien chef de l'État tchadien Hissène Habré vit en exil au Sénégal depuis 1991. Il a été jugé par contumace, aux côtés de onze chefs rebelles tchadiens, "coupable d'atteinte à l'intégrité et à la sécurité du territoire".

L'ex-président tchadien Hissène Habré (1982-1990), en exil à Dakar et poursuivi pour crimes contre l'Humanité, et onze chefs rebelles tchadiens ont été condamnés à mort par contumace vendredi par la Cour criminelle à l'issue d'une audience expresse pour "atteinte à la sécurité de l'Etat".

Les douze condamnés ont été tous déclarés "coupables d'atteinte à l'ordre constitutionnel à l'intégrité et à la sécurité du territoire", selon une source judiciaire.

Trente et un autres membres de la rébellion ont été condamnés à des travaux forcés à perpétuité après avoir été reconnus coupables "d'attentats dans le but de détruire ou de changer le régime" du président tchadien Idriss Deby Itno.

Parmi les condamnés à mort de la rébellion figure son principal leader, le général Mahamat Nouri, un proche de l'ex-président Habré renversé en 1990 par M. Deby, mais aussi ex-ministre de la Défense de ce dernier.

La Cour a également ordonné "la confiscation" des biens des condamnés qui devront verser un franc CFA symbolique à titre de dommages et intérêts à l'Etat.

Ces condamnations ont été prononcées à la suite d'"une plainte de l'Etat" contre les différents condamnés, a-t-on indiqué de source officielle, qui a précisé qu'elle avait été déposée "en bonne et due forme" et avait "suivi son cours normal".

"On est surpris par cette décision de la Cour", a déclaré à l'AFP un avocat, ayant requis l'anonymat, soulignant que l'examen de la plainte et la délibération avaient pris "environ une heure à la Cour" pour se prononcer.

"On s'interroge aussi sur la condamnation commune d'Habré et des rebelles. Faut-il y voir une lecture du pouvoir qui pense que la rébellion et Habré sont de concert dans la préparation des attaques de la rébellion contre le régime?", s'est interrogée cette source.

Les 2 et 3 février, après avoir traversé le Tchad d'est en ouest en provenance de leurs bases arrières soudanaises en moins d'une semaine, les rebelles avaient attaqué N'Djamena, acculant le président Deby dans son palais.

Ce dernier les avait repoussés in extremis, notamment avec un soutien militaire de la France qui avait acheminé des munitions aux forces régulières.

Depuis, la rébellion s'était manifestée par des raids notamment en avril et en juin.

Lors des incursions de juin dans l'est du pays, de violents combats avaient opposé les forces gouvernementales à celles de la rébellion, en particulier à Am Zoer où des affrontements avaient fait au moins 162 morts, selon une source militaire tchadienne.

Un des responsables de la rébellion, joint par téléphone, Abderaman Koulamallah, condamné aux travaux forcés, a estimé que cette condamnation était "un honneur" que lui faisait "un régime dictatorial et antinational".

Réfugié au Sénégal depuis 1991, Hissène Habré est poursuivi pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture.

Une "commission d'enquête sur les crimes et détournements" commis durant les années Habré, créée après sa chute, a estimé à plus de 40.000, dont 4.000 identifiées nommément, le nombre de personnes mortes en détention ou exécutées au cours de sa présidence.

Le Sénégal a récemment modifié sa Constitution pour pouvoir le traduire devant la justice. Ce pays a été mandaté en juillet 2006 par l'Union africaine (UA) pour juger M. Habré "au nom de l'Afrique".

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), Ong basée à Dakar et partie civile pour le procès au Sénégal de M. Habré, a "désapprouvé totalement" cette condamnation, l'estimant "inique", "politique" et violant "un droit humain fondamental, le droit à la vie".

Commentaires (4)

Réaction suite à la condamnation du President Habre

Je m'indigne et je m'offusque face à la condamnation de l'ex president tchadien.Que les choses soit claires:à l'instar de tous les autres presidents qui ont commis et qui commettront des crimes sous leur règne,Habre doit être juger et condamner.Seulement,la condamnation prononcée le 15 Août dernier contre lui montre de toute évidence que LE PRESIDENT DEBY et LA FRANCE redoutent quelque chose.Sinon comment se fait-il que Habre ayant été évincé du pouvoir depuis 1990 soit jugé seulement18 ans après?Pourquoi est-ce que Habre est jugé seulement que lorsque l'Union Africaine mandate le Senegal pour son jugement et pas avant?.......
Si la France n'a rien à se repprocher dans le procès Habre qu'elle laisse l'Afrique regler ses problèmes et qu'elle aille voir en Russie si l'Afrique y est.
Je soupçonne, pour finir, l'empire colonial et son gouverneur Idriss Deby de précipiter l'ancien president dans la tombe avant qu'il ne revèle des informations qui les mettre dans de BEAUX DRAPS

opinion

je suis et je resterai toujours favorable pour le jugement de Hissein Habré et ses complices. Mais il ne faut pas oublier que l'actuel president du Tchad, Idriss Deby est le vrai complice de l'ex regime. mais condamner les actuels rebelles pour avoir cherché à renverser Deby du pouvoir m'etonne puisque l'actuel president est aussi arrivé par la meme voie. Je me pose aussi la question de savoir pourquoi ne juge - t-on pas certaines personnes qui sont aux cotés de Deby et qui avaient pourtant commis d'enormes crimes. En tout cas, pour moi,ce jugement cache beaucoup de choses mais laissons passer le temps et l'avenir nous dira.

preuve de panique

Pour moi cette parodie de justice tres genre regime actuel est plutot la preuve de panique des chefs de guerre
en place a N djamena
Je crois pouvoir deviner que malgre qu il ait repousse les rebelles lors des incursions de juin dernier le regime
aura note que la barre toujours plus haute des violences des affrontements est entrain d etre intenable
Jamais auparavent les biens des opposants de tout genre ne furent confisque car il est question d assurer ses arrieres en cas de revirements
ce sont apres tout d anciens compagnons ou plutot complices

Ce jugement par contumace de ce 15 Aout au Tchad

Nous sommes sans ignorer que le Tchad a traversé des moments difficiles. L'histoire me laisse croire que sous le régime du Président Hissein Habré, beaucoup de Tchadiens et quelques étrangers ont été massacrés, torturés et assassinés. Le rapport d'enquete parle de 40.000 morts. On ne peut pas laisser inaperçu ce crime contre l'humanité. Il est du devoir de l'Etat et des rescapés victimes de cette torture d'intenter une action en justice, c'est bien normal. Les victimes et rescapés du crime d'Hissein Habré et ses complices ne cessent de parler et demander que la justice leur soit rendue mais en vain. Il a fallu attendre que les rebelles tchadiens et quelques mercenaires appuyés par le regime de karthum viennent marcher sur la capitale tchadienne (N'Djamena) du 31 janvier au 5 février 2008 d'abord la justice tchadienne prononcera par contumace un jugement ce vendredi 15 Aout 2008, condamnant l'ex-Président Hissein Habré et les onze autres rebelles à mort et que leurs biens seront donnés à l'Etat tchadien en guise de dommages et interets. La question que je me pose, le fait de prononcer de telle jugement à l'encontre d'Hissein Habré n'est pas synonyme de voiler ses principaux complices, qui torturaient, tuaient, massacraient des gens sous son regime mais qui vivent certainement tranquille sous le regime actuel d'Idriss Deby Itno et quelques uns auraient occupé meme de hautes fonctions? Ce jugement ne créerait t-il pas des tensions dans les jours à venir dans certaines communautés où sont issues ces personnes condamnées à mort avec les autres communautés ciblées d'avoir intenter un procès contre leurs parents?

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