- Égypte - Irak
Le jour du retour est arrivé pour Salah et sa famille. Voilà deux ans qu’ils étaient partis de Bagdad pour Le Caire afin d'échapper à la folie meurtrière qui submergeait la capitale irakienne. "Les attentats et les ‘check-points’ (points de contrôle) c’est pas une vie. Comment peut-on élever des enfants dans ces conditions ?" Salah a eu du mal à quitter l’Irak. Cet ancien membre de la garde républicaine de Saddam a vu son pays transfiguré. "Dans les médias ils disent que la situation sécuritaire va mieux. On va voir si c’est vrai. Je suis heureux de rentrer dans mon pays mais je suis inquiet car, en quelque sorte, je plonge dans l’inconnu."
Seuls les Irakiens les plus fortunés n’y retournent pas
Il est temps de rentrer, l’Irak va mieux. C’est en substance le message du consul irakien au Caire, Nazar Mohammad. A-t-on donné des objectifs chiffrés ou une limite de temps à cette opération ? "Dès que nous avons assez de candidatures pour remplir un avion, nous appelons Bagdad et la présidence nous envoie un avion de la République", répond simplement le consul. Entre 70 000 et 100 000 Irakiens vivent en Egypte et plus de 200 réfugiés ont regagné l’Irak aujourd’hui. Nazar Mohammad nous apprend également que cette opération, première du genre, va être généralisée au reste du Moyen-Orient.
Nadia est heureuse de quitter l’Egypte. La capitale égyptienne s’est montrée hostile aux nouveaux arrivants. "On a quitté les bombes d’Irak pour se faire escroquer en Egypte." Elle est amère car le pécule qu’ils avaient amassé en Irak est maintenant épuisé. En franchissant le contrôle des passeports, Salah nous fait une dernière confidence. "Si je pouvais, je partirais en France ou en Espagne et pas en Irak. Vous savez ce que ça veut dire de devoir tout recommencer à zéro dans un pays occupé et encore en guerre ?" Seuls les moins pauvres avaient les moyens de quitter l’Irak, aujourd’hui seuls les plus riches ont les moyens de ne pas y retourner.
"Sous Saddam, c'était un million de fois mieux"
A l’ambassade du Caire, il y a bien une longue file d’attente mais la plupart des gens présents ne sont pas venus pour se porter volontaires au retour. "Tant qu’il n’y aura pas de gouvernement normal, une administration irakienne sans occupation, je ne rentrerai pas. Je n’ai pas peur des attentats mais la situation n’est pas encore bonne", confie un homme d'affaires originaire de Bagdad. "Sous Saddam, c’était un million de fois mieux que maintenant !", surenchérit un père de famille sunnite qui porte une casquette aux couleurs de l’ancien drapeau irakien. "Il n’y a pas d’électricité, il y a des problèmes d’eau, les routes et les hôpitaux ont été détruits !"
Même constat pour Fatima El Kotani. La sécurité va mieux mais l’Irak n’est pas vivable. Après un séjour en Jordanie, cette élégante intellectuelle s’est installée en 2004 dans une banlieue confortable du Caire avec Anssam, sa fille de 18 ans. Elle a quitté Bagdad quelques mois après la mort de son mari Najdat, tué par un tir américain. "Je ne supportais plus les contrôles incessants, devoir montrer mes papiers à un étranger, je ne le supportais plus. Je me sentais comme une invitée dans mon propre pays." Elle s’est rendue à Bagdad le mois dernier et a y vu les progrès réalisés mais en Egypte, elle se sent vraiment en sécurité. "Vous savez, les Irakiens d’Egypte reçoivent de l’argent d’Irak et pas le contraire. Ceux qui rentrent aujourd’hui, n’ont simplement plus les moyens de rester."
"Dans dix ans peut-être"
Pour Fatima, ce n’est pas encore le moment. "Dans dix ans peut-être, on dira que cette guerre a été une bonne chose si en plus d’être débarrassés de Saddam, nous avons un état qui fonctionne. Je voudrais que ma fille puisse étudier dans de bonnes conditions. En Irak, ce n’est malheureusement pas encore possible."
Anssam sourit. Pour sa part, elle ne voudra jamais retourner en Irak, le pays où elle a vu mourir son père.




























Commentaires (3)
VOUS DITES VRAI BALTHAZAR
C'est vrai Balthazar, Bush n'osera pas lever le petit doigt pour secourir l'homme de paille de Géorgie, car l'ours Russe n'est pas commode, ses griffes sont bien acérées et il ne ne laissera pas faire car il a les moyens de rendre griffe contre griffe , alors nous savons tous, que pour se valoriser, les lâches s'attaquent toujours, vaillamment à plus petit que soi......
C'est dur de vivre hors chez soi...
C'est vraiment dur de vivre hors chez soi avec toute une famille. Très peu de personnes réussissent dans leur éxil. Mais si quelques Irakiens veulent rentrer chez eux, c'est une décision personnelle qu'il faut encourager.
L'Irak,retour programmé des refugiés
Bush a transformé l'Irak en Enfer.Les Irakiens sont étrangers dans leur propre pays à cause de l'occupation Américaine et les exactions commises par les coboys yankés qui pépertuent les traditions de leurs grands parents face aux peaux rouges.Personne ne les a invités en Irak.C'est l'or noir qui a poussé Bush à s'accaparer des richesses de ce pays et donner le monopole aux entreprises de l'occupant.Pourquoi Bush ne secourt pas son serviteur Géorgien Michael ?
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