12 septembre 2008 - 11H00

La XIe Biennale d'architecture de Venise fait place à l'imagination

Les murs sont faits de câbles optiques, le salon, la chambre et le jardin roulent sur pneus alors que la yourte des steppes asiatiques est équipée d'un garage : la XIe Biennale d'Architecture de Venise qui démarre dimanche, fait place à l'imagination.

Cette nouvelle édition, qui occupera les immenses espaces de l'Arsenal et des Jardins voisins à l'est de la ville jusqu'au 23 novembre, reçoit cette année 56 pays et des centaines d'architectes à qui il est demandé de "faire des expériences", écrit son commissaire général, l'Américain Aaron Betsky, en présentant la Biennale.

L'un des plus célèbres d'entre eux, Frank Gehry, auteur du musée Guggenheim de Bilbao et lauréat du prestigieux prix Pritzker, en même temps qu'il expose un de ses projets, recevra samedi un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière.

Le titre un peu énigmatique de la manifestation "Dehors : l'architecture par delà le bâtiment" (Out there : Architecture Beyond Building), "touche du doigt ce qui est évident. L'architecture, ce n'est pas le bâtiment", dit le commissaire, c'est au contraire "la façon dont nous y pensons, en parlons. Nous devons faire des expériences", dit-il.

Une vingtaine d'équipes d'architectes internationaux, dont Frank Gehry, l'Anglo-irakienne Zaha Hadid ou l'Italien Massimiliano Fuksas, s'y sont collés. Dans l'immense bâtiment de l'ancienne corderie de l'Arsenal, se déroule un long défilé de projets des plus originaux, quelquefois plus proches du design que de l'architecture.

Zaha Hadid propose "Lotus", une structure qui est "à la fois un meuble et une maison". On peut s'y asseoir, ranger ses affaires, se protéger sous une volute en forme de toit.

Les Croates Penezic et Rogina ont décidé de "libérer la plomberie". Leurs espaces cuisine ou salle de bains ne sont séparés que par la tuyauterie désormais apparente, alors que les murs du séjour sont en fibre optique.

Les Néerlandais de UN Studio ont bâti une magnifique structure, toute en courbes et faite de multiples recoins, pour que l'habitant s'y "enroule dedans", comme on se love dans un châle en cachemire.

Le Suisse Philippe Rahm superpose un plafond et un plancher qui bougent en fonction de la température de l'air. Les Japonais de l'Atelier Bow Wow ont réuni dans une sorte de petit train ouvert, comme ceux des stations balnéaires, un salon, un bureau, une cuisine et même un jardin parce "qu'on occupe de plus en plus des espaces anonymes". Alors autant qu'ils bougent, disent-ils.

A l'extérieur, le Russe Totan Kuzemdaev expose sa yourte des steppes, en matériaux traditionnels, mais avec garage. La voiture est d'ailleurs déjà dedans.

Les pavillons nationaux répondent plus ou moins à cet appel à "questionner la réalité". Les Etats-Unis mettent en avant le paysage urbain, la France le lien avec l'espace public, l'Allemagne et le Danemark l'écologie.

Le Mexique repense un quartier de Mexico. Le Japon dessine un délicat jardin de fleurs en serres de plexiglas et la Belgique prend le contre-pied du thème général avec un superbe pavillon qui n'est qu'architecture : murs blancs, simples ouvertures, proportions calculées.

Comme à l'accoutumé, la Biennale se double de dizaines d'événements se déroulant en son sein ou dans la ville, conférences, ateliers, signatures de livres, table-rondes ou expositions artistiques.

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