Dernière modification : 03/10/2008 

- Cambodge - Preah Vihear - Thaïlande


Échanges de tirs à la frontière près d'un temple disputé
Échanges de tirs à la frontière près d'un temple disputé
Des soldats cambodgiens et thaïlandais ont échangé des tirs à leur frontière commune, dans une zone disputée près du temple de Preah Vihear. L'incident a fait au moins trois blessés.

"Un incident militaire de quelques minutes." C’est par cette déclaration, pour le moins laconique, que le ministre cambodgien de l’Information Khieu Kanharith a qualifié les échanges de tirs entre les forces thaïlandaises et cambodgiennes, vendredi en milieu d’après midi, sur leur frontière commune.

 

A quelque trois kilomètres du temple hindouiste de Preah Vihear, une patrouille thaïlandaise aurait tiré aux lance-grenades en direction des forces cambodgiennes, qui ont riposté. Plusieurs militaires aurait été blessés dans cet accrochage qui constitue le premier affrontement direct entre les deux pays, dont les relations sont au plus mal depuis juillet dernier.

 

L’objet du litige : l’ancien temple de Preah Vihear. Situé à 400 kilomètres au nord de la capitale cambodgienne, à la frontière thaïlandaise, le site fait l’objet, depuis plus de 40 ans, d’un différend frontalier entre Bangkok et Phnom Penh. Il y a plus deux mois, la tension est montée d’un cran. Le 7 juillet, le temple a officiellement été inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco... à la demande du Cambodge. Une provocation aux yeux des autorités thaïlandais qui ont aussitôt dénoncé une violation de leur territoire.

 

Des centaines de troupes ont alors pris position sur la zone. Le 17 juillet, les soldats se sont brièvement mis en joue laissant craindre une escalade de violence entre les deux pays.

 

Si le calme semblait être revenu sur le site, les nationalistes thaïlandais de la coalition anti-gouvernementale, qui a paralysé la vie politique pendant de nombreuses semaines, n’ont pas manqué de récupérer l’affaire. Le nouveau Premier ministre thaïlandais, Somchai Wongsawat, a d’ailleurs fait du règlement de cette question l’une ses priorités.

 

Et il y a moins d’une semaine, le 29 septembre, le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait lui-même demandé, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, que Bangkok et Phnom Penh privilégie le dialogue. En vain.

 

D’aucuns craignent aujourd’hui que l’opposition thaïlandaise n’utilise ce nouvel incident pour raviver la crise politique qui secoue le pays.

 

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