La bourde de Mariano Rajoy, le leader du Parti populaire (conservateur), pourrait figurer au top du bêtisier politique de l'année en Espagne. Depuis samedi, la bévue fait le tour des sites d'information du pays et suscite les moqueries de nombreux commentateurs
Ce samedi matin, Rajoy, assis à la table présidentielle du Congrès interparlementaire du PP, discute en toute intimité - tout du moins le croit-il - avec son ami Javier Arenas (président du parti en Andalousie) de son programme du week-end : "Demain, c'est chiant, j'ai le défilé… Tu vois comme ça va être passionnant !" Le défilé en question c’est celui des Forces armées qui doit parader sur le Paseo de la Castellana, à Madrid, pour la Fête nationale espagnole.
La conversation aurait pu en rester là. Seulement voilà, Mariano Rajoy a tout bonnement oublié de débrancher son micro… directement relié à un canal enregistré par tous les médias audiovisuels présents.
La petite confidence de Mariano Rajoy fait d’autant plus de bruits qu’au début de la campagne des législatives, il y a tout juste un an, le leader de l’opposition avait exhorté tous ses concitoyens à participer à la Fête nationale et à accrocher le drapeau espagnol à leurs fenêtres.
"Respect total envers les Forces armées"
Dans un communiqué diffusé cet après-midi, le président du PP explique qu'il s'agissait d'une "conversation privée" et rappelle son "respect total, [son] affection et [son] soutien aux Forces armées, ainsi qu'à la célébration de la Fête nationale".
Pour sa part, le Parti socialiste, au pouvoir, réclame des excuses officielles. Son porte-parole pour les questions de Défense, Jesus Cuadrado, a affirmé que la petite phrase prouve "ce que pense réellement" Mariano Rajoy et témoigne de son "peu de respect" pour les Forces armées.
Le chef de file de l’opposition, qui a déjà essuyé deux défaites face à l’actuel chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, se serait bien passé d’une telle bourde. Depuis la seconde défaite du PP en mars dernier aux élections législatives, la droite espagnole traverse, en effet, une période de trouble et peine à mettre fin aux querelles internes qui la divisent.
















